François Cardinal, journaliste en environnement au journal La Presse, écrivait le 12 février dernier un article intitulé «La science du climat désavouée…», dans lequel il parle de la perte de confiance qui s’installe progressivement envers le GIEC, et reconnait (enfin!) que les journalistes ont tendance à ne présenter qu’une seule version des faits.
Ce dernier semble vouloir se repentir en penchant vers une couverture moins partisane. Poudre aux yeux ou véritable prise de conscience? Donnons la chance au coureur, mais l’article en question permet de douter fortement de ses bonnes intentions.
D’abord, M. Cardinal débute avec :
Ça commence mal pour quelqu’un qui se veut plus ouvert…
Non, le consensus n’existe pas. Oui, l’homme émet du CO2. Oui, le CO2 augmente en concentration dans l’air. Toutefois, il n’a pas encore été démontré sérieusement que le réchauffement observé soit attribuable au CO2. Voyez ici les grandes failles de la théorie d’effet de serre.
Cette affirmation («…par conséquent, la planète se réchauffe») montre que M. Cardinal est encore largement partisan et a beaucoup de chemin à faire pour accepter qu’il puisse y avoir d’autres causes, et traiter le sujet de façon plus froide. Il affirme que la science se décline rarement en noir et blanc, mais ses propos ne sont pas très gris.
Il revient une fois de plus à la charge avec le fait que les courriels du ClimateGate ont été piratés, ce qui n’a pourtant pas été démontré (au contraire, tout porte à croire qu’il s’agit plutôt d’une fuite interne, selon l’analyse par des experts). On espère ainsi limiter la portée du contenu, en mettant l’emphase sur l’acte criminel – tactique largement utilisée ces temps-ci par Karel Mayrand, directeur de la Fondation David Suzuki au Québec.
Selon l’auteur, qui se base sur un courriel de Micheal Mann, les pauvres chercheurs impliqués dans le scandale auraient craint que leur «linge sale aboutisse entre les mains de personnes qui ne se gêneront pas pour fausser les données à leur avantage», occasionnant une polarisation du débat et un manque de transparence…
Allons donc, fausser les données à leur avantage? Vous n’avez rien compris M. Cardinal! Ou cela est de bien mauvaise foi… Ces “personnes” sont des experts qui demandent à valider les résultats obtenus à partir des données brutes, comme il se doit en science (et par la loi).
Remarquez la façon dont M. Cardinal présente ces deux sites : «scientifiques mondialement reconnus» vs un seul «sceptique».
Ces scientifiques sont effectivement bien connu, mais pour des raisons moins élégantes : pour avoir produit un graphique à la base de l’alarmisme du réchauffement (crosse de hockey) largement discrédité depuis, pour avoir refusé de fournir les données servant à prouver le réchauffement, pour avoir fait pression afin de bloquer les articles à caractère sceptique dans les revues scientifiques, pour avoir manipuler certaines données afin de cacher le déclin des températures…
Bref, ce sont pour la plupart les mêmes qui sont impliqués dans le scandale du ClimateGate (notamment Mann et Schmidth). Il y a aussi Conneley, qui lui est au coeur du scandale du WikiGate (en tant qu’administrateur chez Wikipédia, ce dernier manipule depuis des années des milliers d’articles sur la populaire encyclopédie pour faire avancer la cause réchauffiste, notamment en effaçant l’optimum médiéval et en bloquant l’accès aux gens qui tentent de mettre des textes qui ne vont pas dans son sens).
Le sceptique, Steve McIntyre, n’est pourtant pas un amateur. C’est lui qui a démontré que la courbe en crosse de hockey de Mann (3e rapport du GIEC) était fausse. Plusieurs études subséquentes lui ont donné raison, au point de la rejeter dans le dernier rapport du GIEC. Plusieurs journalistes en environnement, des écologistes et les Al Gore de ce monde continuent toutefois d’en faire la promotion, se gardant bien de dire au public mal informé qu’elle ne tient plus la route, et ce, en toute connaissance de cause.
Continuer à présenter les deux côtés de la médaille? M. Cardinal, quand avez-vous publié un article pour montrer l’autre côté de la médaille? La Presse, Radio-Canada et La Gazette, pour ne nommer qu’eux, ont choisi leur camp il y a longtemps et ne présente qu’un seul côté de la médaille (d’où ce blogue!). On a eu droit à de petits textes ici et là pour traiter du ClimateGate, mais plutôt pour l’étouffer, comme vous l’avez si bien fait ici.
Et puis ils ne sont pas des milliers, mais moins de 100 experts du climat au GIEC qui traitent des causes du réchauffement (57 dans le cas du 4e rapport), dont les données proviennent du CRU, du GISS et du NOAA, qui font la manchette pour la manipulation de données. Le résumé pour décideurs est rédigé par des fonctionnaires de l’ONU, et fait abstraction des doutes et incertitudes, allant parfois en sens contraire des auteurs afin de satisfaire un agenda politique (ce qui a causé des départs fracassants, comme Lindzen).
Le 4e rapport fait état d’une confiance à 90% (pas 99%) que le réchauffement après 1970 serait dû à l’homme. Il se trouve que le Soleil était particulièrement actif pendant cette période, et que la PDO a basculé dans sa phase de réchauffement. Lors de la 3e conférence sur le climat (WCC3), certains scientifiques ont dit que le réchauffement récent pourrait en grande partie s’expliquer par des causes naturelles, tout comme la fonte de l’Arctique. Où était La Presse pour couvrir ces propos?
Je vous invite à consulter une autre critique de cet article, par Martin Masse – Le Blogue du Québécois Libre. (La mienne arrive tardivement – j’étais en vacances!).
