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Scandale : Une bombe explose dans les rangs du GIEC!

hackerLe « Climatic Research Unit of the University of East Anglia » (connu sour l’acronyme CRU) aurait été la cible d’une cyber-attaque!

Des centaines de documents et courriels ont été mis à la disposition du public, dont certains font état de manipulation de chiffres et autres démarches douteuses, incluant les travaux de Michael Mann (courbe en forme de crosse de hockey).

Cette nouvelle fraîche a rapidement fait le tour de la planète dans la blogosphère aujourd’hui, notamment dans ceux à saveur sceptique.

Le directeur du centre, Phil Jones, a confirmé l’attaque et que les documents qui circulent semblent être réels.

Je suis encore sous le choc!

Si les informations diffusées s’avèrent être réelles, cela pourrait porter un énorme coup aux grands défenseurs de la théorie d’effet de serre par l’homme. Des données auraient été manipulées volontairement pour exagérer la menace…

Voici le message qui a été publié sur plusieurs sites sceptiques par un auteur anonyme, accompagné d’un lien vers le serveur FTP contenant l’information :

We feel that climate science is, in the current situation, too important to be kept under wraps. We hereby release a random selection of correspondence, code, and documents

Traduction libre: Nous estimons que la science du climat est trop importante pour être maintenue sous couvert. Nous publions une sélection aléatoire de correspondances, code et documents.

Le fichier compressé fait 62 MB, pour un total de 168 MB une fois décompressé. Plus d’info sur les liens plus bas. Mais d’abord un peu de recul…

cru

Qu’est-ce que le CRU?

Le Climate Research Unit (CRU) est la principale institution de climatologie et météorologie au Royaume-Uni. Au nom de la World Meteorological Organization (WMO), le CRU et le Met Office Hadley Centre sont les gardiens des relevés de température, sous le nom de HadCRUT.

Le CRU collabore avec le Hadley center (Met Office), qui constitue l’une des quatre institutions qui fournissent les données du GIEC, c’est-à-dire les relevés de température. Les autres sont le GISS (Goddard Institute de la NASA, dirigé par James Hansen), un ensemble de satellites de la NASA dont les données sont mises à jour par le RSS (Remote Sensing System) et l’Université de l’Alabama – Huntville (UAH). Voyez ici pour plus de détails sur ces institutions.

Les climatologues du CRU et du Met Office appliquent de nombreuses corrections aux données brutes en provenance de sources variées, et fournissent les résultats (HadCRUT3) corrigés au GIEC.

Depuis longtemps, le CRU s’oppose à fournir ses données brutes et ses méthodes de correction pour validation par d’autres scientifiques (voir plus loin), ce qui alimente beaucoup de débats au sein de la communauté scientifique. En effet, ce refus est contraire à la méthodologie scientifique, sans compter que l’issue de ces résultats est capitale (le climat se réchauffe-t-il comme le CRU l’affirme?).

Pourquoi les données du CRU ne sont-elles pas publiées?

Le centre reçoit les données de plusieurs sources, et doit appliquer des mesures correctives pour pallier à plusieurs facteurs (incertitudes, données manquantes, changements d’instrumentation, conditions…), afin de rendre les données fiables. Un travail titanesque, et sujet à de nombreuses approximations et corrections arbitraires. Les sources, les données brutes et la méthodologie (correction) utilisées demeurent hélas secrètes.

Le climatologue australien Warrick Hughes, perplexe à propos des incertitudes très peu élevées en lien aux mesures historiques (plusieurs centaines d’années), a demandé à plusieurs reprises de voir les données brutes et la méthodologie employée pour les corrections, afin de faire sa propre contre-vérification. Voici la réponse qu’il a obtenue de Phil Jones, directeur du centre et développeur de cet historique des températures utilisé par le GIEC :

We have 25 years or so invested in the work. Why should I make the data available to you, when your aim is to try and find something wrong with it?

Traduction libre: Nous avons investi environ 25 ans dans ce travail. Pourquoi devrais-je vous fournir les données alors que votre objectif est d’essayer de trouver quelque chose d’erroné à propos de celles-ci?

Voyez mon billet « Les preuves du réchauffement ont été perdues! » pour plus de détails.

