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Revue de presse: Last Chance to Come to Our Senses (The Gazette)

Le quotidien montréalais anglophone The Gazette, dans son édition du 4 avril 2009, publiait en première page un article intitulé: “Last Chance to Come to Our Senses – Climate Clock is Ticking”, par William Marsden. L’article, qui se présente comme un article scientifique, n’est en fait nul autre qu’un article d’opinion et de désinformation. Toutes les recettes de manipulation d’information s’y trouvent : des images-chocs sans lien avec les propos (mais combien suggestives!), des chiffres alarmistes qui ne veulent rien dire, des affirmations basées sur les opinions d’un seul scientifique (plus alarmiste que la moyenne), et omission volontaire de données cruciales.

S’il n’est pas rare de voir des articles alarmistes dans le sens de la pensée unique, celui-ci est manifestement parmi les plus odieux.


À la Une du Journal, l’article débute par la phrase suivante, en gros caractères:

Some scientists say we’ve already crossed the threshold into unstoppable, jarring climate change. Others think we are just on its edge. All agree we can’t wait any longer for the world to agree to drastically cut emissions.

Ouf! Dès le départ, le journaliste affirme que TOUS les scientifiques sont d’accord pour dire qu’il faut dès aujourd’hui réduire radicalement nos émissions de CO2. Ce dernier aurait avantage à s’informer davantage pour être crédible…

Que dire des 31 000+ scientifiques américains qui ont signé le Petition Project (déclarant que le réchauffement est sans fondement)? Des 4000+ scientifiques qui ont répondu à l’appel de Heidelberg? Des 700 experts internationaux qui s’annoncent officiellement dans le camp des sceptiques, dont plusieurs membres et ex-membres du GIEC et de la NASA? Ou encore des 100 scientifiques éminents qui ont récemment écrit cette lettre au président Obama, en réponse à ses propos? Cela sans compter la littérature exhaustive sur le sujet…Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’y a absolument pas de consensus.

Photos suggestives:

L’article comprend plusieurs photos, dont une montrant les pattes d’un kangourou mort, afin de mettre l’emphase sur les sécheresses dues au réchauffement. Toutefois, rien n’indique que le pauvre animal ne soit pas simplement mort de la chasse, de l’attaque d’un prédateur, ou de toute autre cause naturelle incluant la vieillesse. Même si les sécheresses figurent parmi les causes de mortalité, rien n’indique non plus que le réchauffement (naturel ou via les émissions de l’homme) y soit en lien. Il y a toujours eu des sécheresses dans cet endroit du globe, et malgré les propos des médias, celles-ci ne semblent pas en lien avec la température moyenne du globe (Sources: ici et ici). Cette suggestion relève de la propagande.

Postulat de départ:
In the summer of 2007, a large portion of Arctic Sea ice – about 40 per cent – simply vanished. That wasn’t supposed to happen. At least not yet. As recent as 2004, scientists had predicted it would take another 50 to 100 years for that much ice to melt. Yet here it was happening today.

Cette affirmation (perte de 40% de la mer de glace en Arctique à l’été 2007) mérite quelques précisions importantes. Depuis 1950, nous observons une diminution progressive de la couverture totale de glace en Arctique, vraisemblablement en lien avec le réchauffement. En 2007, la superficie atteignait son minimum, soit environ 60% du maximum observé au début des années 60. Même si nous ne pouvons comparer avec une période plus ancienne, il est plausible que la superficie actuelle soit pourtant similaire à celle des années 30, si l’on compare avec les données du Groenland et les relevés de température des océans…

L’auteur a volontairement omis de mentionner que malgré le record de l’été 2007 en terme de fonte de glace, l’hiver qui a suivi a marqué pour sa part un record de formation de glace, au point non seulement de rattraper toute la glace perdue en 2007, mais de revenir au niveau de 2003-2004. Voyez ici l’étendue de glace observée en Arctique depuis 1979, via les mesures satellitaires. Notez au passage que le couvert de glace a déjà été bien inférieur à ce que nous observons aujourd’hui, voire pratiquement nul pendant la période chaude de l’Holocène. La glace s’est reformée depuis, dont un grand excédant pendant la miniglaciation du 17e au 19e siècle, de laquelle on se remet peu à peu. Retour à la normale?

Concentrations de CO2:

L’auteur indique que les taux de CO2 ont été stables à 270 ppm depuis plus de 100 000 ans, soit le taux mesuré avant l’industrialisation (nous sommes aujourd’hui autour de 370 ppm). Or, le CO2 n’a JAMAIS été en concentration stable, tout comme la température, avec un décalage moyen de 800 ans entre le changement de température et la réponse du CO2 (donc le CO2 est une conséquence du réchauffement et non une cause). Sinon, comment expliquer alors les périodes chaudes et froides que nous avons connu, incluant la dernière glaciation, la période chaude de l’Holocène, l’optimum médiéval il y a 750 ans (plus chaud qu’aujourd’hui) ou encore la miniglaciation du 17e au 19e siècle? Cela reviendrait à dire qu’autre chose que le CO2 influençait le climat… Oups!

Scientists say that because of a delayed reaction, we have yet to experienced the full effect of what we already have put into the atmosphere. That effect will unravel in the decades to come.

À cause du délai dans la réaction, nous connaîtrons les effets de l’augmentation dans les prochaines décennies, nous dit l’auteur. Il s’agit plutôt d’une porte de sortie pour pallier à l’absence d’augmentation de température depuis une dizaine d’années, malgré l’augmentation constante de CO2.


