Depuis longtemps, l’argument numéro un de plusieurs réchauffistes (défenseurs de la théorie d’effet de serre anthropique) pour faire taire les sceptiques et ainsi éviter le débat sur des bases scientifiques, consiste à lancer des attaques ad hominem. Ils le font notamment en accusant les sceptiques d’être financés par les grandes pétrolières (particulièrement Exxon), bouc-émissaires de tous les problèmes environnementaux (incluant le refroidissement climatique pendant les années 70).
S’il est vrai qu’Exxon a déjà financé la recherche scientifique sur le réchauffement climatique, à coups de quelques millions de dollars, il est une autre chose que d’accuser tous les scientifiques critiques envers le courant populaire du GIEC d’être au service de celles-ci. Au passage, plusieurs scientifiques membres et ex-membres du GIEC (donc le fameux consensus) sont des sceptiques. Est-ce dire que le GIEC est partiellement financé par l’industrie pétrolière?
D’abord, la source de ces accusations provient souvent du site exxonsecrets.org, un projet de Greenpeace (on peut dès lors douter de l’impartialité), qui liste les compagnies dont Exxon a fourni de l’argent. Comme certains scientifiques ont travaillé ou travaillent pour l’une ou l’autre de celles-ci, on les accuse de partisanerie.
Il est dommage d’arrêter ses arguments sur la source de financement d’une recherche, sans au moins analyser les résultats.
Bien que dans plusieurs cas (et ce pour la science en général), les résultats de recherches sont « étrangement » en faveur du financeur, ceux-ci doivent être accompagnés d’une méthodologie et des données utilisées, afin de permettre à tout autre groupe de recherche (incluant ceux du camp adverse) d’analyser et répéter l’expérience.
Comme les scientifiques sceptiques face au rôle de l’homme dans le réchauffement ont pour arguments principaux des observations scientifiques non concordantes aux modèles, ceux-ci n’hésitent pas à fournir la démonstration de leurs travaux, comme il se doit. On ne peut malheureusement pas en dire autant de Micheal Mann, à qui on doit la courbe en « crosse de hockey » (pilier de la théorie du GIEC), laquelle a finalement été réfutée plusieurs années après, lorsque Mann a cédé aux pressions et a remis ses sources (il y a d’ailleurs eu un autre scandale récent à cet effet, sur le choix des arbres utilisés pour l’étude, tel que discuté ici).
Il est du devoir des scientifiques (réchauffistes) de valider les expériences des sceptiques et baser leurs accusations sur les FAITS (méthodologie, données, conclusions…) et non la provenance de l’argent.
Si l’on veut jouer le jeu de l’impartialité des résultats en fonction des sources de financement, cela ne va pourtant pas en faveur des réchauffistes…
La recherche climatique est largement (voire principalement) financée par les gouvernements. Ceux-ci investissent en climatologie, car on leur dit que c’est un problème sérieux auquel il faut s’attaquer. Évidemment, avec les sommes astronomiques injectées, pas question d’avoir une réponse du genre : « finalement tout est normal, c’est la variabilité naturelle! ». Autant dire qu’ils ont gaspillé leur argent.
Le discours alarmiste sur le réchauffement profite (est nécessaire) à bon nombre de gens:
- Le GIEC, ayant pour mission d’évaluer le rôle de l’homme dans le réchauffement, ne peut qu’envisager un seul facteur dominant, soit les rejets de GES par l’homme, et ne peut que conclure à un scénario inquiétant s’il veut survivre (et ne pas faire perdre la face à l’ONU, tout en assurant des milliers d’emplois en lien à Kyoto et la bourse du carbone).
- Les scientifiques ont compris que l’alarmiste attirait les sous et le prestige, alors que les recherches sur les causes naturelles attiraient les ennuis (coupures de budget, non-publication, attaques personnelles…).
- Al Gore, pour sa part, s’en mets plein les poches avec son discours propagandiste (100 000$ par conférence, sans compter ses parts importantes dans une compagnie de crédits carbone à laquelle il compense sa consommation – passant l’argent de la poche droite à la gauche avec bénéfice).
- Les groupes écologistes ne peuvent survivre sans entretenir le discours de peur…
- Les médias font plus de recettes avec des titres alarmistes!
