Afin de sensibiliser les gens à l’impact du réchauffement, on organise régulièrement des expéditions nautiques en Arctique. Certaines, comme celle du Green Open Race (GOR), ont également un second objectif, soit la démonstration qu’il est possible de naviguer sans pétrole. Si l’idée est louable, les résultats sont souvent catastrophiques.
Le capitaine du voilier Yacht Fiona, en août dernier, l’a à son tour appris à ses dépens. Ce n’est pas parce que les médias nous laissent entendre que la calotte glaciaire disparait qu’il en est nécessairement ainsi. Il vaudrait mieux se fier aux observations réelles (ici, ici, ou ici) avant de s’engager tête basse en Arctique à bord d’un voilier. Le capitaine du Fiona s’est vu contraint d’envoyer un signal de détresse après s’être retrouvé pris dans les glaces!
C’est finalement un brise-glace de la garde côtière canadienne qui est venu à la rescousse. Bref, beaucoup de pétrole utilisé pour sauver une expédition ayant pour but de montrer qu’on peut se passer d’énergie fossile… sans compter le fait d’être prisonnier des glaces alors qu’on veut démontrer que le passage est libre!
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La mésaventure du Fiona n’est pas sans rappeler celle d’«Expéditions Neutres en Carbone», qui en mai dernier s’est également trouvé prisonnier des glaces, cette fois en route vers le Groenland. Le groupe voulait démontrer que l’on pouvait voyager sans dépenser de carbone et augmenter la prise de conscience du réchauffement climatique. Après des conditions météo difficiles (note: ce n’est pas parce que les médias nous parlent de fonte de l’Arctique que la météo y est clémente), ils ont dû demander assistance…
Ironie du sort, c’est l’énorme pétrolier Overseas Yellowstone qui alla les secourir. Faire détourner un super tanker de 200 000 tonnes de sa route vers les États-Unis, sans compter le retour à la maison en avion, voilà une belle démonstration de voyage carboneutre!
Plus de détails ici.
Toujours dans la même veine:
- Lewis Puch, activiste écologique, a tenté d’atteindre le pôle Nord en kayak en septembre 2008, se fiant aux médias qui lui disaient que l’océan arctique était en train de fondre. Le kayakiste voulait ontrer que l’arctique fondait plus vite que les prédictions des modèles. Il a du rebrousser chemin à 10% du trajet, soit à la latitude N 80,52397 degrés, de crainte que le bateau de pêche norvégien qui l’accompagne reste pris, car les glaces devenaient trop menacantes. Et dire qu’en 1922, un bateau s’est rendu jusqu’au N 81°29′. (source)
- Ann Bancroft et Liv Arnesen, en début Mars 2007, ont tenté de rejoindre le pôle Nord en ski. Or, peu de temps après leur départ, il ont dû abandoner à cause du froid extrême et des orteils gelés. Ils ne s’attendaient pas à des températures ausi froides! (source)
- En octobre 2008, une équipe de télévision de la chaîne américaine MSNBC a subit le même sort, lors d’une autre mission destinée à démontrer que l’arctique fond à une vitesse accélérée, à bord cette fois d’un brise-glaces avec un hélicoptère à son bord. Après être resté pris dans la glace pendant 3 semaines et avoir essuyé 5 tentatives de sortie infructueuses, ils ont finalement dû rebrousser chemin. Pourtant, le passage Nord-Ouest (ou plutôt les passages car il y en a plusieurs, dont celui emprunté par Amundsen en 1906 en voilier!) sont généralement accessibles pour une telle embarcation. Comme quoi l’océan arctique est encore loin d’offrir une navigation libre de glace… (source)
A la liste d’Yves Pelletier, on pourrait ajouter la pantalonnade de l’expédition Catlin, qui a tenté cet hiver de rejoindre le pôle à pied, soit disant pour vérifier l’épaisseur de la glace …
Voir
http://www.lepost.fr/article/2009/05/13/1534416_catlin-manque-de-pole_1_0_1.html
et
http://www.lepost.fr/article/2009/05/18/1540151_qui-sont-les-menteurs-ou-sont-les-tricheurs_1_0_1.html