Il n’aura pas fallu longtemps aux politiciens pour réagir à la lettre du député conservateur Maxime Bernier, qui défendait hier la position modérée du gouvernement Harper en lien à la lutte aux GES, et du coup s’affirmant climato-sceptique.
Selon Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois, M. Bernier agit sur commande, pour se faire du capital politique (séduire M. Harper) et espérer reprendre son siège perdu à la chambre des communes.
Le porte-parole du parti Libéral en matière d’environnement, David McGuinty, va aussi dans le même sens.
Du côté du Nouveau Parti Démocratique (NPD), Jack Layton croit que M. Bernier « ne comprend pas où est l’avenir énergétique du pays et semble croire que des investissements dans les sables bitumineux sont plus judicieux que dans les énergies renouvelables».
M. Layton: ce n’est pas ce qu’affirme M. Bernier dans sa lettre. Je suis climato-sceptique, et ne suis pas pour autant en faveur de l’exploitation des sables bitumineux (même si le CO2 produit ne m’inquiète pas).
Il est évident que les propos du député vont lui attirer des ennuis, et pourraient même lui coûter son poste. Il fait donc preuve de beaucoup de courage pour aborder ce sujet tabou, où ceux qui vont à l’encontre du courant sont encore perçus comme des monstres. Jim Prentice, ministre de l’Environnement, a d’ailleurs rapidement réagi en se dissociant des propos de M. Bernier.
Je salue donc cette sortie. M. Bernier a osé dire publiquement ce qu’une très grande partie de la population pense, mais sans tribune, ou craignant d’être pointé du doigt. Au fil des ans, les réchauffistes ont fait un grand travail médiatique pour discréditer les sceptiques du réchauffement par l’homme. Ceux-ci sont aujourd’hui souvent perçus comme des gens qui s’opposent aux mesures environnementales et qui sont à la solde des pétrolières, ce qui est tout à fait faux. Pour ma part, je me préoccupe du sort de l’environnement, délaissé au détriment d’une lutte inutile aux GES (on ne s’occupe pas des vrais problèmes pendant ce temps).
Même si l’on accuse un retard par rapport à de nombreux pays, la proportion de gens qui doute du rôle de l’homme sur le réchauffement climatique est en hausse, atteignant 39% au Québec et 48% au Canada en décembre dernier (voir sondage Angus Reid Global Monitor (pdf) – p.8).
Aux États-Unis, ce chiffre dépassait les 60% en octobre dernier (et ce, AVANT le ClimateGate et autres scandales!).
Un récent sondage au Royaume-Uni indiquent que 74% de la population n’adhère pas à la vision du réchauffement climatique anthropique (RCA).
Quand nos dirigeants ou nos évangélistes écolos nous laissent entendre que la très grande majorité de la population va dans leur sens, ils font de la désinformation et s’assurent simplement de ne pas laisser des voix comme la mienne ou celle de M. Bernier prendre place. Les gens préfèrent en général se conformer à la majorité, du moins publiquement.
Peut-être que la montée du scepticisme, les déboires du GIEC et le début d’ouverture à La Presse ont incité M. Bernier à se jeter enfin à l’eau? Il est, à ma connaissance, le premier politicien au Québec à défier la position de la pensée unique, et, espérons-le, ouvrira la porte vers un débat sur la question (ne serait-ce que reconnaître que le RCA ne fait pas l’unanimité), qui pour l’instant n’a pas lieu à cause du matraquage médiatique des groupes écologistes et la complaisance des médias.
Il suffit de lire les nouvelles à l’étranger (sur internet, pas dans nos journaux aseptisés!), pour constater que la théorie du RCA est mise à rude épreuve et que la crédibilité du GIEC perd des plumes.
Phil Jones (directeur du CRU, au coeur du ClimateGate), a récemment fait demi-tour et stipule maintenant que le réchauffement récent n’est pas statistiquement significatif par rapport à ceux du début du siècle, qu’il n’y a pas non plus de réchauffement depuis 1995, et que nous avons finalement peut-être connu un tel réchauffement dans le passé, soit l’Optimum Médiéval, jusqu’ici contesté par les réchauffistes (il avoue qu’il n’y a pas de consensus à cet effet).
La couverture de Radio-Canada se trouve ici.