Le 13 septembre dernier, la période de fonte en Arctique a pris fin, pour laisser place au retour des glaces, période qui devrait culminer en mars prochain. Fini les spéculations, l’heure est maintenant au bilan: état de la superficie et performances des modèles.
L’été 2007 fut marquée par la plus petite superficie de glace observée depuis 1979, avec 4 254 531 km2 (notez que l’Arctique a déjà été bien plus petit, simplement que les mesures satellitaires commencent en 1979). Cette observation a donné suite à une panoplie de nouvelles alarmantes, comme l’ouverture du passage Nord-Ouest – une soi-disant «première historique» (pourtant, ce dernier était ouvert en 1906 quand Amundsen y est allé). On en a surtout profité pour réviser à la hausse les prédictions alarmistes (en extrapolant la perte enregistrée par rapport à l’été précédent). Les décideurs du GIEC, alors en phase de rédaction finale du 4e rapport, ont insisté pour changer les prédictions à la hausse, basée sur ce qui n’était jusqu’ici une exception. Cette perte notable a mené à de nombreuses campagnes de désinformations, selon laquelle l’Arctique serait libre de glace d’ici 20 ans. D’ailleurs, plusieurs explorateurs, se basant sur ces propos (au lieu d’observer les données), se sont lancés en Arctique pour sensibiliser la population au réchauffement, avec des conséquences désastreuses (voir bonnet d’âne).
L’hiver qui a suivi a également été marqué d’un record, beaucoup moins médiatisé:
le plus grand gain de glace depuis 1979!
En effet, contrairement à ce que pourraient laisser entendre les médias, de septembre à mars, l’Arctique ne reste pas au statu quo : il reprend grosso modo toute la glace perdue (moins une certaine perte graduelle, probablement en lien aux océans en phase de réchauffement, soit 1975 à 2007). Le gain de 2007-2008 nous a ramenés aux valeurs de 2004-2005!
En 2008, la fonte fut moins importante (453 282 km2 de glace en plus, par rapport à 2007), et le gain de l’hiver 2008-2009 toujours près de la nouvelle valeur.
Le minimum observé, le 13 septembre dernier, représente un gros gain par rapport à 2007 et 2008 (995 313 km2 par rapport au minimum de 2007). Nous sommes donc devant une seconde année consécutive avec une formation de glace plus importante que la perte en été.
Autant dire que les scénarios de fonte accélérée sont mis à rude épreuve par Dame Nature. Notons que nous avons basculé vers la phase de refroidissement des océans en 2007, ce qui signifie que cela pourrait devenir la tendance pour les prochains 20-30 ans.
En plus de semer l’embarras chez quelques prophètes réchauffistes (notamment Greenpeace), qui annonçaient une fonte de plus en plus importante pour mener à un pôle libre de glace en 2030, notons la lamentable performance des modèles climatiques, qui furent tous dans l’erreur!

En effet, aucun modèle n’avait prévu une aussi grande reprise des glaces par rapport à 2007 et 2008, tel qu’en témoigne le graphique ci-dessus (source). Attention, on ne parle pas de prédictions qui remontent à plusieurs années: ces prédictions ont été faites 3 mois auparavant, pendant la fonte!
C’est dire que les climatologues qui s’occupent des prédictions n’ont pas levé les yeux de leurs ordinateurs pour voir les gains importants qui ont suivi la fonte de 2007, ni tenu compte du basculement de direction de l’océan Arctique (décrit ici), ou encore du changement de PDO et AMO en 2007 vers une phase de refroidissement. Peut-être étaient-ils trop concentrés à regarder leurs articles alarmistes parus l’an dernier, ou à faire de nouvelles demandes de fond pour mettre à jour leurs ordis dans le but de mieux prévoir le climat?
Une fois de plus, les données scientifiques ne collent pas aux modèles (c’est plus qu’une habitude). Et l’on veut nous prédire l’avenir du pôle pour 100 ans!
Dans la même veine, voyez aussi l’article de PapyJako: Les prévisions de leurs modèles … du vent ?

Oooops
C’est 4,13 millions de km² pour 2007 et non 5,25 millions de km².
Malgré tout vos arguments on peut constater que depuis 1979 la banquise arctique a subit pour la troisième fois consécutive un recul important.
Merci Franck, une erreur de copier/coller, j’avais mis la surface de 2009 au lieu de 2007. C’est corrigé.
