Dans son premier rapport, en 1995, le GIEC présentait une courbe (ci-contre) des températures pour les derniers 1000 ans. On y remarque la période chaude du 12e au 16e siècle (optimum médiéval), suivi d’une miniglaciation au 17e et 18e siècle. Largement admise par la communauté scientifique, celle-ci montre bien que le climat de la Terre, se relevant d’une période froide, est aujourd’hui entre les deux.
Toutefois, le graphique n’est pas assez alarmiste aux yeux du GIEC…
En effet, il indique que la température actuelle n’a rien d’exceptionnel, et que l’on a encore beaucoup de chemin à faire avant d’atteindre les températures de l’optimum médiéval. Comble de malheur, la période la plus chaude remonte à bien avant l’activité humaine (Singer et Avery ont d’ailleurs trouvé un cycle naturel de 1500 ans qui explique cette fluctuation [1]).
C’est pendant la préparation du second rapport qu’arrive un sauveur pour le GIEC et autres fervents défenseurs de la théorie d’effet de serre: Michael Mann.
Ce dernier arrive avec une nouvelle représentation des températures du dernier millénaire, la fameuse courbe en «crosse de hockey» (ci-contre). Effaçant tout bonnement la période chaude et froide, la courbe montre peu de fluctuations, suit une pente légèrement descendante (refroidissement) jusqu’en 1900, puis affiche un revirement soudain.
Sans faire la moindre analyse de la méthodologie de Mann (après tout, il est un spécialiste, qui oserait le remettre en question? Certainement pas ses acolytes et coauteurs), le GIEC saute sur l’occasion et publie le graphique dans son second rapport (2001), repris dans tous les médias du monde, par les écologistes et les Al Gore en puissance.
Des scientifiques et statisticiens, étonnés par ses résultats, ont demandé à Mann de voir ses données et sa méthodologie, question de valider ses résultats. Il fallut beaucoup d’acharnement, de querelles, mais contraint par la pression, Mann fini par fournir l’information demandée. Il fallut peu de temps pour que les plus grands statisticiens réalisent les graves erreurs de statistiques, sans compter les nombreuses allégations de manipulation de chiffres. La formule utilisée est telle que dans 99.9 % du temps, en fournissant des données aléatoires, on obtient le même graphique! (voir ici pour plus d’infos)
N’oublions pas qu’en climatologie, les données sont souvent incomplètes et demandent un grand travail de statistique pour compléter les «trous». Mann est peut-être un bon scientifique, mais selon les contre-experts de ses travaux, un bien mauvais statisticien. Ce dernier a basé ses recherches sur l’analyse des anneaux de croissance des arbres, selon le principe que les arbres vivent et croissent toujours à la température de l’air ambiant. Or, des scientifiques (source) ont démontré que cette hypothèse est fausse, rendant la dendrochronologie inadéquate pour calculer la température.
Cette courbe a malheureusement été utilisée jusqu’en 2007 (4e rapport du GIEC), en tant qu’argument principal pour nous faire avaler la pilule du réchauffement, avant de sombrer aux oubliettes, suite à la demande incessante de nombreux scientifiques. Al Gore en fait aussi la promotion dans son film «La désinformation vérité qui dérange».
Pas question toutefois de revenir à la courbe initiale, laquelle contredit les dires du GIEC (selon lesquels la température actuelle est sans précédant), donc on opte pour une nouvelle courbe qui exclut simplement les 1000 ans passés, se concentrant sur 1960 et plus. De toute façon, se disent-ils probablement (avec raison), les gens ont la mémoire courte.
Pourquoi 1960? Début de l’ère industrielle certes, mais sûrement aussi parce qu’il s’agit de la période la plus froide des derniers 50 ans. Les résultats sont ainsi plus spectaculaires et on évite de montrer la période de réchauffement jusqu’en 1945, qui fut plus importante malgré le fait que l’activité industrielle n’était pas en cause!
Mais l’aventure ne se termine pas là (d’où le titre du billet)…
En août 2009, Mann publie un nouvel article, selon lequel les ouragans de l’Atlantique n’ont jamais été aussi fréquents qu’aujourd’hui, au cours des derniers 1500 ans. Voyez ci-contre la courbe (source) qui représente les résultats de l’auteur…
Nouvelle crosse de hockey?
