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Ours en péril?

polarbear

Depuis plusieurs années, des groupes écologistes crient haut et fort que les populations d’ours polaires sont menacées par le réchauffement climatique, demandant même de mettre ces derniers sur la liste des espèces menacées.

Qu’en est-il exactement de l’avenir du seigneur de l’arctique?

Notons d’abord que si l’on a choisi l’ours blanc comme emblème animal du réchauffement, ce n’est pas pour sa vulnérabilité, mais d’abord pour son apparence. Qui n’éprouve pas d’affection envers ce gros toutou blanc? Dans les régions polaires, les espèces les plus vulnérables aux changements climatiques seraient en fait les algues de glace, du moins selon une conférence de presse tenue par GreenPeace en 1997. Or, pour passer le message, il est préférable d’utiliser un animal connu et sympathique aux yeux du grand public: Ursus maritimus. GreenPeace ajoute donc, dans la même lancée, que les ours polaires pourraient également être affectés.

Normalement, pour passer des algues aux ours, les biologistes parlent d’impact sur la chaîne alimentaire. Qu’à ce la ne tienne, GreenPeace enchaîne plutôt avec: «une fonte printanière devancée entraînerait une exposition trop hâtive au climat arctique» [1]. Quel est le lien avec les algues? Aucun. Peu importe, la fonte des glaces est plus alarmiste et les gens n’y verront que du feu!

Bien qu’il habite la terre ferme, l’ours est un habile nageur qui parcourt aisément 100 km en continu dans l’eau. Les poils de sa fourrure retiennent des bulles d’air, permettant à l’animal de flotter dans l’eau sans effort. Les médias laissent pourtant entendre que de nombreux ours pourraient périr noyés si le réchauffement climatique rend les distances trop grandes entre les glaces. Ces propos, également utilisés dans le film d’Al Gore, reposent essentiellement sur une étude de Monnet & Gleason (2005), faisant mention de quatre ours polaires morts lors d’un orage extrêmement violent et accompagné de grosses vagues, dans la mer de Beauport. Notez au passage que la quantité de glace dans la mer de Beauport a augmenté au cours des 30 dernières années, ce qui contredit le message.

La mer de Glace est en mouvement perpétuel. Elle prend de l’expansion, se rétracte et se déplace au gré des saisons. L’ours suit donc celle-ci… Il est même capable de longues migrations, notamment plusieurs centaines de kilomètres jusqu’à Churchill au Manitoba, en quête de nourriture (déchets). L’animal est omnivore, opportuniste et capable de s’adapter aisément à toute sorte de nourriture et de climat (notez que la différence de température entre le cercle polaire et Churchill, parcourue en quelques jours, est bien plus grande que celle prévue par le réchauffement, étalé sur plusieurs décennies). Une telle diète inclut malheureusement au passage plusieurs produits toxiques, sans compter les longs jeûnes ou encore le fusil qui attend l’ours trop audacieux. Pourtant, on ne parle que du réchauffement climatique comme source de problème, alors que cette cause apparaît comme la moins importante de toutes. On fait une fois de plus porter le chapeau au réchauffement, bouc émissaire de tous les maux.

Ce n’est pas en réduisant nos GES que nous sauverons des ours, mais en contrôlant la chasse, comme on fait depuis 1965, faisant passer le nombre d’ursidés de 5 000 à 25 000. Une croissance multipliée par cinq pendant une période de réchauffement n’a rien d’inquiétant pour la survie de l’espèce.

Entre les mois de mars et juin, l’ours polaire chasse le phoque sur la banquise, période pendant laquelle il emmagasine beaucoup de graisses pour les temps durs à venir. Plusieurs disciples du réchauffement climatique anthropique clament haut et forts, tels GreenPeace et Marc C. Serreze du GIEC [2], que l’augmentation de température entraînera une période de fonte allongée, réduisant ainsi la période de chasse aux phoques (ce qui compromettrait les chances de survie des ours).

