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La chasse aux sorcières de Guilbault

Dans sa dernière chronique du journal Metro, Steven Guilbault s’attaque aux climato-sceptiques. Le méchant Harper aurait nommé 3 «sceptiques climatiques» au conseil d’organismes qui allouent des fonds à la recherche scientifique depuis 2006… Vite, aux barricades!

Comme je suis visé par cette chronique, permettez-moi d’y répondre…


D’abords les faits: le gouvernement conservateur a récemment décidé de ne pas renouveler les fonds consacrés à la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l’atmosphère (FCSCA).

Selon M. Guilbault, si le cours des choses ne change pas, on assistera aussi à la disparition du Centre pour l’étude et la simulation du climat à l’échelle régionale de l’UQAM.

On appelle «sceptiques climatiques» ceux qui remettent en cause la réalité des changements climatiques

Le terme plus juste serait anthropo-carbo-climato-sceptique. Comme la plupart des gens visés par ce terme, ce que je remets en doute est le rôle prépondérant des émissions de CO2 par l’homme sur le réchauffement climatique (voir ici les failles de la théorie d’effet de serre).

La « réalité des changements climatiques »? Il est vrai que le climat change, comme il l’a toujours fait. Personne ne le nie, encore moins les climato-sceptiques (ce sont les scientifiques du GIEC qui ont éliminé les fluctuations du climat au cours du dernier millénaire, pour faire croire que celui-ci ne changeait pas – la fameuse courbe en crosse de hockey). Si vous entendez par là la certitude que l’homme est responsable en grande partie des changements, cela relève de la foi bien plus que de la science. De toute façon en science, rien n’est certain à 100%.



Du point de vue de la science des changements climatiques, ces nominations sont l’équivalent de confier la garde du poulailler à une bande de renards!

Et que dire du fait que ce soit un organisme politique (ONU/GIEC) qui chapeaute et contrôle la science du climat?

Non pas que je prône la pensée unique dans le monde de la science, au contraire. Il peut et il doit y avoir une diversité de vues, en particulier quand il s’agit d’une problématique aussi complexe. Cependant, il faut se garder d’être naïf dans ce dossier : ce dont il s’agit ici, c’est de nommer des gens s’opposant aux grands consensus scientifiques qui affirment la réalité, la vitesse et la gravité des changements climatiques, en plus d’en attribuer la responsabilité principale à l’activité humaine.

Cette affirmation est malhonnête ou hypocrite. M. Guilbault, vous prônez haut et fort, depuis longtemps, la pensée unique en matière de réchauffement. Votre contribution publique sur le sujet (web, télé, journaux, radio…), contribue largement à étouffer le débat sur la science du climat, et à polariser la vision du phénomène.

Vous traitez du sujet comme d’une religion. Or il ne s’agit pas de croire ou non, il s’agit de valider, par la science, des hypothèses, afin de prendre des décisions éclairées.

« Diversité des vues »? Comment expliquer que le journal Métro n’expose JAMAIS une autre vision que la vôtre sur les changements climatiques? Pourtant, ce ne sont pas les travaux qui manquent, dont ces 500 publications scientifiques. Même les autres journaux de masse d’ici, bien que partisans de la pensée unique, publient ici et là des articles qui montrent d’autres travaux, d’autres hypothèses.

La menace d’apocalypse que vous prêchez, basée sur des modèles embryonnaires qui ne savent tenir compte de la formation des nuages, des flux cosmiques, des cycles solaires, océaniques et même orbitaux, et qui ne peuvent expliquer ou refléter les variations observées, parce que concentrées sur le CO2, s’apparente au dogme bien plus qu’à la science.


« Les ordinateurs permettent à un mauvais modèle d’être précisément faux »
- William Gray, spécialiste des ouragans.



La première qualité d’un scientifique est d’être critique. Il faut considérer les autres options, il faut démontrer ses conclusions, accepter d’être mis au défi. Nous savons que le climat a connu depuis toujours des fluctuations importantes, incluant des périodes plus chaudes qu’aujourd’hui, sans pour autant que l’homme ne puisse en être la cause. Or voilà qu’une hypothèse, motivée par le désir de contrôler la consommation énergétique, entre en jeu et vient tout bousculer. Le réchauffement récent n’a rien à voir avec le passé, c’est le CO2 émit par l’homme! Il faut démontrer cette hypothèse sérieusement, et jusqu’ici on attend toujours.


