La chaîne spécialisée de nouvelles RDI (qui appartient à Radio-Canada), diffusait le 8 décembre dernier sa première couverture en lien au ClimateGate.
Après avoir spectaculairement évité le sujet depuis deux semaines, ils ne pouvaient plus ignorer le scandale, qui osbsurcie la grande messe de Copenhague depuis son ouverture. L’émission 24 heures en 60 minutes a donc produit un segment d’émission sur le ClimateGate.
Le segment d’émission est disponible en rediffusion ici.
Sans surprise, le traitement de la nouvelle avait pour objectif de minimiser l’affaire. Pour être certain que les auditeurs ne liront pas les courriels et ne se poseront pas de questions, on leur dit qu’on l’a fait pour eux, et qu’on y trouve rien d’intéressant.
Faux, lisez-les et voyez par vous-même! Les courriels sont disponibles sur le site eastangliaemails.com (anglais), et plusieurs ont été traduits en français ici et ici.
Vous pouvez également cherchez directement d’ici, parmi les 1073 courriels
(mots, phrases, numéros de référence…) :
Pour appuyer leurs propos, les médias mentionnent quelques courriels habilement choisis pour montrer des infos peu compromettantes ou sujettes à interprétation. Or, il n’y aurait jamais eu scandale si les documents ne contenaient que ce genre d’infos…
Il y a bien plus grave, et c’est pourquoi nous devons faire la lumière là-dessus. De plus, il ne s’agit probablement que de la pointe de l’iceberg, alors que l’analyse du code et les résultats d’enquêtes sont toujours à venir.
Quant au code, vous trouverez ici (anglais) une première analyse et une première traduction en français ici.
Rappelons que la couverture médiatique du réchauffement climatique a toujours été très partisane chez Radio-Canada, incluant l’émission radio de science « les années lumières » et la populaire émission télévisuelle « Découverte ». Cette couverture n’y fait hélas pas exception, notamment avec les interventions de Madame Dussault (animatrice).
Pour faire preuve de bonne foi, RDI a invité un climato-sceptique, Reynald Du Berger (géophysicien et sismologue), pour discuter du ClimateGate. Y étaient également invités Chantal Srivastava (journaliste à l’émission « les années lumières ») et le militant écologiste Kerel Mayrand (Fondation David Suzuki et Projet Climatique d’Al Gore). L’ouverture d’esprit fut vite assombrie par les propos de l’animatrice, davantage préoccupée à défendre la position du GIEC que d’écouter M. Du Berger… Dommage.
On rappelle avec insistance que ces courriels ont été volés par des pirates informatiques et qu’il s’agit d’un acte illégal, même si de nombreuses expertises ont plutôt démontré qu’il s’agirait d’une fuite interne.
Alors que M. Du Berger tente d’expliquer le sens du courriel retenu par RDI (cacher le déclin – 942777075.txt), madame Dussault ajoute:
Ouf! D’abord, tel que mentionné plus haut, il s’agit de bien plus qu’un courriel avec quelques mots. Ensuite, la période de 13 ans est importante, puisqu’elle nous ramène à la période de construction de la fameuse courbe en crosse de hockey, pilier principal du GIEC (bien que démentis par la suite, cette courbe est encore utilisée par Al Gore et plusieurs médias). Enfin, si la banquise rétrécit depuis 30 ans en Arctique (comme elle l’a fait au début du siècle dernier avant de geler à nouveau), cela n’est pas une démonstration du rôle du CO2, mais une démonstration de réchauffement de cette région, quelle que soit la cause.
Monsieur Du Berger répond, à juste titre, que le GIEC est en fait constitué d’une poignée de scientifiques spécialistes (et non des milliers), dont Phil Jones et Micheal Mann. Il ajoute, en lien au contexte :
Si les auteurs ont été cités hors contexte, comment expliquer ces propos dans un contexte non incriminant?
- [1047388489.txt] This was the danger of always criticising the skeptics for not publishing in the “peer-reviewed literature”. Obviously, they found a solution to that–take over a journal! So what do we do about this? I think we have to stop considering “Climate Research” as a legitimate peer-reviewed journal. Perhaps we should encourage our colleagues in the climate research community to no longer submit to, or cite papers in, this journal.
- [1107454306.txt] The two MMs have been after the CRU station data for years. If they ever hear there is a Freedom of Information Act now in the UK, I think I’ll delete the file rather than send to anyone.