L’article se trouve ici (+discussion ici).
Bien entendu, les résultats font l’objet de nombreuses critiques, notamment du spécialiste mondial des ouragans de l’Atlantique, Chris Landsea (du National Hurricane Center). Ce dernier avait justement annoncé, quelques jours plus tôt, que le nombre plus élevé d’ouragans était simplement dû aux meilleurs outils d’observation et d’une plus grande couverture médiatique, et que le réchauffement d’effet de serre n’avait rien à voir! (source).
Au moins, dans son étude, Mann parle d’une période avec beaucoup d’ouragans, au début du dernier millénaire (optimum médiéval), puis d’une période creuse (miniglaciation). Cela est contradictoire avec sa courbe précédente, qui avait pour but d’anéantir ces deux périodes, en plus de semer le doute sur ce qui aurait pu causer un tel réchauffement (certes pas les émissions humaines).
Comme il n’y a jamais deux sans trois, voilà que Mann recycle sa formule mathématique pour cette fois annoncer que le réchauffement de l’Arctique est sans précédent. Nouvelle étude, même vieille crosse de hockey (ci-contre).
Évidemment, même soulèvement dans la communauté scientifique. L’auteur (Mann) n’inclut pas les données, la méthodologie, ni ses «proxies». Steve McIntyre (Climate Audit) soulève que l’étude repose sur des reconstructions de données du SST et Nino3, avec pour seule référence un article non publié… par Mann! Il semble que le système de révision par les pairs chez Nature (qui a publié l’article) fait gravement défaut, quand les conclusions vont dans le bon sens. Personne ne semble avoir demandé à voir les références de Mann…
Voyez les propos de Steve McIntyre sur le blogue de Wattsupwiththat.
En conclusion, qu’en est-il des températures en Arctique? Y a-t-il eu une augmentation soudaine, au milieu des années 90, comme le prétend Micheal Mann? Voyez par vous-même via cette animation (source), où la courbe verte représente la moyenne de 1958 à 2002, et la rouge année après année. Note, on devrait, selon Mann, avoir un pic marqué à compté du milieu des années 1990 (partie du haut). Je n’y arrive pas.

Voici aussi un autre schéma qui illustre les données des différentes stations d’observation de l’Arctique, avec chacune un graphique des températures. Voyez-vous une crosse de hockey parmi ces stations? (source)

1- S. Fred Singer and Dennis T. Avery, Unstoppable Global Warming: Every 1,500 Years, Rowman & Littlefield, 2007
Tags: désinformation, GIEC, mesures, ouragans, pôles, recherche
Voyez également l’article de pecqror sur Le Post (On a retrouvé l’optimum médiéval..):
http://www.lepost.fr/article/2009/08/31/1675722_on-a-retrouve-l-optimum-medieval.html
Bravo pour votre travail de réinformation ! Je ne pensais pas qu’ “ils” referaient de sitôt le coup de la courbe en crosse de Hockey. Ces gens n’ont aucun sens commun.
sinon, je vous signale un bon résumé de l’histoire de l’escroquerie du GIEC sur le site de l’institut Turgot:
http://blog.turgot.org/index.php?post/Belouve2
L’animation est superbe sur l’évolution des températures polaires est superbe. Elle a un tout petit défaut : telle que l’année est indiquée, elle donne l’impression d’être un numéro de jour ” day(xxxx) “. Il aurait mieux valu ” day (year : xxxx)”
Par ailleurs, puisque Monsieur Mann – qui a été reconnu comme faussaire par l’académie des sciences – est friand des “proxys”, on ne voit pas pourquoi il rejette les “proxys historiques” tels que, par exemple les multiples témoignages de la période 1920-1940, qui démontrent qu’il a fait bien plus chaud à cette époque qu’aujourd’hui …
Le plus bel exemple ici
http://www.lepost.fr/article/2009/04/28/1514164_rechauffement-polaire-catastrophique-en-1922.html
mais il y en a plein d’autres.