Enfin, vous pouvez écouter M. Cardinal en entrevue à l’émission de radio «Christianne Charette» pour discuter du même thème avec Kerel Mayrand. Ca se passe ici.
En bref, même discours vide et accusateur de M. Mayrand, avec un semblant de scepticisme de M. Cardinal peu crédible. On s’attarde beaucoup sur le livre de Pachauri (eh oui, ce dernier, en plus de ses multiples compagnies et son poste de président du GIEC, a le temps d’écrire un roman!), pour habilement éviter de traiter des scandales en lien aux conflits d’intérêts de ce dernier.
Quand on a deux invités qui prêchent la même parole, on obtient une discussion qui évite les sujets embarrassants, tout en laissant croire qu’on a eu un débat pour faire taire les esprits critiques.
Je salue une fois de plus le bon travail du recherchiste de l’émission pour avoir organisé cette discussion, mais reste amer du fait qu’on a toujours des gens du même camp qui finalement ne font que marteler davantage.
Heureusement, tout le monde n’est pas dupe. À force de condescendance et d’attaques personnelles et déplacées (tels les rapprochements avec l’industrie pétrolière ou du tabac), les écolo-extrémistes comme M. Mayrand servent peut-être davantage le camp des climato-sceptiques devant un public critique.
Quant à M. Cardinal, laisser sa vision partisane et être critique n’est certes pas chose facile, surtout avec les pressions de l’employeur. Espérons qu’il maintiendra le cap et saura enfin offrir aux gens d’ici une couverture médiatique plus objective. On a le droit de rêver!
Tags: ClimateGate, GIEC, médias, sceptiques, théories
“Le consensus scientifique sur les changements climatiques existe toujours, aucune révélation n’ayant affaibli cette thèse: l’homme émet du CO2, la concentration de ce gaz dans l’atmosphère augmente et, par conséquent, la planète se réchauffe.” François Cardinal, 13 février 2010.
En fait, le consensus a toujours existé. Les scientifiques ont toujours opposé un scepticisme face aux allégations des alarmistes et ceci avant même le début de la création de GIEC (en 1980 et 1985). En 1995, plusieurs scientifiques se sont opposés au contenu du rapport sommaire pour les preneurs de décisions (Sumary for policy makers).
Voici un texte qui en dit long et donne une perspective qui manque cruellement à François Cardinal. S’il veut faire une analyse équilibrée de la situation au lieu de donner “une opinion”, il aurait dû au moins lire le texte suivant :
http://scienceandpublicpolicy.org/images/stories/papers/originals/climate_science_corrupted.pdf
Gilbert Dupuis, Chelsea, Québec
Je n’accepterai rien de moins qu’un article équivalent a celui-ci paru dans le wall street journal:
http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704804204575069551130098386.html?mod=WSJ_Opinion_MIDDLETopOpinion
de la part de Francois Cardinal et de d’André Pratt. Pour ma part La Presse est discrédité.
Je suis tout a fait d’accord avec Catherine (commentaire sur le blog du québecois libre:
“Ce rapport est sorti en 2007.
Depuis 3 ans, on brandit ce rapport pour mettre en place des législations qui vont coûter des centaines de milliards tout en spécifiant que le débat est terminé.
Durant 3 ans, pas un seul journaliste a jugé bon de faire du “fact checking”. Durant 3 ans, le rapport du GIEC était la source ultime de vérité selon les médias. Ceux qui n’était pas d’accord était des méchants septiques à la solde des pétrolières.
Le comportement des journalistes depuis 3 ans est tout aussi scandaleux que les fautes du GIEC.
P.S. Dans son article Cardinal affirme: “La science se décline rarement en noir et blanc…”
Bordel… Ça fait combien d’année que les médias québécois couvrent les questions de réchauffement climatique en noir et blanc ”
Je dirais que ca fait encore plus longtemps, Kyoto date de 1997. Et c’est pas seulement les médias québecois, c’est un phénomène mondial. Ils ont dépassé mon seuil de tolérance au mensonge et ne peuvent plus prétendre a l’erreur de bonne foi.
Dans le segment radio de Christianne Charette les deux activistes (Francois Cardinal et le gars de la fondation David Suzuki) démontrent qu’ils ont pris connaissance de plusieurs scandales, mais qu’ils n’ont aucun scrupules a mentir pour faire progresser leur agenda politique.
remarquons que Steve Mc Intyre était un reviewer agréé du GIEC ce qui prouve qu’il n’est pas un scientifique de deuxième zone comme le laisserait entendre M cardinal et justement la poignée d’activistes du GIEC (et non des milliers) ont tout fait pour l’étouffer.
Un autre scientifique vient de faire sa réapparition, premier réfugié climatique éjecté de la météo néerlandaise pour opinion non conforme. Il s’agit du Pf tennekes
Deux pages dans de telegraaf, un des principaux quotidiens néerlandais http://medias.lepost.fr/ill/2010/02/19/h-20-1949286-1266575166.png
@yvesdemars
PapyJako a parlé de Tennekes dans un billet ici:
http://www.lepost.fr/article/2010/02/19/1949280_le-premier-refugie-climatique-en-cours-de-rehabilitation.html
A quand verra-t-on dans La Presse un article semblable? À Radio-Canada? Je suis peu optimiste de voir la presse populaire québécoise faire un quelconque mea culpa. On va simplement passer à autre chose en douce (eau potable vraissemblablement).
C’est la science qui en prend pour son rhume. Comment croire le prochain scénario catastrophique quand on nous dira que tous les scientifiques s’entendent…