- [1177890796.txt] I tried hard to balance the needs of the science and the IPCC , which were not always the same. I worried that you might think I gave the impression of not supporting you well enough while trying to report on the issues and uncertainties.
- [1255352257.txt] The fact is that we can’t account for the lack of warming at the moment and it is a travesty that we can’t. The CERES data published in the August BAMS 09 supplement on 2008 shows there should be even more warming: but the data are surely wrong. Our observing system is inadequate.
Madame Dussault renchéri :
Ce ne sont pas trois mots qui servent de preuve, allons donc! Il faut lire les autres courriels, il faut lire les fichiers de code et celui de HARRY_READ_ME.txt, ce que n’ont vraisemblablement pas fait l’animatrice et ses invités (madame Strivastava et M. Mayrand).
Les données brutes sont depuis longtemps refusées aux scientifiques qui en font la demande pour contre-vérifier les résultats (McInyre, Courtillot, Pielke, Hughes…), prétextant même qu’elles ont été perdues (voir ici). Ce que le ClimateGate révèle, ce sont des échanges entre Jones et d’autres scientifiques (dont Mann) témoignant de son intention d’empêcher coûte que coûte de remettre ces données, allant jusqu’à les détruire s’il le faut. Cela est tout à fait inacceptable!
Quant au fameux déclin dans l’exemple de Radio-Canada (942777075.txt), il ne s’agit pas de l’absence de réchauffement de la décennie en cours comme on pourrait le penser (un autre courriel fait d’ailleurs état de cette question:1255352257.txt), mais plutôt à partir de 1960.
Pour mieux comprendre, il faut regarder les fichiers de programmation en plus des courriels (ajoutez à cela les données de Briffa fournies (malgré lui) à McIntyre il y a quelques mois qui ont mis à jour le choix douteux des arbres utilisés – voir le billet de PapyJako).
En gros, les cernes d’arbres qui servent d’indicateur de température du dernier millénaire indiquent un déclin des températures à partir de 1960. Le truc consiste à remplacer ceux-ci par des données de thermomètres à partir de 1960, afin d’éviter toute remise en question. S’ils ne sont pas concordants avec les températures des derniers 30 ans (1960-1990), comment peut-on croire aveuglément qu’ils sont fiables pour les derniers 1000 ans?
Pour plus de détails sur la fameuse astuce pour cacher le déclin, voyez l’explication de McIntyre ou cet article sur WattsUpWithThat.
Briffa, spécialiste en dendrochronologie et ayant travaillé à la reconstitution des températures par les cernes d’arbres (menant à la crosse de hockey de Mann), fait part de doutes envers ses données dans quelques courriels, et se dit déchiré entre la science et les demandes du GIEC (1177890796.txt).
Tags: Canada, ClimateGate, médias
Après nous avoir rabattue les oreilles a propos du consensus scientifique due a l’activité humaine- depuis plusieurs années (kyoto 1997); maintenant lorsque qu’ils sont a deux doigts d’imposer une taxe; la science n’est plus aussi certaine et un débat est justifiable? Je pense qu’on a pas besoin d’un débat, la position des alarmistes a été suffisamment médiatisée; il est temps d’entendre la position d’un ”sceptique” crédible et articulé . Par exemple la présentation de Vincent Courtillot est excellente.
Je ne sais pas s’ils réalisent qu’a force de nous mentir, ils peuvent perdre toute crédibilité. Que ce soit les médias traditionnels ou militants écologistes; parce que sur une période de temps aussi longue je ne peux pas croire qu’ils font tous la même erreur de bonne foi.
@Martin
Aucun doute : ils sont d’une parfaite mauvaise foi. Et quand le dogme du RCA aura volé en éclats, ils auront perdu la face.
@Jean-Pierre Bardinet,
Dire qu’il n’y a pas si longtemps je croyais qu’on avait une presse libre, prêt a tout pour un scoop, informer les auditeurs des travers des gouvernements ou des corporations. En fait c’est le contraire, les médias sont une partie indispensable de la structure du pouvoir en place.
Ma vision a radicalement changé depuis que je me suis intéressé objectivement à ce que les fameux “deniers” ou “consparicy theorists” ont a dire. J’ai vécu un changement de paradigme plutôt profond et ça continue. Un peu comme le film la matrice, une fois qu’on a pris la pilule rouge il n’y a pas de retour en arrière.
En passant votre dernier billet était très bien.