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Réinventer l’Optimum médiéval – par Martin Gravel

Il y a quelques jours, dans mon billet sur les XXGates, j’ai invité les gens à me soumettre des articles pour les publier sur mon blogue, question de couvrir davantage le sujet et offrir divers points de vue. C’est ce qu’a fait Martin Gravel, qui livre ici un premier billet à titre d’invité. Celui-ci porte sur l’impact du GIEC en regard de la période chaude médiévale (traduction d’un article de Frank Lansner).

Ayant trouvé le sujet fascinant, j’ai scruté le précédent article de Lansner, qui à mon avis mérite de s’y attarder pour bien comprendre le contexte.

J’en ai fait une traduction ici: Question de proxy!, que je vous invite à lire d’abord.



Réinventer l’Optimum médiéval, par Martin Gravel



Bonjour, je m’appelle Martin Gravel. Il y a quelques années, je me suis intéressé au soi-disant consensus climatique. Ce que j’ai découvert m’a vraiment surpris, et est en grande partie expliqué sur ce blogue. Je suis d’avis qu’Yves Pelletier a fait du très bon travail, alors j’ai décidé de lui donner un petit coup de main.

Je ne dis pas que brûler des combustibles fossiles ne fait aucune pollution, mais le CO2 n’en fait pas partie.

Voici ma traduction (parfois libre) d’un billet paru sur www.hidethedecline.eu, par Frank Lansner :

Changement d’interprétation de la période chaude médiévale par le GIEC en 2001 – est-ce que cela a eu un impact sur les résultats subséquents?





Il est parfois matière à débat pourquoi le GIEC a modifié les valeurs de la période médiévale chaude… (voir figure 1 ci-contre)

  1. Est-ce que l’interprétation de l’optimum médiéval pré-2001 était simplement « erronée »?

  2. Lorsque le GIEC a lancé sa nouvelle interprétation en 2001, est-ce que cette interprétation était représentative de la majorité de la littérature scientifique?

  3. Quelles sont les valeurs de l’optimum médiéval admises aujourd’hui?

  4. Comment expliquer le changement d’interprétation de l’optimum médiéval par le GIEC en 2001?

La figure 2 à droite montre les donnés de 54 études (la plupart revues par des pairs), divisé en deux groupes :

Observations
  1. Premièrement, les deux ensembles de donnés montre l’optimum médiéval plus chaud qu’aujourd’hui. Cela est partiellement dû au fait que Frank Lansner a choisi de n’inclure que les études utilisant au maximum 15 % de donnés de températures déduites à partir des troncs d’arbres.

    Les quelques études dépendant principalement de la déduction de la température par troncs d’arbre, ici exclus, sont fréquemment utilisées par le GIEC : le fameux graphique en crosse de hockey.

  2. Deuxièmement, l’optimum médiéval pour le groupe 1976-2000 (vert) est deux fois plus chaud que celui du groupe 2001-2009 (bleu).

Ce sont des résultats surprenants. De plus, l’écart entre le groupe 1976-2000 (vert) et la crosse de hockey du GIEC est encore plus grand.

Il est difficile d’expliquer ce changement de résultats juste par la date de parution des études. Donc, Lansner déduit qu’il y a eu des avancés scientifiques concernant l’optimum médiéval après 2001…

De plus si on compare le graphique 1976-2000 (fig. 2, en vert) avec le graphique du GIEC 1990-2001 (fig. 1), surprise les deux graphiques concordent parfaitement. Donc probablement en 2001 le graphique du GIEC sur l’optimum médiéval faisait état d’un vrai consensus. Dans ce cas :


Comment le GIEC a pu publier le graphique en crosse de hockey et ignorer le consensus existant en 2001?




En effet plusieurs études on confirmé l’opinion du GIEC- graphique en crosse de hockey, principalement venant des troncs d’arbres, mais est-ce que le GIEC a pu voir dans le futur? Ou est-ce que le GIEC savait quels seraient les résultats des études subséquentes sur l’optimum médiéval?

En effet si les enseignements du ClimatGate s’avèrent fondés, ça pourrait bien expliquer comment le GIEC pouvait connaitre les résultats d’études à venir.


En conclusion

Ce que je trouve intéressant dans cette étude c’est que Frank Lansner avait probablement un sérieux doute sur la soudaine disparition de l’optimum médiéval et ce bien avant le ClimatGate. Évidemment, il a soupçonné les proxies utilisés. Par cette étude, il démontre clairement la disparité des résultats en fonction des proxies même en supposant que les études du GIEC & cie auraient été produites selon des standards scientifiques rigoureux.



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12 Réponses à “Réinventer l’Optimum médiéval – par Martin Gravel”



  1. Merci Martin!

    Ainsi, le GIEC aurait, en 2001, misé davantage sur des proxies à base de cernes d’arbres, qui masquent la période chaude médiévale (Optimum Médiéval). En utilisant une plus grande diversité de proxies comme ce fut le cas auparavant, et en limitant le nombre en lien aux cernes d’arbres (puisqu’ils ne sont pas de bons indicateurs de température), on obtient une courbe similaire à ce qui était largement reconnu avant 2001, et en concordance avec les observations d’époque (peintures, cahiers de bord de navigateurs, livres…).

    Le GIEC aurait-il vu dans le futur? Je pense que cette stratégie (sélection de proxies) a permis au GIEC de renforcer son message alarmiste, et étant donné le cercle fermé de climatologues qui ont une influence au GIEC, on peut croire qu’il y a eu une forte influence pour privilégier ce genre de proxy. Ainsi, après 2001, plusieurs paléoclimatologues se sont tournés vers les proxies d’arbres (les autres ont peut-être eu plus de difficulté à percer dans les revues scientifiques?), avec les résultats qu’on connait: disparition de l’Optimum Médiéval et de la période de miniglaciation.

