Ce billet est la suite de «LaPresse : Les leçons du ClimateGate (1ère partie)», qui se veut une réponse à un article publié dans le journal LaPresse le 8 mai dernier: «Climategate: les leçons sont ailleurs».
L’article de LaPresse tente de minimiser l’impact du ClimateGate en rappelant que 3 enquêtes ont blanchi les scientifiques impliqués, et que par conséquent rien ne doit être remis en question, si ce n’est que faire preuve de plus de transparence.
Ma réaction se compose de plusieurs parties, chacune portant sur un thème différent, en lien avec l’article original. Chaque partie peut être lue indépendamment des autres :
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (1ère partie)
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (2e partie – les courriels) – le présent billet!
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (3e partie – le code)
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (4e partie – le journal de bord)
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (5e partie – le 4e rapport du GIEC)
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (6e partie – les enquêtes)
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (7e partie – conclusion)
[Mise-à-jour 17 mai 2010 - 23h] :
J’ai ajouté une traduction libre des courriels à la suite de chaque extrait en anglais.
Voici un extrait de l’article de LaPresse (qui reprend une nouvelle de l’Agence Science Presse):
Contrairement à ce qu’affirme l’article, ce sont plusieurs dizaines (sinon centaines?) de courriels qui soulèvent des doutes profonds sur la rigueur scientifique et l’objectivité des scientifiques impliqués.
Voyons un peu, mais d’abord un petit rappel des faits.
Le 19 novembre 2009, des documents confidentiels en provenance du «Climate Research Unit» de l’Université d’East Anglia (CRU) ont été rendus publics. On y trouve 1073 courriels (de 1996 à 2009) et des bouts de code de programmation en lien au climat, regroupés sous un fichier nommé FOIA.zip.
Les textes montrent des pratiques frauduleuses de la part des scientifiques les plus influents en climatologie, ceux dont les travaux servent aux rapports du GIEC, donc de base à l’hystérie planétaire en matière de réchauffement.
Voyez mon billet original, lors de la sortie du scandale: «Scandale : Une bombe explose dans les rangs du GIEC!», qui fourni plus d’infos.
L’affaire est si grosse, qu’elle est rapidement baptisée ClimateGate, pour rappeler le scandale du WaterGate. Les médias de masse, complices du dogme du réchauffement anthropique depuis longtemps, ignorent superbement l’affaire et tentent même de la cacher. C’est sur internet que la nouvelle se propage, et mène à la découverte de nombreuses irrégularités.
Au pied du mur, certains médias se voient contrés de traiter l’affaire qui prend de l’ampleur (sur le web), ne serait-ce que pour l’étouffer, comme le fait encore cet article de l’Agence Science Presse (via LaPresse).
Pour ceux qui s’intéressent à la chronologie des événements entourant la publication des courriels, voyez ce billet de Steve McIntyre. La première idée qui vient à la lecture de cette reconstruction des événements est… À quand le film?
Les médias et les principales victimes clament haut et fort qu’il s’agit d’un acte de piratage. La victimisation est mise à l’avant-plan pour détourner l’attention du contenu, et possiblement rendre celui-ci non recevable en court. Mais est-ce le cas?
Selon l’analyse d’experts, il est pratiquement certain qu’il ne s’agit pas de l’infiltration d’un pirate informatique, mais bien d’une fuite interne (volontaire ou non).
Les documents ont été assemblés à partir de plusieurs ordinateurs par quelqu’un qui s’y connait en climatologie, qui connait les joueurs impliqués et qui aurait placé les documents sur un serveur ou un seul ordinateur, vraisemblablement en réponse à une requête de Freedom of Information (ROI) ou encore simplement quelqu’un qui en avait assez. Aucun des 1073 courriels n’a été revendiqué comme faux.
Les documents ont-ils été découverts par hasard sur le serveur du CRU, ou a-ton fournit l’information à quelqu’un de l’externe qui sait comment récupérer l’info sans laisser de traces? Le mystère demeure.
Au Canada, lorsqu’un employé divulgue des informations d’intérêt public de son employeur (corruption ou autre), il est protégé par la loi. Ce comportement est même encouragé.
Pourtant, dans le cas du ClimateGate, bon nombre préfèrent mettre l’emphase sur l’acte criminel, dont Élizabeth May (chef du parti Vert du Canada). On réclame l’emprisonnement du pirate (puisqu’on écarte l’hypothèse du délateur), et du coup on veut rejeter les documents, qui auraient été obtenus illégalement…
Si les documents avaient été en faveur du camp adverse (par exemple, des preuves accablantes du réchauffement anthropique), croyez-vous qu’on aurait le même discours criminel? Que la nouvelle resterait aussi secrète? Moi pas.