La suite:

Quelques extraits additionnels qui méritent une critique:

The data these scientists have produced has given the IPCC absolute certainty that the climate is warming and it is caused by mankind’s use of fossil fuels.

Faux. Non seulement plusieurs recherches utilisées par le GIEC (IPCC) ne concluent pas en ce sens, mais le vice-président (Yury Izrael), affirmait en 2005 qu’il n’existait toujours aucun lien prouvé entre le réchauffement et l’activité humaine (et ce n’est pas parce qu’ils ne cherchent pas!). Dans ses rapports, le GIEC affirme être certain à 90% (donc loin d’une certitude absolue) que l’activité humaine est responsable du réchauffement.

If we don’t do anything now, we’re going to push the world past what is known as a 2-degree-Celsius threshold, which means that we are committing it to 12 metres of sea level rise, the desertification of southern Europe and many, many other things. So, frankly, now is the time.

Cette citation laisse perplexe. D’abord, nous avons connu par le passé plusieurs périodes bien plus chaudes que les soi-disant deux degrés critiques dont il est question, puis nous sommes revenus aux températures que nous connaissons. Cette augmentation n’est donc pas signe d’irréversibilité. Ensuite, pour obtenir une élévation de 12 mètres, il faudrait que le Groenland et une grande partie de l’Antarctique fondent. Or, ni l’un ni l’autre ne voient leur masse diminuer, au contraire. Seules les marges océaniques fondent, alors que les parties continentales accumulent de la glace. D’ailleurs, un réchauffement produirait plus d’humidité par évaporation, laquelle retomberait sous forme de neige à ces endroits (comme c’est déjà le cas).

As representatives of the world’s nations meet in Bonn, they are basing their negotiations primarily on the conclusions of the IPCC and its thousands of contributing scientists. Negotiators, however, will have to contend with the fact that many of the dire predictions of the latest IPCC report, which was delivered in 2007 are likely outdated and perhaps too optimistic. As more data is gathered and scientists sharpen their techniques, they realize that climate changes are suddenly happening faster than predicted.

Contrairement à ce qu’avance M. Marsden, il n’y a pas de milliers de scientifiques qui contribuent aux rapports du GIEC. La très grande majorité des soi-disant 2500 experts qui composent le GIEC sont en fait surtout des fonctionnaires, économistes, biologistes et autres. Le nombre de véritables experts qui contribuent à la partie portant sur les causes du réchauffement se limite à moins de 250. Les rapports (résumés pour décideurs et médias) sont rédigés par des fonctionnaires, et les dernières étapes du processus de révision n’incluent pas les scientifiques collaborateurs (voyez par vous-même ici). Plusieurs ont d’ailleurs ouvertement critiqué le GIEC pour avoir omis certains doutes et conclure à des hypothèses qui n’étaient pas supportées par leurs travaux.

S’il est vrai que les données ont changé depuis la publication du dernier rapport, elles ne vont toutefois pas en faveur des conclusions du GIEC. En voici quelques-unes passées sous silence par la majorité des médias:

  • Les 10 dernières années n’affichent pas de réchauffement
  • Le nombre de calamités (ouragans, sécheresses, inondations…) n’a pas augmenté
  • La NASA a confirmé le basculement de la PDO en 2007, qui causera probablement un refroidissement pour les prochains 20 ans
  • Les océans en général n’affichent plus de réchauffement depuis 2003, et leur niveau n’a pas monté depuis 2006
  • Des scientifiques ont réussi à produire des nuages en laboratoire en variant un flux de particules cosmiques (projet CLOUD), démontrant le rôle des rayons cosmiques sur la couverture nuageuse (donc, prouvent scientifiquement le lien avec l’activité solaire)
  • Le Soleil tarde toujours à entrer dans son prochain cycle, laissant présager un refroidissement par une couverture nuageuse accrue pour quelques années encore, comme ce fut le cas pour la dernière miniglaciation
  • Le rythme de fonte des glaciers du Groenland (en bordure océanique) diminue
  • L’eau profonde en bordure de l’Antarctique s’est refroidie considérablement en 2008
Le GIEC (IPCC) et le prix Nobel:

M. Marsden déplore le fait que le gouvernement canadien n’a pas invité les scientifiques du GIEC (IPCC en anglais) pour célébrer leur prix Nobel, ou encore les inviter à témoigner. Allons donc!

Ensuite, les rapports publiés par le GIEC constituent déjà la principale source d’information des gouvernements. Il est surtout déplorable que nos gouvernements ne donnent pas la chance aux scientifiques en désaccord avec ces affirmations de s’exprimer, de démontrer comment les facteurs naturels influencent notre climat et d’expliquer pourquoi la théorie d’effet de serre ne tient pas la route (et que les mesures pour réduire le CO2 n’apporteront rien), afin de mettre les choses en perspective et de prendre des décisions en connaissance de cause.

Conclusion:

Les scientifiques, les écologistes, le GIEC et Al Gore, pour ne nommer que ceux-ci, tentent chaque jour d’attirer l’attention des médias pour exprimer leurs théories sur le réchauffement observé. Certaines blâment les émissions humaines, alors que d’autres soutiennent des cycles naturels, modulés par des facteurs tels que le Soleil et les océans.

Il n’existe aucun consensus dans la communauté scientifique à ce propos, et il est de la responsabilité des journalistes d’exposer ce débat, et non de le cacher et d’imposer leur vision personnelle. Malheureusement, il apparait que bon nombre de médias, dont la Gazette semble plus intéressée par les ventes que l’objectivité.

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