Or, que disent les chiffres? Simplement que la période de fonte est demeurée la même depuis 1979, malgré une augmentation globale de 0.4 degré, tel que le démontre ce graphique (on remarque d’ailleurs la même chose pour l’Antarctique).

arcticsea

Et même si la période de dégel devenait plus longue, l’ours pourrait se nourrir pendant plus longtemps, et n’aurait pas besoin d’autant de réserves pour se rendre au prochain printemps (nourriture accessible plus tôt). N’oubliez pas que l’espèce existe depuis plus de 200 000 ans, et a passé à travers des périodes froides et chaudes, dont une avec absence totale de glace il y a 7000 ans. Son régime omnivore et sa grande capacité d’adaptation, incluant ses longues migrations, en font une espèce presque à toute épreuve, du moins en regard aux conditions climatiques.

bearspopulations

Contrairement à ce que laissent entendre les médias, toutes les populations d’ours polaires ne sont pas en déclin. Des quelque 22 000 bêtes estimées par le World Wildlife Fund (WWF) en 2002, seuls 17% des populations seraient à la baisse, alors que 14% seraient en augmentation, le reste étant stable ou inconnu.

Cela signifie que dans l’ensemble, il y a peu de tendances nettes.

Pour appuyer ses propos, le WWF publiait en 2002 un article, «Polar bears in Peril», incluant une carte de l’Arctique qui montre la tendance des 20 grandes populations d’ours, reproduite ici. Les zones bleues indiquent un déclin, les rouges une augmentation, les vertes un statuquo et les jaunes, là où l’information n’est pas disponible). Seules les populations de l’ouest du Groenland et du nord du Labrador connaissent un déclin.

Le lecteur critique se demandera si l’on peut faire un lien ente ces tendances et le climat, puisque l’Arctique connait à la fois des zones de réchauffement et d’autres de refroidissement?

Eh bien oui. Or, peu de chance pour les écologistes…

temperaturetrends

Tel qu’illustré dans cette seconde carte (tendances climatiques de l’Arctique), on remarque que les zones de refroidissement (en bleu) et de réchauffement (en rouge) sont similaires aux zones de déclin et d’augmentation respectivement.

Ainsi, les populations d’ours polaires se portent mieux dans les régions qui subissent un réchauffement que celles qui refroidissent. Bien entendu, on se garde bien de divulguer de telles observations, car le sympathique toutou blanc est une pièce importante de l’arsenal des écologistes.




  1. Patrick J.Michaels, The Predictable Distortion of GLOBAL WARMING by Scientists, Politicians, and the Media, Cato Institute, 2004, p.94.
  2. http://climatesci.org/2008/12/04/are-there-long-term-trends-in-the-start-of-freeze-up-and-melt-of-arctic-sea-ice

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8 Réponses à “Ours en péril?”

  1. A propos du déclin de la population des Ours polaires de l’ouest du Groenland (WWF ci-dessus) :
    En Aout 2007, me promenant dans un village de l’ouest du Groenland (U) largement habité et bien connu de très nombreux visiteurs, en bavardant avec un responsable d’un centre publique local , j’apprends, avec stupéfaction, qu’il est autorisé-parfaitement légalement- la chasse et l’abattage de plusieurs dizaines d’ours polaires (quota annuel ! )par les habitants de villages de l’ouest du Groenland. Pas étonnant en conséquence que la population d’ours y soit en déclin le long de cette côte !! De cet abattage légal : jamais un mot ou une réaction des associations dites “sensibilisées” à l’eco-environnement !
    Dans le même temps: certains- ou les mêmes- bien connus utlisent ces mêmes ours pour faire passer auprès de nous, un tout autre autre message émotionnel ( et de recueil de fonds) pour leur protection et conservation.!
    La désinformation ne semble pas avoir de limites !!

  2. Il est essentiel que des affirmations aussi sulfureuses que celles exposées ici ne risquent pas de polluer les débats de Copenhague en décembre.

    Les organisateurs des réunions préparatoires ont exclu le Docteur Mitchell Taylor de la conférence.

