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Collision d’icebergs

L’agence Associated Press rapportait récemment la collision entre deux icebergs au large de l’Antarctique, qui aurait eu lieu en février dernier (photos NASA ici).

Un gros iceberg (B9B) à la dérive en périphérie du continent austral serait entré en collision avec la langue d’un glacier (Mertz), provoquant la rupture d’un autre bloc également parti au large.

Il faut dire que nous sommes présentement dans le pic de la saison de fonte en Antarctique, à l’inverse de l’Arctique qui connait plutôt son pic en septembre.

Comme chaque année depuis des lustres, la fonte saisonnière se traduit par de gros morceaux de glace qui se détachent et qui partent à la dérive. Cette glace, faut-il le rappeler, se reforme à l’automne et le processus se répète. Pourtant, les journalistes en environnement nous rapportent toujours la nouvelle comme une première… un signe du réchauffement.



Rappel: Plaque de Wilkins

Cette histoire d’icebergs rappelle celle de la plaque Wilkins (Wilkins Ice Shelf), qui fait depuis 2 ans la manchette pour s’être détachée, un phénomène très rare selon le National Geographic, qui disait, en 2009:

[It's] an event we don’t get to see very often,” Ted Scambos, lead scientist at the U.S. National Snow and Ice Data Center in Boulder, Colorado, said in a press statement.

Un événement qu’on ne voit pas très souvent?
Et que dire de 2008? Pas besoin de remonter beaucoup en arrière… Et tant qu’à y être, pourquoi ne pas réutiliser la même photo? Voyez côte à côte la photo utilisée en 2008 dans le journal le Gardian, puis celle réutilisée en 2009 par MSNBC (source: WUWT).

Coïncidence? Et si au contraire cette plaque se détachait pratiquement chaque année, pour se reformer l’hiver qui suit?

Voyez par vous même ces photos qui montre la région sur plusieurs années : hiver (reformation de la plaque) et printemps qui suit (détachement de la plaque):


(source des images: WUWT)




Sur le site de Pensée-unique, on trouve un bonnet d’âne à cet effet, avec plus de détails.




De retour à nos icebergs…

Les blocs sont transportés par les courants marins et entrent occasionnellement en collision, comme ce fut le cas ici. Certes, le morceau était gros (97 km), mais cela n’a probablement d’exceptionnel que le fait d’avoir été observé, ce qui n’était pas possible jusqu’à tout récemment.

Il faut dire qu’on le surveillait depuis quelque temps, puisqu’en mai 2009 on avait remarqué une grande fissure dans le glacier Mertz, sans compter que l’iceberg B9B s’est détaché il y a 23 ans (c’est-à-dire en 1987 – et pas encore fondu!), oscillant autour depuis longtemps. On nous dira pourtant que ce phénomène est de plus en plus fréquent, même si nous n’avons que quelques années de données pour s’appuyer!

La nouvelle serait passée sous silence dans si ce n’était des propos accompagnateurs de scientifiques permettant de faire passer l’événement comme une catastrophe climatique, et du coup laisser le lecteur faire un lien de cause à effet avec le CO2 émis par l’homme.


La Presse

Tel que rapporté par La Presse (portion de l’article d’AP):

Ce phénomène pourrait entraîner une baisse des niveaux d’oxygène dans les océans de la planète, ont annoncé hier des scientifiques français et australiens.

Comment peut-on prétendre que ce minuscule bloc (à l’échelle planétaire) pourrait avoir un impact quelconque sur quoi que ce soit, autre que localement? Question d’avoir une idée de la taille, voici l’emplacement du glacier Mertz (à partir de saisies d’écran du reportage de BBC).

En lisant l’article complet d’Associated Press (AP), qui n’est malheureusement plus disponible sur Yahoo Actualités France (quoi qu’ici en anglais), on explique le phénomène d’oxygénation des courants par l’apport d’eau qui entoure les glaciers (les icebergs ralentiraient le processus). On va même jusqu’à dire que des régions des océans du monde pourraient perdre de l’oxygène et la vie qui s’y trouve mourra! Beaucoup d’impact pour un glaçon…

Au moins, une océanographe du BAS apporte un gros bémol, en indiquant que l’oxygène pénètre aussi ailleurs et que pour que ça devienne un problème, il faudrait que cela dure longtemps (décennies).