Le refus de fournir les données donne l’impression de cacher quelque chose, et est contraire à la science. Tous travaux scientifiques, pour être valables, doivent être vérifiables par d’autres experts. Il faut pour cela fournir les données et la méthodologie, afin que d’autres puissent valider ou infirmer les résultats.

hockeystick1

La fameuse courbe en crosse de Hockey…

Michael Mann, auteur de la fameuse courbe des températures du 3e rapport du GIEC (ci-contre), travaille au Hadley Center (qui partage ses données avec le CRU).

Ses publications, spécialement cette courbe, ont fait l’objet de nombreux débats au sein de la communauté scientifique, et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, par manque de transparence. Ce dernier a refusé pendant longtemps de fournir ses données et sa méthodologie aux scientifiques intéressés à valider ses résultats.

Chapitre 1:
Steve McIntyre (Climat Audit), analyste à l’Université de Guelf à Toronto, a fini (après plusieurs demandes) par mettre la main sur la méthodologie et les données utilisées, et a rapidement démontré que la méthodologie utilisée était erronée (voir ici et ici). Le GIEC a dû abandonner la courbe dans son 4e rapport, mais celle-ci est gravée dans la mémoire des gens, et encore utilisée par Al Gore et plusieurs groupes écologistes.

yamalChapitre 2:
La saga ne s’est pas arrêtée là. Récemment, une publication des résultats de Mann dans une revue scientifique a permis à McIntyre, de par les conditions exigées de la revue, d’obtenir copie de toutes les données à partir desquelles Mann a choisi (arbitrairement?) un sous-ensemble pour arriver à ses chiffres.

Il s’est avéré que cette sélection est non-représentative de l’ensemble, et que si l’on tient compte des autres, on obtient un léger refroidissement et non un brusque réchauffement, dans les dernières années (ci-contre). Plus de détails sur cette saga ici, qui réfute une fois de plus les résultats de Mann.

Chapitre 3:
C’est un pirate (ou employé du CRU?) qui se charge de rendre des informations de Micheal Mann publiques! Cette fois, il s’agit de discussions écrites embarrassantes à propos de manipulation de données.

Que trouve-t-on dans ces données?

Les données incluent 1 073 courriels et 3585 documents. Je n’ai pas eu le temps encore de scruter ceux-ci à la loupe, et n’étant pas expert je laisserai le soin aux professionnels de faire le travail (plusieurs sont présentement à la tâche, pour extraire les infos les plus pertinentes).

Plusieurs de ces courriels, diffusés sur différents blogues, montrent des échanges dans lesquels ont sous-entend des manipulations de données.

En voici un exemple, tiré d’un article de Domip, et qui circule d’ailleurs largement, à propos de la fameuse courbe en crosse de hockey :

I’ve just completed Mike’s Nature trick of adding in the real temps to each series for the last 20 years (ie from 1981 onwards) amd from 1961 for Keith’s to hide the decline.

Traduction libre de Domib: Je viens de terminer d’utiliser l’astuce Nature (ndt: la revue scientifique) de Mike (ndt: Michael Mann) qui consiste à incorporer les vraies températures à chaque série depuis les 20 dernières années (ça depuis 1981) et depuis 1961 pour celles de Keith’s (ndt: probablement Briffa) afin de masquer le déclin. (ndt: des températures….).

Plusieurs autres perles à venir. Il se fait tard :-)

Ces données sont-elles vérédictes?

Il est encore tôt pour se prononcer à ce sujet (mais la primeur est trop grande pour passer à côté!). Chose certaine, le directeur du centre, Phil Jones, tel que mentionné plus haut, a confirmé l’attaque et que les documents qui circulent semblent être réels.

Steve McIntyre, pour sa part, a également confirmé que certains courriels (qui lui avait été adressé ou qu’il avait envoyé) figurent dans la liste, et certifie leur authenticité. Plusieurs scientifiques risquent de confirmer ou infirmer les correspondances dont ils font partie au cours des prochains jours. Le travail de recréer autant de courriels avec autant de crédibilité est pratiquement non envisageable, et l’on peut fortement (en gardant certaines réserves) croire que le tout est bel et bien vrai.

À suivre…

Pour vous faire patienter, quelques liens :

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10 Réponses à “Scandale : Une bombe explose dans les rangs du GIEC!”

  1. Évidemment, au Québec, CyberPresse et Radio-Canada restent toujours muets… et ce, après plus de 36 heures. A suivre aussi.