Pour éviter toute confusion:
2007 : 4 254 531 km2 (24 sept) et non 4.13 millions
2008 : 4 707 813 km2 (9 sept)
2009 : 5 249 844 km2 (12 sept)
source(http://www.ijis.iarc.uaf.edu/en/home/seaice_extent.htm)
Oui, la banquise montre un recul important pour la 3e fois consécutive, mais elle reprend petit à petit du terrain (recul de moins en moins important). Elle semble revenir à la moyenne progressivement. Il est donc incorrect de dire que la fonte s’accélère.
En fait, la banquise fond depuis qu’on l’observe avec des satellites, soit 1979, car nous étions en pleine période de réchauffement de la PDO (oscillation décennale Pacifique) et de l’AMO (oscillation multidecennale Atlantique). Ceux-ci ont basculé vers leur phase de refroidissement il y a 2-3 ans, alors que la NAO (oscillation Nord Atlantique) a changé pour sa part de direction, malgré les prédictions contraires du GIEC.
Lors de la dernière conférence du climat (W3C), Vicky Pope (responsable des prévisions climatiques du Hadley Center), a affirmé que “les pertes dramatiques de la glace Arctique résultaient, en partie, des cycles naturels plutôt que du réchauffement climatique du globe.
Quant à Mojib Latif, modélisateur au GIEC, y a déclaré que nous pourrions être proches d’entrer dans” “Une ou deux décennies de refroidissement climatique” et ceci, à cause de la NAO qui est rentrée en phase froide.
Je n’ai pas encore eu le temps de faire un article là-dessus, mais voyez celui du site pensée unique: http://www.pensee-unique.fr/bonnetdane.html#libe
Il est possible que ce renversement de tendance se poursuive pendant quelques années (le temps de la phase de refroidissement du moins). L’absence d’activité solaire prolongée depuis 2 ans inquiète également beaucoup de scientifiques, qui craignent un retour de la miniglaciation du 16e au 18e siècle. Nous avons beaucoup plus à craindre d’un refroidissement que d’un réchauffement.
4,13 millions pour le NSIDC ou 4,25 millions pour le JAXA il n’y a pas beaucoup de différence au regard de l’erreur absolue.
Je n’ai jamais dit que la fonte s’accélérait… Je souhaitais seulement rappeler que depuis 1979, la banquise ne montre pas une croissance mais plutôt une décroissance (cf http://nsidc.org/data/seaice_index/images/n_plot_hires.png). De plus il est intéressant de noter que le minimum de 2009 présente un déficit de 20% par rapport à la moyenne 1971-2008. Je conçois facilement que cette moyenne ne représente pas grand chose, elle a cependant le mérite de mettre en évidence une décroissance constante de l’étendue de la banquise arctique.
Pour ce qui est des arguments de la PDO et de AMO il faudrait peut-être vérifier vos sources car la PDO (http://jisao.washington.edu/pdo/PDO.latest) et l’AMO (cf http://www.cdc.noaa.gov/data/correlation/amon.us.long.data) sont positives, respectivement, depuis aout 2009 et juin 2009. Alors qu’effectivement le NAO est actuellement en phase négative (http://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/precip/CWlink/pna/norm.nao.monthly.b5001.current.ascii)
La raison pour laquelle je commente votre article, c’est qu’il faut ABSOLUMENT aborder votre réflexion de façon plus objectives, en énumérant par exemple, TOUS les faits, constats et observations puis d’émettre une conclusion. Et non d’énumérer seulement les faits qui vont étayer votre conclusion.
Frank, je ne parle de l’index de la PDO, qui varie effectivement d’un mois à l’autre, mais de sa phase globale (on a droit grosso-modo à 30 ans de phase de réchauffement, suivi de 30 ans de phase de refroidissement pour les océans). La NASA a confirmé ce basculement en 2007.
A l’intérieur de ces phases, on remarque des variations de l’index par rapport à la moyenne, dont effectivement un index positif pour les mois de juillet (+0.41) et août 2009 (+0.23), sujet très chaud si vous suivez les blogues de RoySpencer (http://www.drroyspencer.com) et WattsUpWithThat (http://wattsupwiththat.com).
J’apporterais un petit bémol à votre optimisme.
Effectivement, la banquise semble mieux se porter, mais elle reste encore fragile.