    Le Docteur Taylor est pourtant l’un des grands spécialistes mondiaux des ours polaires. Biologiste, Il a étudié les ours polaires pendant 30 ans, d’abord comme Universitaire, puis au Département de l’Environnement du Nunavut (le plus grand des territoires du nord Canada). Il est l’auteur d’une cinquantaine de publications sur les ours.

    Pourquoi donc ?… c’est tout simple, le Docteur Taylor ne croit pas que les ours soient en danger, el le dit.

    Plus de détails sur http://www.lepost.fr/article/2009/07/05/1607319_un-consensus-un-peu-aide_1_0_1.html

  3. Le graphique sur l’étonnante stabilité de la période de fonte est éloquent. Merci à Yves !

    J’avais, il y a quelques mois, écrit un post, illustré par la fables des ours qui se noient, sur le fait que, dans le genre de sornettes popularisées par Al Gore, on parle seulement aux émotions du public, jamais à leur intelligence. Et ça, c’est gravissime pour l’avenir.

    Si vous voulez lire ce post, vous le trouverez en :
    http://www.lepost.fr/article/2009/03/24/1468970_arctique-des-faits-s-il-vous-plait.html

  4. “N’oubliez pas que l’espèce existe depuis plus de 20 000 ans” ce n’est pas plutot 200 000 ans?

  5. Vous avez tout à fait raison. Merci pour avoir remarqué la coquille. C’est corrigé!

  6. Pour quelques données additionnelles, voyez:
    http://philippulus.daily-bourse.fr/index.php/post/Ours-polaires

  7. [...] tout de même, viser une diminution de deux degrés à l’échelle planétaire, ce sont les ours polaires qui ne vont pas être contents [...]

  8. Lorsqu’on acceptera que les informations données par des années de recherche scientifique sont complexes, et en constante évolution;

    lorsque les médias arrêteront de demander aux scientifiques de simplifier à l’extrême leurs résultats pour les rendre sensationnels, sous peine de les décrédibiliser ou de les passer sous silence;

    lorsque les fonds dédiés à la recherche cesseront d’être privatisés et soumis à des pressions économiques incontrôlables;

    alors on pourra prendre connaissance des sources d’informations, les évaluer sur la base de leur qualité intrinsèque, et se faire une opinion.

    Pour l’instant on ne peut que se méfier de tous, en imaginant quand même que les plus crédibles sont ceux dont les thèses favorisent le moins certains intérêts financiers.

    D’un côté, on a ce chercheur, lié aux intérêts pétroliers du Grand Nord, qui nous dit que les ours ne sont pas en danger car leur population a augmenté ces 30 dernières années.

    De l’autre, on a aussi cet autre chercheur, Louis Fortier, spécialiste des écosystèmes marins, qui nous dit que c’est une vision à court terme et que si c’est vrai que la population augmente, à long terme tout montre qu’elle va être menacée. (Réf: Moreault, Éric. En danger, la population d’ours polaires augmente pourtant. Journal Le Soleil (Québec), 7 mars 2007, p.2)

    Je n’ai aucune possibilité de décider clairement quelles données sont les plus fiables au niveau méthodologique et scientifique.

    Mais mon bon sens me dit que je n’ai jamais vu d’intérêts économiques et de multinationales s’opposer à la disparition de la bio-diversité. En général, ces combats plutôt menés par des petites associations à but non lucratif, face à des lobbys économiques monstrueux.

    La crise climatique est dûe à de nombreux facteurs: pollution, exploitation abusive des ressources, destruction des éco-systèmes, produits chimiques, gaspillage, système capitaliste..

    Le CO2 n’est qu’une partie du problème. Focaliser sur celui-ci évite aux écolo-néo-libéraux de Copenhague de prendre leurs responsaiblités sur les autres points, et leur permet de faire redémarrer un système pourri en investissant dans de nouvelles énergies soi-disant “vertes” mais pas durables ni sociales pour un sou.

    Mais se focaliser sur un “complot des écolo”, pour ne pas avoir à remettre en cause un modèle de consommation qui nous permet de vivre confortablement sur le dos de milliards d’êtres humains sans se poser de questions et sans devoir prendre la peine de remettre en cause le système, je ne pense pas que c’est mieux.

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