« La croyance forte ne prouve que sa force, non la vérité de ce qu’on croit. »
-Nietzsche



Concernant votre « grand consensus », il faudrait peut-être que vous lisiez autre chose que les rapports pour décideurs du GIEC. D’abord, le nombre de spécialistes n’est que de quelques dizaines, et ils n’adhèrent pas autant à l’idée qu’on voudrait le croire. Leurs incertitudes sont ignorées et les fonctionnaires de l’ONU qui rédigent les résumés ne vont pas toujours dans le sens de leurs travaux, au point où plusieurs ont quitté le GIEC. Les membres ne sont pas appelés à voter, le consensus est en fait la voix du GIEC, qui clame haut et fort représenter plus de 2500 scientifiques (alors que ce chiffre inclus pour la plupart des non-experts).

La communauté scientifique est divisée sur le sujet. Si l’on considère que l’argent coule à flots dans le camp des carbocentristes (réchauffistes) par, notamment, les subventions gouvernementales (rien qu’aux É.-U., 1000 x plus que ce qu’Exxon – le « méchant » – a fourni à des études qui vont en sens contraire), on peut imaginer que bon nombre d’entre eux adoptent cette vision simplement pour avoir des sous. Vous le démontrez d’ailleurs ci-haut pour le FCSCA, dont l’existence dépend du gouvernement. À l’instar des groupes écologistes, les scientifiques se doivent d”être alarmistes pour avoir des sous.

À force de concentrer nos efforts sur le CO2, on passe à côté des phénomènes naturels qui s’opèrent depuis toujours. On aurait intérêt à diversifier nos travaux. Par exemple, mieux comprendre la relation entre l’activité solaire et le climat, comme le projet CLOUD, en cours au CERN à Genève. Cela pourrait nous aider à mieux prévoir le climat et s’y adapter (par exemple, plusieurs physiciens croient que nous pourrions connaitre une période de froid prochainement en lien au 24e cycle de faible intensité). Nous avons beaucoup plus à craindre du froid que du chaud.

Et surtout, pendant que nous n’avons que des yeux sur le CO2, on oublie les problèmes actuels comme la pollution, l’eau potable, la destruction de milieux naturels, les maladies… toutes mises au rancart. Ces problèmes ont lieu aujourd’hui, pas hypothétiquement dans 50 ou 100 ans, selon des modèles qui ne savent pas prédire quelques mois.


Pour contrer cette offensive antiscience, je vous invite à signer ainsi qu’à faire circuler la pétition Le climat importe lancée par une vingtaine d’étudiants.

Offensive antiscience? Vous n’avez manifestement rien compris aux revendications des climato-sceptiques, ou vous faites la source oreille. Ces propos relèvent de la pure propagande. Au contraire, nous demandons de remettre la science, critique et objective, en avant-plan, pas comme pseudo-support à des idéologies. Les enjeux financiers et environnementaux sont énormes, il faut savoir si nous faisons fausse route ou non.

M. Guilbault, dans votre prochaine chronique, pourquoi ne pas tenter de démontrer scientifiquement que le CO2 fait augmenter la température du globe. Cela serait plus utile que de dénigrer les gens en quête de preuves.

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12 Réponses à “La chasse aux sorcières de Guilbault”

  1. Il fait comme le GIEC, au lieu de prouver son point (ce dont il est incapable), il dénigre ses opposants.

    Et qu’est-ce qu’il connait à la science, avec son bac en théologie même pas complété?!

    La plupart des scientifiques sont du côté des sceptiques, alors que l’autre côté ce sont des écolos-religieux. l’anti-science ce sont les écolos qui la font. C’est justement ce qui a fait de moi un sceptique, de voir toute cette fausse science utilisé pour promouvoir un point qui n’est en rien scientifique, puisque la vraie science montre que les changements actuels, tout comme ceux du passé, sont dus à des cycles naturels, et non pas au CO2.