    Quand un proxy est en opposition aux autres qu’il comporte des risques élevés de mauvaise interprétation en lien avec sa sensibilité à des facteurs autres que la température, il faudrait l’utiliser avec précaution.

    Le GIEC a subtilement rejeté la courbe en crosse de hockey dans son dernier rapport (basées sur les travaux de Mann avec des cernes d’arbres), sans fournir la moindre explication. Outre la manipulation de données révélée par le ClimateGate, on pourrait y trouver une explication dans le choix de proxies erronés.

    La science évolue, elle doit reconnaitre les erreurs et y remédier, non les cacher…

  2. “Deuxièmement, l’optimum médiéval pour le groupe 1976-2000 (vert) est deux fois plus chaud que celui du groupe 2001-2009 (bleu).”

    Cette phrase ne s’appliquerait-elle pas au premier diagramme?

  3. @ Twinsal
    Ce qu’il faut comprendre, c’est que pour la courbe verte (1976-2000), on observe une différence entre la période médiévale (autour de l’an 1000) et les températures actuelles qui équivaut à peu près au double de la différence observée pour la courbe bleue (2001-2009).

    Verte: 0.5 degré plus chaud qu’aujourd’hui à l’an 1000
    Bleue: 0.25 degré plus chaud qu’aujourd’hui à l’an 1000

    On pourrait sans doute appliquer cette observation au 1er diagramme aussi, mais la remarque était effectuée, par l’auteur (Lansner), sur le second diagramme.

    Notez que le second diagramme représente une moyenne de 54 proxies choisis, et que le premier diagramme représente la version officielle du GIEC pré-2001 (basée sur divers proxys) et post-2001 (basée sur des proxies majoritairement liés aux cernes d’arbres).

  4. @Twinsal
    Heureux de voir que tu as une question de qualité, en fait, je crois qu’il serait plus juste de dire : le Δt en degré est deux fois plus élevé (c’est à dire la différence de température en degré).

  5. Ce diagramme n’est pas intuitif du tout. Il semble, si j’ai bien compris, que l’échelle des températures a été normalisé à celle de l’an mille. Le zéro sur ce diagramme correspond à la température à l’an mille et les anomalies sont comptés en + ou en – par rapport à cette température de référence. Or, les 2 courbes (verte et bleue) sont à 0 à l’an mille. Ce n’est qu’au minimum du petit âge glaciaire que l’on retrouve effectivement un deltaT de 0.5 K.
    Si j’ai correctement interprété ce diagramme, il apparait que la conclusion 2 est inexacte.

  6. Non, tu l’as aussi en l’en 2000, et semble légèrement plus grande qu’un facteur de deux. Si on compare le graphique fig.2 ligne verte et la fig.1 ligne rouge (giec pré 2001) les deux graphiques donne une différence en 2000 d’envion 1/2 degré.

  7. Alors que la ligne bleu en 2000 est plus proche du 0 que du .5.
    Il faut comprendre que cet article est une traduction d’une traduction, Frank Larsner étant danois et est possible que la
    traduction ne reflète pas entièrement ce qu’il veux dire.

    “Second we see a MWP for group 1) 1976-2000 more than twice as warm compared to recent years as group 2) 2001-2009. A significant, and for me surprising finding.”

    Personnellement je n’utiliserais pas le terme deux fois plus chaud n’est pas des plus précis.

    J’espère que c’est plus claire maintenant.

  8. “Second we see a MWP for group 1) 1976-2000 more than twice as warm compared to recent years as group 2) 2001-2009. A significant, and for me surprising finding.”

    Je traduirais ceci de la manière suivante:

    Nous voyons pour le MWP que le groupe 1 (1976-2000) est plus de 2 fois plus chaud que la période récente, tout comme le groupe 2 (2001-2009)…..

    En effet, comme ça, c’est plus claire.

  9. @Twinsal,
    Le groupe 1 n’est pas 2 fois plus chaud que la période récente (ni le groupe 2). Par exemple, si on calcule que la température actuelle est de 15 degrés, elle n’était pas de 30 degrés à l’an 1000… C’est la DIFFÉRENCE de température entre l’an 1000 et aujourd’hui qui est 2x plus grande pour le groupe 1-vert (0.5) que le 2-bleu (0.25). Cette différence est encore plus marquée pendant la miniglaciation (1.1 vs 0.4, soit 2.75x).

    On ne peut pas dire «tout comme le groupe 2», car le but de cet article est justement de montrer que le groupe 1 et 2 a une grande différence de delta avec aujourd’hui.

  10. J’avais bien compris mais ma traduction reflète je pense ce que l’auteur a dit, et comme l’a fait remarquer Martin, fort mal dit. Mais, elle met en lumière que les comparaisons sont faites entre l’an mille et l’an 2000. A l’an mille les 2 courbes sont normalisées à 0.

  11. J’ai demandé à Frank Larsner de clarifier, voici sa réponse:

    The group (1976-2000-data) shows MWP around 0,5-0,55 K warmer than today.

    The group (2001-2009-data) shows MWP around 0,2-0,25 K warmer than today.

    And the 0,5K is around twice 0,25K – did this help :-) ?

    K.R. Frank Lansner

    Voila.

  12. @Martin,
    Merci pour la clarification. Belle démarche!

    Cela confirme notre interprétation, et qu’effectivement la formulation n’était pas des plus claires :-)

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