  2. Salut Yves,
    “Le Devoir” a lâchement attendu, pour publier, que tu sois endormi ;-)

    http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/277802/rechauffement-climatique-polemique-autour-de-documents-pirates

  3. Au sujet de l’auteur de cette fuite historique, personne ne croit plus, après avoir vu la somme de documents, qu’il s’agisse d’un pirate extérieur. Pour avoir pu sélectionner avec une telle pertinence, un tel nombre de documents, il faut que cela vienne de l’intérieur. Une “gorge profonde”.

    Si quelqu’un ne sait pas exactement ce qu’est, dans ce contexte, une “gorge profonde”, je lui déconseille la recherche de ces deux mots sur “google” – mais je sais que vous le ferez ;-) – cherchez plutôt “gorge profonde watergate”, ce sera mieux ciblé.

    Pour ceux qui aiment les spéculations juridiques, j’ai trouvé (http://camirror.wordpress.com/2009/11/21/uk-whistleblower-legislation/)
    une intéressante discussion sur la protection des “Whistleblower”.

    La conclusion, paradoxale de l’article est que si le CRU identifie sa “gorge profonde”, il préférera certainement ne pas le poursuivre, car le “coupable” se retrancherait immédiatement derrière le “U.K. Public Disclosure Act”, qui protège les révélations faites dans l’intérêt du public.

    Cela amènerait, automatiquement la justice à se pencher sur la question “La fuite était-elle dans l’intérêt du public ?” et donc à tout déballer au tribunal pour un examen au fond.

    Le CRU sait probablement qui est l’auteur de la fuite. Et il va certainement préférer continuer à dire que c’est un hacker.

    Dommage !… cela aurait de la gueule comme procès du siècle non ?

  4. Sinon, chapeau pour la clarté de ta synthèse !…

    A bientôt

  5. Très bien.

    Pour aller plus loin après cette excellente introduction.

    En français :

    http://pouruneecolelibre.blogspot.com/2009/11/scandales-ethiques-chez-les-eco.html

    et

    http://skyfal.free.fr/?p=422

  6. Mise à jour

    http://pouruneecolelibre.blogspot.com/2009/11/rififi-chez-les-rechauffistes-suite.html

    Début enquête parlementaire contre le Tsar de l’environnement d’Obama, comme séquelles du Rififi chez les Réchauffistes du CRU.

    http://online.wsj.com/article/SB125902685372961609.html

  7. Le probleme avec les sciences c’est qu’on est jamais certain a 100%…

    Mais cela ne change rien seau fond des choses. L’environnement se degrade, on n’aura bientot plus de petrole, le capitalisme sauvage et sa crise nous mène droit vers la guerre, les ressources energetiques s’épuisent sans qu’on mette les moyens pour trouver des alternatives, des gens meurent de faim et on veut produire du carburant a partir de leurs aliments…

    Alors le rechauffement climatique…

  8. Pour rire un peu

    http://pouruneecolelibre.blogspot.com/2009/12/lassistant-informatique-du-rechauffiste.html

  9. Pour comprendre la communauté scientifique, il faut connaître ses grands clivages. Le clivage en question dans la cause du réchauffement climatique est entre partisans de l’Anthropocène (les “réchauffistes”) et les autres. L’Anthropocène est l’ère géologique qui succède à l’Holocène d’il y a 10 000 ans. Comme son nom l’indique, l’Anthropocène est une ère géologique où l’homme devient un acteur majeur de la nature, influant sur ses équilibres. La cause anthropocénique est ainsi liée au réchauffement d’origine humaine. Les holocénistes prétendent que rien n’a changé depuis l’Holocène. Or les anthropocénistes se sont infiltrés dans les comités de lecture des revues scientifiques. Nul ne doit publier s’il n’est pas anthropocéniste. L’Anthropocène pourrait être une période heureuse cloturant l’Holocène. Il n’en est rien. Une autorité mondiale doit s’établir pour calculer votre bilan carbone et punir les pêcheurs. L’anthropocénisme a les caractères d’une religion naturaliste de la Terre où le carbone joue le rôle du péché originel. Cette vision se marrie parfaitement avec un éco-eugénisme où seuls les plus écolos auraient le droit de se reproduire. L’Anthropocène fait partie de ces vastes rêveries de la science qu’a déjà connu le XXème siècle d’une humanité saine déchargée du poids des tarés. Ecrivez moi si le sujet vous intéresse.

  10. Phil Jones à la BBC : pas de réchauffement depuis 1995 !!!!!

    http://pouruneecolelibre.blogspot.com/2010/02/phil-jones-pas-de-rechauffement-depuis.html

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