  2. 1) ” … le gouvernement conservateur a récemment décidé de ne pas renouveler les fonds consacrés à la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l’atmosphère (FCSCA)… ”

    2) ” … on assistera aussi à la disparition du Centre pour l’étude et la simulation du climat à l’échelle régionale de l’UQAM …”

    Etant donné que les bonnes nouvelles sont une denrée rare, il est tout à fait dommage de les gaspiller en en livrant deux d’un coup.

    A moins que cela ne fasse partie d’un lot qui nous sera livré par morceaux dans les jours qui viennent ?

  3. A part ma réaction d’humeur ci-dessus, j’ai trouvé cet article très intéressant. Merci à Yves Pelletier.

  4. Il semble que la FCSCA soit un nid réchauffiste, à la lecture du rapport annuel et de la lettre au premier ministre (Paul Martin -2005) la FCSA prends les prémisses du GIEC comme argent comptant.
    “Il y a maintenant de plus en plus de preuves indéniables que les changements climatiques s’opèrent au Canada et partout dans le monde. Au cours du siècle dernier la moyenne annuelle de la température mondiale a augmenté de 0,6 degré et qu’elle est plus élevée qu’elle ne l’a jamais été depuis un millénaire.”
    -Gordon McBean Président du conseil d’administration de la FCSCA
    http://www.cfcas.org/PMletter_Report%20to%20Canadiansf.pdf

    Maintenant regardons les recherches qu’ils ont financés.

    Effets potentiels des changements climatiques et des anomalies climatiques sur les ressources hydriques de l’Ouest du Canada : options en matière d’adaptation et réduction de la vulnérabilité
    Thian Yew Gan, Université de l’Alberta (130 000 $ sur deux ans)
    Les changements climatiques au Canada entraîneront une augmentation de la pression exercée sur les ressources en eau qui s’amenuisent. Ce projet étudiera la formation des anomalies hydrologiques, en particulier les pénuries d’eau, dans l’Ouest canadien sous l’influence de phénomènes climatiques comme El Niño. Il s’appliquera également à déterminer les impacts économiques de ces pénuries – information que peuvent utiliser les décideurs pour en gérer les répercussions.

    Rétroaction de la végétation aux changements climatiques sous les hautes latitudes
    Katrin Meissner, Université de Victoria (139 000 $ sur deux ans)
    Pays nordique, le Canada connaîtra plus que bon nombre d’autres pays un réchauffement de son climat par suite de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Par ailleurs, il est doté de vastes étendues de forêt qui pourraient perturber le cycle mondial du carbone sous l’effet des changements des sources et des puits naturels, avec augmentation des risques d’incendie ou d’infestation de ravageurs. Ce projet améliorera les connaissances sur la transformation future des forêts canadiennes en réaction aux changements climatiques. Ces connaissances serviront à élaborer des outils plus perfectionnés et plus exacts pour les décideurs.

    Contrôles de la variabilité des eaux douces et océaniques sur l’absorption de CO2 et l’acidification océanique dans la zone du plateau continental de l’Est du Canada
    Helmuth Thomas, Université Dalhousie (199 625 $ sur deux ans)
    Dans le Canada atlantique, la pêche représente un mode de vie et une ressource d’importance vitale qui sont menacés par les pressions exercées sur la récolte halieutique et la hausse des concentrations atmosphériques de CO2 qui rend les océans de plus en plus acides. À partir d’observations et d’outils de modélisation, ce projet fournira des connaissances essentielles sur l’état du système du CO2 sur la plate-forme Scotian.
    * Certains pensent que si la campagne anthropo-carbo-climat échoue, la prochaine peur seras celle de l’acidification des océans.

    Qualité de l’air au Canada dans les climats passés et futurs, dans un contexte mondial
    John McConnell, Université York (200 000 $ sur deux ans)
    La mauvaise qualité de l’air est dommageable pour la santé humaine et peut également avoir des effets nuisibles sur les animaux, l’agriculture et la foresterie. Ce projet étudiera les changements passés et futurs de la qualité de l’air et leurs incidences sur les humains, les cultures et les forêts. Il examinera également l’impact sur la qualité de l’air arctique de l’augmentation de la navigation commerciale par suite de la disparition de la glace en été dans l’Arctique. Il évaluera les changements probables de la qualité de l’air au Canada et à l’échelle de la planète au cours des 50 prochaines années.

    http://www.cfcas.org/annualrpt0809f.pdf

    À la lecture des projet de recherches qui ont été financé, ça donne du poids à l’argumentaire que les scientifiques à la cherche de financement, mettre leur projets de recherche en lien avec les changement climatique.

