Le scepticisme face au réchauffement climatique anthropique gagne du terrain. Après les Américains, voilà qu’une nouvelle étude du Times indique que les Britanniques sont également majoritairement sceptiques!
En octobre dernier, un sondage réalisé par le Pew Research Center for the People & the Press, montrait que seulement 36% des Américains croient qu’il y a des preuves évidentes du rôle de l’homme sur le réchauffement global, ET que l’homme en est la principale cause (18% chez les républicains, 50% chez les démocrates et 33% pour les indépendants). Il s’agit d’une régression de 11% par rapport à l’année 2007 et 2008.
Il faut dire que les nombreux records de froids aux É.-U. en cette année 2009 ne favorisent pas la cause des réchauffistes pour empêcher les Américains d’être critiques. Par exemple:
- mois de juin et juillet au second rang en 140 ans
- démarrage très tôt de l’hiver aux É.-U., 20% du territoire recouvert de neige
- le 3e mois d’octobre le plus froid depuis qu’on mesure la température, soit 115 ans
Pourtant, Obama persiste et signe. La cause est entendue, la menace des changements climatiques est un problème sérieux, urgent et grandissant (voyez la retranscription de son discours aux Nations Unies en septembre dernier). Quant aux détracteurs du réchauffement anthropique, il faudra s’en occuper…
Une nouvelle étude, du Times cette fois, révèle que seulement 41% des sondés acceptent comme un fait scientifique établi qu’il y a un réchauffement dû à l’homme.
C’est dire que la campagne médiatique intense qui s’opère, surtout en vue de Copenhague (dont cette publicité digne de pure propagande par le gouvernement) ne parvient pas à convaincre les gens que la cause est entendue.
Dans le journal Gardian, George Monbiot écrivait récemment:
Je n’ai pas mis la main sur les statistiques du Québec ou de la France, mais je pense que la proportion de gens qui croient au réchauffement d’origine humaine y est plus grande qu’aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Plusieurs facteurs expliqueraient cette hypothèse, à mon avis :
- D’abord et surtout par le peu d’information scientifique disponible en français sur le sujet.
L’information se limite principalement aux médias de masse, qui traduisent les textes des agences de presse (tendance très réchauffiste). La majorité des débats scientifiques se passent en anglais, et une certaine portion de la population ne maîtrise pas assez bien la langue de Shakespeare pour en comprendre les arguments. C’est d’ailleurs la raison de ce blogue, c’est-à-dire de fournir un peu d’information pour permettre aux francophones d’exercer leur sens critique. - Ensuite, du moins au Québec, il y a la tendance à vouloir faire comme tout le monde, la phobie d’être dans le camp des perdants et l’obsession d’être plus vert que son voisin.
On a peur d’être pointé du doigt, catalogué. Culturellement, et cela semble contradictoire avec les Français (vous pourrez me corriger!), les débats intellectuels sont presque toujours évités (peur de blesser ou de se faire blesser?). On croit également, à tort, que le scepticisme en lien au rôle du CO2 sur le réchauffement est un signe de non-respect de la nature. - Utilisation d’énergie « propre » (peu d’émissions de GES)
Contrairement aux Américains, nous avons la chance d’avoir de l’hydro-électricité en abondance. Ainsi, les Québécois sont peut-être moins soucieux des impacts économiques liés au contrôle des GES (il est toujours plus facile de dénoncer si l’on est moins affecté). Les gens se poseraient moins de questions, c’est-à-dire de peser les pour et contre. Idem pour les Français, avec le nucléaire. - Enfin, toujours au Québec, il ya une tendance médiatique à l’alarmisme assez élevée.
Par exemple, en rapport avec la grippe AH1N1, je lisais récemment un commentaire d’un spécialiste en médias qui expliquait que traditionnellement, les journaux québécois accordaient beaucoup plus d’importance à tout ce qui est sensationnel (au moins 25% de plus qu’ailleurs). À force de voir en première page des articles sur la catastrophe climatique, plusieurs finissent par s’alarmer davantage. La panique va généralement à l’encontre du raisonnement :-)
En septembre 2009, aux États-Unis, un sondage par Bloomberg révélait que seulement 2% des Américains considéraient les changements climatiques comme la plus grande préoccupation pour leur pays.
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Nous ne connaissons pas exactement toutes les causes du changement climatique mais ce qui est clair, c’est qu’il faudra au moins en traiter les causes. C’est le moment d’être inventif et de préparer l’avenir. Un lien vers un billet qui montre le monde sous un autre angle après des variations du niveau de la mer
http://pourconvaincre.blogspot.com/2009/11/changement-climatique-et-geopolitique.html
@Ecolo Bidochon
Vous avez raison, il faut surtout se concentrer sur l’adaptation. Cela implique de la recherche et des ses sous. Les mesures de contraintes économiques telles que celles proposées par nos dirigeants (Bourse de Carbone, Kyoto…) sont donc les pires choses à faire. Elles auront pour effet de limiter considérablement la richesse nécessaire à trouver des solutions (digues, systèmes d’irrigation…).
Toutefois, il ne faut pas déplacer le problème comme le fait le site de votre lien, en exagérant tellement les conséquences que l’on pourrait croire qu’il faut ces solutions demain matin, soit un investissement massif à court terme dans toutes sortes de directions, sans réel besoin. Même les prévisions du GIEC sont de l’ordre de 40cm pour 2100 en ce qui concerne les océans, soit à peine plus que l’augmentation des 2 siècles précédents (et nous avons très bien su nous y adapter).
Aucune accélération du niveau des océans n’a été remarquée encore, malgré le réchauffement récent. Pas plus que les ouragans. Certains endroits s’enlisent peu à peu alors que d’autres s’élèvent (à cause de la tectonique des plaques, du relâchement suite à la libération des glaces depuis la dernière glaciation, etc.). L’effet des océans est donc différent d’un endroit à l’autre. Pour atteindre des niveaux élevés (en mètres), il faut que le Groenland et l’Antarctique fondent considérablement, ce qui n’est absolument pas le cas. La fonte observée au pôle Nord est compensée par un gain de glace au pôle Sud. Quant au Groenland, il perd des glaces en périphérie, mais pas au centre. Et il a résisté à des températures plus grandes que celles envisagées pour le prochain siècle.
Bref, il faut investir dans l’adaptation, mais de façon mesurée et réaliste. Il faut préserver les milieux naturels qui servent de tampons aux ouragans, à l’érosion côtière, aux fonds marins qui limitent les dégâts sur les côtes… L’heure est à la protection des lieux et au développement de technologie pour faire face à de possibles catastrophes, comme il y en a toujours eu et qu’il y aura toujours. La protection de l’environnement est généralement réservée aux pays riches, les autres n’ayant pas ce «loisir».
J’ai réorganisé l’article pour mettre le sondage sur la «priorité des changements climatiques» à la fin, et non en début d’article, lequel portait à confusion avec le sujet de base: le taux de scepticisme. J’en ai donc fait un point séparé.
Merci au lecteur attentif qui m’a souligné l’erreur.