Ironiquement, tous doivent offrir une lueur d’espoir, si l’on agit rapidement (sans analyser quoi que ce soit)… Il donc est normal que les gouvernements se sentent forcés d’investir dans la recherche sur le CO2. Il en va d’ailleurs de leur popularité.
On est en droit de douter sérieusement de la partisanerie des recherches qui découlent de ce type de financement, avec tout ce lobbying. La recherche sur le climat bénéficie aujourd’hui de 2.4 milliards de dollars par an du gouvernement américain (32.5 milliards depuis 1989), dont la majeure partie est allouée aux travaux qui vont dans le sens des réchauffistes, c’est-à-dire en lien avec le CO2. (chiffres en provenance du guide Climat Money)
Puisque le GIEC lui-même, dans son dernier rapport, estime qu’il y a 10% de chances que le réchauffement soit d’origine naturelle, pourquoi ne pas investir 10% de la recherche sur les causes naturelles? A-t-on trop peur des résultats?
Les compagnies pétrolières ont depuis longtemps compris que la vente d’énergie ne se limitait pas qu’aux combustibles fossiles. Elles font beaucoup de recherches pour des solutions alternatives et certaines possèdent notamment une grande part de marché dans les éoliennes.
Avec le financement récent accordé à Shell par le gouvernement canadien (865 millions de dollars) pour la capture de CO2, on comprend que ces compagnies ont le sens de l’opportunité, et profitent également des mesures « anti-CO2 »!
Il faut donc être prudent avant d’accuser aveuglément Exxon et les autres de faire du lobbying pour contrer le mouvement réchauffiste. Je pense qu’ils cherchent à se positionner pour être présents dans les directions que prendront les gouvernements en matière d’énergie, et cela implique de faire de la recherche pour mieux comprendre les enjeux auxquels nous faisons vraiment face.
Si les gouvernements ne sont pas prêts à subventionner la recherche de façon plus impartiale, nous devons saluer les invetissements de compagnies privées, quelqu’elles soient, afin de remettre un peu d’équilibre dans tout ça et avoir un autre point de vue.
Tags: recherche, scientifiques
On peut se demander aussi qui finance greenpeace…
Greenpeace USA est libéralement subventionné par les deux fondations archi-eugénistes Rockefeller (1.080.000 dollars de 1997 à 2005 et plus ensuite)
Tim Turner (1.390.000 dollars de 1996 à 2001 et plus ensuite)
Greenpeace USA est spécifiquement subventionné par ces fondations sur des actions “réchauffement climatique”
http://www.charitynavigator.org/index.cfm?bay=search.summary&orgid=7596
http://www.activistcash.com/foundation.cfm/did/166
http://groups.google.com/group/alt.global-warming/browse_thread/thread/3f7465ddb5e48a49
http://www.rbf.org/grantsdatabase/grantsdatabase_show.htm?doc_id=617339
Pas surprenant que Greenpeace propose des solutions qui auront des effet catastrophiques sur les pauvres…
«La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre»!
Merci Yves pour cet article !
Attention cependant à l’écriture, des articles longs sans chapeau ni sous-titres sont plus difficiles à lire. Les internautes lisent en diagonale !
http://www.redaction.be/electure/scan.htm
http://www.bienecrire.ch/ecrirepourleweb.html
Tu as tout à fait raison Éric, et merci pour les liens.
Note: J’ai corrigé mes chiffres en lien au financement. En effet, la somme de 79 milliards (billet original) n’est pas sur une base annuelle, mais cumulative depuis 1979, et uniquement en provenance du gouvernement américain.
Cette somme inclus des investissements en technologie, aide internationale et crédits fiscaux. La recherche a reçue un toal de 32.5 milliards depuis 1989, passant de 134 millions à 2.4 milliards.
Un article suivra sous peu pour plus de chiffres…
Et vous, qui vous finance?
Hahaha! Malheureusement, personne ne me paye pour tout ceci. Les frais d’hébergement du site, l’achat de livres ou autres dépenses ne sont pas très élevés, alors j’assume le tout de ma poche.
Dans mon cas, c’est simplement beaucoup de temps à investir.
C’est la version moderne du ‘d’ou parlez vous’ des années 70. Ce qui est consternant c’est que les publications dans des revues ‘peer reviewed’ suppose communication des données et méthodes et donc la vérification par qui veut (ou peut), sauf pour michael mann bien sur, ou pour les données du hadley center.