Dans son édition du 29 septembre 2009, le quotidien Metro nous apprenait la mise sur pied au Québec du Projet climatique Canada d’Al Gore. Conjointement, la fondation David Suzuki et le gouvernement du Québec ouvrent donc un nouveau secrétariat voué à l’information sur les changements climatiques. Le projet vise à former des présentateurs bénévoles sur la question, pour que ceux-ci puissent sensibiliser les citoyens aux changements climatiques via des conférences.
- Jean Charest, premier ministre du Québec
Monsieur le premier ministre, permettez-moi de douter des bienfaits de cette mesure.
Nous assistons depuis plusieurs années à une véritable campagne de lavage de cerveau de la part des médias, groupes écologistes et certains personnages publics comme Al Gore, qui nous présentent une seule et même version des faits, gravement exagérée, n’ayant pour seul fondement scientifique, lorsqu’il s’en trouve, les prévisions des modèles climatiques (lesquels ne sont pourtant pas une preuve admissible, car ils ne font que refléter l’interprétation des modélisateurs sur la dynamique du climat – pourtant encore grandement incomprise).
La théorie d’effet de serre anthropique (avec ses conséquences dramatiques), d’un point de vue scientifique, ressemble à un grand château de cartes dont la base s’écroule. Les données récoltées ne concordent pas avec la théorie, et contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’y a pas de consensus. Ce n’est que grâce à une machine médiatique puissante, à sens unique, incluant ce projet dont vous annoncez fièrement que l’opinion publique est maintenue dans le sens du courant, permettant l’adoption de mesures qui ne font qu’alimenter davantage celle-ci.
Le film d’Al Gore (La vérité qui dérange, 2006) est un bel exemple de cette machine de désinformation…
On y trouve en outre la célèbre courbe en « crosse de hockey », qui avait déjà été réfutée pour sa méthode statistique (voyez mon article sur Mann), et qui vient de subir un nouveau revers pour le choix douteux des échantillons retenu. Plus spectaculaire encore, le film montre un graphique comparant le CO2 à la température sur 600 000 ans, avec mise en scène théâtrale, laissant croire à une réponse de la température en fonction du CO2. Il y a bel et bien corrélation, mais c’est plutôt l’inverse, avec en moyenne 800 ans de retard pour le CO2 (ce qui veut dire que le CO2 est une CONSÉQUENCE du réchauffement) – bien qu’imperceptible à l’échelle du graphique de M. Gore. Pour ce qui est de la montée des océans, le film montre des inondations importantes à venir (6m, alors que le GIEC, dans son 4e rapport, parle de 42 cm dans 100 ans!). En fait, cette augmentation se produirait SI l’Antarctique et le Groenland venaient à fondre complètement, ce qui a peu de chance de se produire avant au moins 1000 ans selon les scientifiques (incluant ceux du GIEC). Ce n’est pourtant pas ce que les spectateurs retiennent…
Malgré les critiques sévères, M. Gore maintient le cap. Il utilise largement les attaques ad hominem pour discréditer ses adversaires, les qualifiants même de « deniers » (terme souvent utilisé pour ceux qui nient l’holocauste), et refuse de commenter la science douteuse derrière ses propos. Enfin, notre homme s’affiche fièrement comme carboneutre, en compensant ses grandes dépenses d’énergie (20 fois l’américain moyen) par des « crédits carbone ». Or, il s’avère que M. Gore achète ses crédits à « Generation Investment Management », dont il est président et largement propriétaire! Payant le réchauffement, surtout à 100 000$ la conférence (de quoi rendre jaloux les bénévoles)! (source)
Pourquoi tant de critique sur le film et les propos de M. Gore? Parce que les bénévoles de ce projet seront vraisemblablement formés par ce dernier, ou du moins avec son matériel. Voici l’information trouvée en première page du site officiel :
Les propos de M. Gore relèvent depuis longtemps de la pure propagande (démonstration ici – en anglais), et nous devons mettre un terme à ce genre de discours. S’il estime louangeable le fait d’exagérer les faits pour mieux « sensibiliser » les gens, comme le font aussi plusieurs groupes écologistes (dont Greenpeace), j’y vois plutôt un problème majeur de gaspillage d’argent (et temps), détournant l’attention des véritables enjeux.
Étant donné les sommes astronomiques qui sont et seront encore injectées pour la lutte aux changements climatiques, au détriment de beaucoup d’autres enjeux environnementaux, sociaux et économiques, il est essentiel de bien évaluer l’impact de nos investissements. Les gouvernements doivent chaque jour jongler avec plusieurs enjeux de taille (pandémies, récessions, guerres, famines, réchauffement…), et il importe que ceux-ci, de même que les citoyens, soit informés de façon objective, incluant les véritables incertitudes, afin de prendre les meilleures décisions possible (en fonction des risques et des bénéfices possibles des actions posées).
Les scientifiques ont pour mission de donner l’heure juste, au meilleur de leurs connaissances, et de considérer toutes les hypothèses sérieuses dans leurs démarches, dans le but d’éclairer les décideurs dans leurs choix. L’alarmiste exagéré ne fait que donner de fausses pistes.
La science évolue, les hypothèses le doivent aussi. Il est temps d’étudier sérieusement d’autres facteurs, c’est-à-dire ne plus mettre tous nos oeufs dans le même panier. Les travaux de plusieurs scientifiques sur le rôle du Soleil et des océans sont très prometteurs et collent d’ailleurs beaucoup mieux aux observations. Les pauvres de ce monde ont bien plus d’autres soucis que celui du réchauffement. Si nous voulons vraiment les aider, plusieurs solutions doivent passer avant la réduction des GES.
J’estime donc que nous aurions plus à gagner en organisant des conférences auxquelles participent des scientifiques comme Vincent Courtillot, pour mieux comprendre la science derrière le réchauffement, et mesurer nos actions en connaissance de cause.
Remettons le gros bon sens à l’ordre du jour!
Tags: Al Gore, Canada, désinformation, film, propagande, vérité qui dérange
Voyez un bon billet à cet effet : La vraie crise climatique africaine