  5. oups, on devrait lire 0,6 degré et non 0.6%.
    [C'est corrigé. J'ai aussi enlevé les «retour chariot» inutiles :-) ] – Yves

  6. @PapyJako
    Hahaha… Vous serez content d’apprendre que dans le journal Métro d’aujourd’hui, on indiquait qu’environ 50% des groupes écologistes avaient disparu…

    En 2003, quelque 600 groupes écologistes étaient actifs au Québec. Depuis, leur financement a fondu, et la moitié d’entre eux sont disparus. Les groupes écologistes ne sont aujourd’hui plus que 300 dans la province

    600? Ce n’est pas excessif pour une province? Même 300 je trouve ça encore très élevé… Ils font quoi? Notons que cette fois on parle de coupures au provincial (Charest), et non au fédéral (Harper).

    Je ne ferai pas de billet supplémentaire pour ça, mais ça valait une mention :-)

  7. @Martin,
    « Il semble que la FCSCA soit un nid réchauffiste…»

    Selon cet article paru un peu avant celui de Guilbault (toujours sur la même nouvelle):

    Plus de 40 chercheurs financés par la fondation ont aussi contribué à des rapports publiés par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

    Je ne me rappelle plus dans quel livre, mais j’ai lu il y a quelque temps que parmi la vingtaine de modèles utilisés par le GIEC, le plus alarmiste de tous vient du Canada.

    Je ne sais pas si le FCSCA a quelque chose à voir ou non avec la modélisation, mais chose certaine le Canada contribue au réchauffement et son alarmisme, non pas via l’ajout de CO2 en Alberta, mais avec un modèle non réaliste, de nombreuses études de la Fondation David Suzuki, l’unique station météo au nord du 65e parallèle, l’effet El Nino qui se traduit en chaleur ici depuis quelques mois, 300 groupes environnementaux et autres ONGs (comme Oxfam-Québec) qui se tournent vers le réchauffement pour avoir leur part du lion, des propos alarmistes en provenance de Steven Guilbault (Équiterre), Karel Mayrand (Fondation Suzuki), Jean Charest (Premier ministre) et Line Beauchamp (ministre de l’Environnement)…

    Quand on va redescendre les pieds sur Terre, on va faire refroidir la planète un peu :-)

  8. @Yves Pelletier

    Vous dites, à propos de la tragédie qui frappe les écolos Québécois

    ” … Je ne ferai pas de billet supplémentaire pour ça, mais ça valait une mention :-) …”

    Moi, si, je l’ai fait !…

    http://www.lepost.fr/article/2010/03/25/2004600_la-biodiversite-est-menacee.html

  9. Merci :-)

  10. Pas besoin d’une réplique sceptique, il y a déjà plein de pub de «chars» dans ce quotidien.

  11. @l’engagé
    Je ne saisis pas votre commentaire. Vous considérez les pubs de voitures comme une réplique?

  12. Le théologien Guibault prêche de plus en plus dans le désert. En tout cas, ça va lui donner du temps pour construire son temple vert avec les 27 millions quêtés ça et là y compris le gouvernement du Québec (7 millions), L’Hydro-Québec ( le terain de 1,3 million) et les sacs en plastique de Rona (Rona donne 750,000$)et Bell (250,000$).

    Le même Guilbault qui se scandalisait de ne pas avoir des $$$ du fédéral pour son édifice vert, lui qui gervpbe à volonté sur Harper par pure partisannerie.

    Que ce nid à carbo-centratristes aient perdu leurs subventions n’empêche pas le gouvernement Harpoer d’agir dans la capture du carbone où il est devenu un leader…

    J’ai regardé la liste des subventionné actuels et ce n,est pas tellement pertinent à une action maius à créer ecore des études pour alimenter d’autres études.
    Tiens amusez-vous à regarder à quoi vont servir ces subventions au FCSCA et voius comprendrez que le gouvernement a pris une bonne décision.

    http://www.fcsca.org/round7fundedf.htm

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