Les courriels du ClimateGate sont disponibles depuis le site http://www.eastangliaemails.com, lequel inclus un engin de recherche et la liste chronologique des courriels. Il s’agit en quelque sorte de la référence officielle.
Vous trouverez des extraits ici et là sur le web, dont certains traduits en français (j’en parlais ici), mais c’est probablement en lisant le document PDF de Jonh Costella (The ClimateGate Analysis) que vous trouverez la meilleure source d’info sur le sujet, c’est-à-dire avec une présentation chronologique, des extraits de centaines de courriels avec mise en contexte, une coloration du texte par auteur pour navigation rapide, et un hyperlien vers le courriel original à chaque fois.
Le site de Costella inclus également un lien vers le fichier de 62MB qui contient les 1073 courriels (en fichiers .txt) et autres documents (incluant des codes de programmation dont il sera question dans la 3e partie de ce billet).
Vous pouvez également vous procurer le livre: CLIMATEGATE – The Crutape Letters, qui apparemment fait un travail similaire (je ne l’ai pas lu).
Certes, l’«astuce pour cacher le déclin», qui a été largement médiatisé (toute proportion gardée, puisque le ClimateGate n’a presque pas eu d’échos dans la presse populaire), pourrait à première vue être prise hors contexte et ne pas vouloir dire grand-chose.
C’est du moins ce qu’on veut nous faire croire, surtout en omettant la phrase complète, qui indique pourtant bien la juxtaposition des températures observées à celles utilisées, afin de remplacer la portion post 1960- qui montre un déclin.
Les médias ne se sont qu’attardés au mot «astuce» (trick), qui peut avoir plusieurs significations quand on le prend hors contexte.
Or, d’autres courriels, en plus des informations disponibles AVANT le scandale permet de mettre cette populaire phrase en contexte, un effort que les journalistes partisans refusent de faire, trop préoccupé à étouffer l’affaire, comme c’est le cas dans cet article d’ASP.
Tel qu’expliqué par Steve McIntyre (au moins une dizaine de billets à cet effet, dont celui-ci), l’astuce consiste à remplacer la température calculée à partir des cernes d’arbres (dendrochronologie) par celle des thermomètres pour la période de 1960 à aujourd’hui, afin de cacher le déclin observé par les arbres à partir de 1960. PapyJako y avait consacré un billet: Le voleur de l’optimum médiéval a enfin été confondu!
Plus précisément, il y a un (1) arbre, YAD061, qui va dans le sens des thermomètres (le seul arbre qui supporte la théorie!), une histoire qui fera l’objet d’un prochain billet.
Encore plus incriminants sont les nombreux courriels de Phil Jones (directeur du CRU), qui montrent son acharnement pour cacher les données brutes des températures, témoins du climat des derniers 1000 ans. Il affirme vouloir les supprimer plutôt que de se plier aux demandes de FOI (Freedom of Information).
Ces données manquent toujours à l’appel… et le MET Office estime qu’il faudra 3 ans pour les assembler à nouveau!
Phil Jones a même avoué par la suite, en entrevue à la BBC, que le réchauffement récent n’était pas significativement différent de celui de 1860-1880 et de 1910 à 1940. Il a aussi fait volte-face en ajoutant que le rejet de la période chaude médiévale par les carbocentristes ne fait pas l’unanimité dans la communauté scientifique.
Bien avant le ClimateGate, j’avais fait un billet sur les données perdues:
Les preuves du réchauffement ont été perdues!
On découvre dans les courriels du ClimateGate des pressions exercées par certains individus (particulièrement Micheal Mann et Phil Jones) pour bloquer la publication d’articles scientifiques qui vont à l’encontre du RCA (réchauffement climatique anthropique).
Par exemple, en parlant d’un article par McIntyre et McKittrick (MM), Jones écrivait à Micheal Mann :
Et que dire du boycott de revues scientifiques comme «Climate Research», pour avoir publié des articles qui ne vont pas dans le sens de la gang (Mann, Jones…)?
Micheal Mann demande à cesser de publier et citer cette revue, afin de la rendre non crédible…
Il enchaîne, dans le même courriel, avec un questionnement sur la suite des choses avec les collègues sympathisant à sa cause et qui siègent sur le comité éditorial…
On discute également de «forcer la démission» de certains membres du comité, et de se débarrasser d’un éditeur plutôt climato-sceptique (von Storch), afin d’empêcher la publication d’articles par plusieurs sceptiques connus.