On lit aussi ceci dans l’article de La Presse:

Le nouvel iceberg contient environ l’équivalent de la consommation annuelle d’eau dans le monde.

Cette comparaison, bien que peut-être exacte, n’a pour but que de rendre la nouvelle plus alarmante. Certains y verront une menace pour nos réserves d’eau potable. N’ayez craintes, d’abord on ne s’y approvisionne pas (encore), et ensuite cette «perte» ne représente qu’environ 0.3% de ce qui a été gagné en superficie de glace en 2009 sur le continent (environ 1/5 de la plaque Wilkins, qui elle représente 1.5%), ou si vous préférez, 0.0002% du continent (14 millions de km2).


Journal de Montréal

Le Journal de Montréal (édition du 27 février 2010) en ajoute une couche, en produisant une page d’information sur les icebergs, intitulée « Un grand impact glacial ». Outre les contradictions de dates et mesures, on y trouve un beau schéma pour expliquer le phénomène aux néophytes. L’introduction mentionne ceci (également inclus dans la dépêche originale d’AP):

Il pourrait bloquer des courants océaniques qui fournissent un quart de l’eau froide et salée du monde, et perturber les modèles climatiques dans les années à venir

Voilà une belle porte de sortie pour les réchauffistes: les modèles étaient corrects, mais voilà qu’un iceberg a tout perturbé. C’est de sa faute si on s’est trompé dans nos prédictions :-)

Trêve de plaisanterie, le blocage des courants océaniques est bien prétentieux. C’est comme si la voiture de mon voisin restait en panne dans la rue et qu’on affirmait que cela pourrait bloquer tout le trafic du pays. Certes, il y aurait un petit impact local, mais il ne faut pas extrapoler gratuitement sans fondement.

On ajoute aussi, dans l’explication, des mots clés à consonance scientifique, comme «vent katabatique» et «polynie». Ça sonne sérieux, ils doivent savoir de quoi ils parlent, donc il faut s’inquiéter. Au secours! (Pour info, katabatique signifie un vent qui pousse vers le bas, et polynie une zone libre de glace au milieu d’une banquise)


État de la glace

Et alors, l’Antarctique est-il en train de fondre? C’est du moins ce que l’on pourrait croire en lisant entre les lignes de cette dépêche d’Associated Press. Pourtant non.

Voici l’état de la glace en ce moment. La première image montre l’anomalie par rapport à la moyenne 1979-2000, démontrant que nous avons généralement plus de glace que la moyenne depuis une vingtaine d’années. La seconde image montre l’étendue actuelle (quotidienne), qui est pas mal égale à la moyenne 1979-2000.

Cliquez sur celles-ci pour actualiser.


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4 Réponses à “Collision d’icebergs”

  1. voir sur le m^me sujet (l’Antarctique) la NSIDC reconnaît que la température de l’Antarctique a baissé et que la banquise s’est étendue

    http://wattsupwiththat.com/2010/03/08/nsidc-reports-that-antarctica-is-cooling-and-sea-ice-is-increasing/

    notons que la déclaration officielle est quand même embarrassée elle relativise car il a aussi des zones en réchauffement -mais moins étendues- , et elle attribue cette évolution à la couche d’ozone, allez savoir pourquoi ???

  2. les photos GARDIAN et MSNBC viennent d’etre récupérées par sciences et av…. page 40 avec un titre de chapitre: “des vagues du pacifique contribueraient à briser la glace en Antartique”

  3. @nenesse 17
    J’imagine que vous parlez du magazine «Sciences et Avenir»?
    La version en ligne ne montre pas le photos, et on y trouve encore le numéro de février. J’irai donc en kiosque pour valider l’info et mettre la photo si ça se trouve.

    Cela dit, j’ai parcouru rapidement le numéro de février 2010 en ligne (http://sciencesetavenirmensuel.nouvelobs.com/hebdo/parution/p757/), et à la lumière de ce que j’ai lu, je ne serais pas surpris de voir cette récupération de photo, tellement le magazine est partisan.

    Pour une revue de science, on peut dire qu’ils traitent le climat de façon très peu scientifique. On croirait lire une brochure de la WWF.

  4. @nenesse 17
    J’ai regardé le dernier numéro (mars 2010) de Sciences et Avenir en quiosque, et n’ai rien trouvé à cet effet. J’ai la bonne revue?

    Si oui, y aurait-il une version différente entre celle en Europe et celle à l’étranger?

    Merci de m’éclairer…

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