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Revue de presse: Québec-Science (décembre-janvier 2009)

La revue scientifique Québec-Science publiait, dans son numéro de décembre 2008 – janvier 2009, un article sur l’impact des changements climatiques sur le littoral québécois, par un groupe de scientifiques québécois (Ouranos). Extraits et commentaires…

En 100 ans, la température a augmenté de 0.9 °C et ce n’est rien en comparaison de ce qui nous attend. D’ici 2050, le mercure pourrait faire un bond de 2,5 degrés Celcius au thermomètre gaspésien, selon les scientifiques d’Ouranos, un consortium multidisciplinaire de chercheurs québécois.

On peut dire qu’ils sont alarmistes, les scientifiques d’Ouranos! Selon le GIEC, l’augmentation de température du dernier siècle aurait plutôt été d’environ 0.7 degré, et l’augmentation de 2.5 degrés serait prévue pour l’an 2100, non 2050! La Gaspésie serait-elle en avance?

Déjà, les eaux du golfe Saint-Laurent gèlent de plus en plus tardivement dans la saison et fondent de plus en plus tôt. [...] Selon l’Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER), la période de gel des eaux s’étendait sur 80 jours, en 1960. Elle ne dure plus que 55 jours. D’ici la fin du siècle, les glaces pourraient avoir totalement disparu du golfe.

Bien entendu, on a choisi de comparer avec 1960, pendant la période froide du dernier siècle. Tellement que les scientifiques et écologistes appréhendaient, au début des années 1970, une nouvelle glaciation pour le tournant du siècle. Le temps, et surtout l’oscillation multidécadale océanique à la fin des années 70, leur a finalement donné tort. N’ayez craintes pour la disparition des glaces du Golfe, car nous venons de connaître un autre basculement. Les océans amorcent un refroidissement depuis 4-5 ans et les glaces se sont même formées deux semaines plutôt dans l’Arctique en 2008.

«Il faudra dorénavant considérer ces données dans les stratégies d’aménagement du territoire, dit Jean-Pierre Savard. On ne pourra plus construire trop près de la mer.»

Le problème n’est pas tant le fait que le phénomène d’érosion, qui existe depuis des milliards d’années, continue son travail (doit-on s’en étonner?), mais que des infrastructures humaines sont de nos jours présentes dans les zones côtières à risque.

[...] La température de l’eau augmente, le niveau de la mer monte et – phénomène que l’on rencontre dans le sud du Québec maritime – le continent s’enfonce. Les chercheurs d’Ouranos ont calculé que, le long des côtes, l’eau est plus haute de 32 cm qu’il y a 100 ans. Près de la moitié de cette hausse est attribuable à un «ajustement isostatique postglaciaire », écrit-on dans le rapport d’Ouranos. Allégée du poids des glaciers, la plaque continentale a remonté au nord; et par un effet de bascule, elle s’est enfoncée de 15 cm au sud.

Le dernier rapport du GIEC (2007) fait état d’une augmentation du niveau des océans prévue de 42 cm dans 100 ans. Pas de quoi s’inquiéter outre mesure, puisque qu’il s’agit d’une augmentation à peine plus grande qu’au dernier siècle (32 cm), et presque conforme à l’augmentation naturelle que l’on connait depuis la dernière miniglaciation (18e siècle), de laquelle nous serions encore en train de nous remettre.

Quant à l’augmentation de température de l’eau, les scientifiques d’Ouranos feraient mieux de mettre à jour leurs données, car elle a cessée depuis 2003 (à moins que le fleuve St-Laurent y fasse exception?), et le niveau des océans n’a pas monté depuis 2006.

Bravo pour l’aveu concernant le continent qui s’enfonce, car le phénomène fausse souvent les mesures du niveau des océans (la croûte terrestre est en mouvement perpétuel – pas seulement via le poids en moins des glaciers). Étrangement, pratiquement aucun correctif à ce sujet n’est apporté aux mesures du GIEC, chose pourtant possible avec les systèmes GPS actuels. Une équipe franco-espagnole (Woppelmann, G., B. Martin Miguez, M.-N. Bouin, and Z. Altamimi. 2007) s’est d’ailleurs récemment prêtée à l’exercice avec les données satellitaires et a obtenu 27% moins d’augmentation (soit pas mal la même chose qu’avant l’ère industrielle).

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