Un élément à prendre en compte est la quantité de glace qui fond chaque été. Sur ce paramètre, qui traduit la fragilité de la glace, 2008 a battu un record avec plus de 9 800 000 km² de différence entre le maximum et le minimum, plus qu’en 2007 où la différence entre le max et le min n’était que de 9 691 000 km², et largement au dessus des années précédentes (2003 à 2006) où la moyenne de fonte estivale était de l’ordre de 8 500 000 km².
(J’ai utilisé les données JAXA pour ces calculs)
Finalement l’argument des réchauffistes sur la glace mince donc plus fragile n’était peut-être pas erroné. En 2009 cependant, la fonte a été moins importante (9 162 000 km²), et il semblerait que l’on se rapproche de la moyenne.
En conclusion, je dirais que la banquise arctique va mieux, mais qu’elle reste convalescente
@Astre Noir
Je tout à fait d’accord avec vous en ce qui concerne l’état encore fragile de l’Arctique. Je ne prétends pas qu’il sera épargné pour autant, simplement que les titres de journaux parlent de fonte accélérée alors que les chiffres disent autre chose.
Même si les phases des océans ont basculées récemment vers le refroidissement et que le Soleil est encore très peu actif (généralement associé au refroidissement), la nature a bien plus d’un tour dans son sac. On ne comprend pas tous les mécanismes qui influencent la fonte de glace, et parconséquent, il est prétentieux de faire des prédictions basées sur des modèles incomplets.
Vous marquez un point en soulignant l’écart important de quantité de glace entre l’été et l’hiver, depuis 2007. Cela démontre que la fonte importante n’est pas irréversible, car dès le retour de l’hiver, la glace perdue est retrouvée. À l’hiver 2007-2008, il y avait beaucoup de glace à rattrapper, et c’est ce qui s’est produit (possiblement suite à l’épisode La Nina?).
Cette nouvelle glace est plus mince, car, par définition, elle est nouvelle… À l’été 2008, une partie de cette nouvelle glace a résistée à la fonte, puis en 2009, non seulement elle a encore résistée, mais d’autre glace nouvelle a également résistée. Celle de 2008 s’est donc vraissemblablement épaissie, la rendant plus résistante pour le futur. Ce sera ainsi d’année en année « SI » il y a refoidissement dans la région, ce qui devrait permettre d’arriver à de moins en moins de perte, donc des écarts de moins en moins grands. Nous sommes sans doute à un tournant, et seul le temps saura indiquer une tendance, si tendance il y a. D’ici là, elle reste fragile, et sujette à fondre facilement par un retour de la chaleur. Rien n’est gagné.
Ce qu’il faut retenir de mon article, c’est que nous vivons des changements en Arctique, qui sont médiatisés dans le mauvais sens (on laisse entendre que la fonte prend de l’ampleur, alors que la superficie n’est pas en chute libre comme fut marqué l’épisode de l’été 2007). De plus, les rétroactions positives (moins de glace = plus grande surface foncée = plus de réchauffement, ainsi de suite) ne se sont pas manifestées, contrairement aux prédictions des modèles. La nature possède de nombreux mécanismes de rétroactions négatives, largement ignorés par les modèles, mais pourtant observés.
Enfin, rien de tout ceci (fonte ou non) ne démontre le rôle du CO2. La fonte peut être causé par toutes sortes de phénomènes, mais comme on ne peut les isoler, impossible de dire lequel ou lesquels sont responsables et dans quelle proportion. Chose certaine, le CO2 continue de croître pendant que l’Arctique (et le reste du globe) montre des variations qui ne vont pas dans le même sens. C’est dire que des facteurs naturels jouent un rôle au moins aussi important que l’homme.
Bon, je crois que nous sommes bien d’accord
;-)
De 1979 à 2007(son minimum), l’arctique (grosso-modo) a mis 18 ans pour atteindre ce minimum, même si les courants marins ont changé, il serait illusoire de penser qu’elles puissent retrouver sa surface initial en 1, 2, ou 5 années, il faut lui laisser le temps, et aprés tout quelle importance, le CO2 dans l’atmosphère augmente encore, les glaces en arctique ne fondent plus autant qu’avant, donc CO2 et arctique rien à voir…Les ours qui n’ont jamais été mis en danger par le RCA sont sauvé.
@ Pecqror :
de 1979 à 2007, ça fait 28 ans et non 18…
Vous me copierez 100 fois ” Je ne dois pas me tromper dans mes retenues quand je fais une soustraction”
;-)