Le premier ministre canadien (Stephen Harper) vient d’annoncer un investissement de 343 millions de dollars pour un projet de capture et entreposage de CO2, pour une centrale au charbon de la compagnie TransAlta (Alberta). En même temps, le premier ministre de la province annonçait une contribution de 436 millions, pour un total de 779 millions.
Notons que les deux paliers de gouvernements avaient annoncé la semaine précédente un investissement conjoint de 865 millions de dollars à Shell, également pour la capture et le stockage de CO2 dans une centrale au charbon.
Au total, cela représente un peu plus de 1.6 milliard de dollars, qui dans le meilleur cas pourrait réduire de 2.1 millions de tonnes les émissions de CO2. On parle de meilleur cas, car les promoteurs ont judicieusement utilisé les termes « pourraient » et « jusqu’à ».
Soyons optimistes, et supposons que les objectifs seront atteints (!). Cela revient à dépenser 761 $ la tonne, ce qui est astronomique, surtout en comparaison des 15 $ la tonne que l’Alberta exige aux compagnies qui dépassent certains quotas, ou les 0.10 $ la tonne qui se transige sur les marchés financiers (CCX – septembre 2009) (source).
Qu’obtiendra-t-on avec cet argent? Une réduction de 1.4 % des 720 millions de tonnes produites annuellement au Canada. Pour réduire de 20% nos émissions (notre objectif), à ce taux, cela signifie près de 110 milliards de dollars, bien entendu facturé aux contribuables. On coupera ailleurs!
Cela fait énormément d’argent, pour un gain minuscule, qui au passage n’a aucune importance si l’on considère que le CO2 n’a que très peu à voir avec le réchauffement, sans compter que l’on créé un nouveau problème: n’est-ce pas une sorte de bombe que l’on met en place via ce captage?
Je suis prêt à parier que les groupes écologistes salueront cet effort. N’oubliez pas que pendant ce temps on maintient l’exploitation des sables bitumineux, qui contamine l’eau et demande beaucoup d’énergie pour son extraction. Le CO2 n’est rien en regard du reste dans ce type d’énergie, mais tout le monde n’a que des yeux pour celui-ci…
Si la Terre se réchauffe ou se refroidit au cours des prochaines décennies (peu importe la cause, bien qu’essentiellement résultant du Soleil et les océans, sur lesquels on a peu d’effet), cela signifie, comme par le passé, qu’il faudra s’adapter. Il vaudrait mieux garder de l’argent pour faire face aux conséquences possibles : réduction des terres arables, conditions extrêmes, accès plus difficile aux sources d’énergie, mortalité plus élevée…
Ouf! Espérons seulement que la tendance sera au réchauffement, car les conséquences énumérées dans le paragraphe précédent sont en lien à un refroidissement!
La situation est beaucoup moins inquiétante si on gagne 2-3 degrés (quoi qu’en disent les médias de masse), mis à part certaines zones côtières possiblement sujettent à des inondations dans quelques décennies, puisqu’on observe jusqu’ici un maintient de la tendance des derniers siècles, soit une augmentation linéaire d’environ 20-30 cm par siècle, pour lesquelles on pourrait mettre les 110 milliards à construire des digues.
(source)
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Tu dis ” … Cela fait énormément d’argent, pour un gain minuscule, qui au passage n’a aucune importance si l’on considère que le CO2 n’a que très peu à voir avec le réchauffement, sans compter que l’on créé un nouveau problème: n’est-ce pas une sorte de bombe que l’on met en place via ce captage?…”
Juste pour rire, on pourrait aussi dire que le seul intérêt du captage-stockage du CO2 pourrait s’avérer – en application du “principe de précaution” – d’en avoir des stocks à relâcher plus tard en cas de glaciation sévère, et si on découvrait que le CO2 avait vraiment une action réchauffiste !…
Je déconne ?… oui, ça fait du bien parfois !…
Hahaha! Finalement, le principe de précaution n’est pas si mauvais :-)