Ces exemples ne représentent qu’une fraction des courriels incriminants. On y trouve aussi…
Keith Briffa, qui a largement contribué à la reconstruction du climat pour le dernier millénaire via les cernes d’arbres, éprouve un certain malaise à combiner les demandes du GIEC et la science, qui sont différents…
your words are a real boost to me at the moment. I found myself questioning the whole process and being often frustrated at the formulaic way things had to be done – often wasting time and going down dead ends. I really thank you for taking the time to say these kind words . I tried hard to balance the needs of the science and the IPCC , which were not always the same. I worried that you might think I gave the impression of not supporting you well enough while trying to report on the issues and uncertainties.
Kevin Trenberth reconnait qu’ils ne peuvent expliquer l’absence de réchauffement récent (dernière décennie). Il conclut que ce sont les données qui ne sont pas bonnes (et non les modèles!).
Keith Briffa exprime longuement ses doutes sur la validité des proxys d’arbres, sur le fait que le déclin récent soit ignoré du rapport du GIEC…
Plus loin, dans le même courriel, Briffa ajoute:
Possiblement suite aux doutes émis par Keith Briffa au fil du temps(?), on ne prend plus de chance et Phil Jones (directeur du CRU) demande de supprimer des courriels en lien au 4e rapport du GIEC (AR4), question de ne pas laisser de traces.
Keith will do likewise. He’s not in at the moment – minor family crisis.
Can you also email Gene and get him to do the same? I don’t have his new email address.
We will be getting Caspar to do likewise.
Pour ceux et celles qui accusent les climatosceptiques d’être financés par les pétrolières, voici un courriel intéressant:
D’autres infos ici: Climategate: CRU looks to “big oil” for support
Dans le but de ne pas éveiller de soupçons, on tronque délibérément les graphiques de températures pour ne pas montrer la stagnation/déclin des dernières années…
Speculation, but if I see this as a possibility then others might also.
Anyway, I’ll maybe cut the last few points off the filtered curve before Igive the talk again as that’s trending down as a result of the end effects and the recent cold-ish years
Spéculation, mais si je vois cela comme une possibilité, d’autres aussi. De toute façon, je vais peut-être couper les derniers points de la courbe filtrée avant de redonner ma conférence puisque cela montre une tendance à la baisse en réponse aux effets qui s’estompent et aux récentes années froides.
Cela rappelle le mini scandale qui a eu lieu à la conférence de New York en septembre 2009, où l’ONU avait présenté un document intitulé « United Nations Climate Change Science Compendium 2009 ». Pour faire accepter son message dans l’urgence, ils ont tenté de duper les dirigeants en y incluant un graphique en crosse de hockey pris sur Wikipedia, signé Hanno, 2009. Il ne s’agissait pas de travaux en climatologie, et l’ONU s’est vue contrainte de remplacer le graphique rapidement. Or, pour ne pas nuire au message, on a choisi en remplacement un graphique classique des températures du dernier siècle, mais qui s’arrête en 2005 et non 2009. J’en avais parlé ici.
Ce billet montre que les courriels du ClimateGate ne sont pas, comme l’affirment les grands défenseurs du réchauffement climatique anthropique (RCA), qu’une simple poignée de courriels avec des phrases prises hors contexte.
Ils révèlent ce que plusieurs sceptiques du climat dénoncent depuis plusieurs années, et surtout montre que certains actes ont été posés délibérément (refus de fournir des données, pressions sur les revues spécialisées…).
Les enquêtes qui ont suivi le ClimateGate sont de véritables opérations de blanchiment, menées par des gens sympathisant à la cause, et sans vrai travail d’enquête. Je couvrirai cet aspect dans la 6e partie de cette série sur le ClimateGate, en réaction à l’article publié dans LaPresse.
D’ici là, ne manquez pas la prochaine partie: Les leçons du ClimateGate (3e partie – le code)
Tags: ClimateGate
bravo pour ces articles informatifs. un seul petit bémol, il serait sans doute bien, de traduire au moins les citations, les personnes souhaitant s’informer ne pratiquent pas toutes l’anglais. merci pour ce travail
Moi aussi, je tenais à vous remercier pour ce gros travail d’information que vous accomplissez.
Heureusement qu’il y a des gens comme vous pour accomplir ce travail d’enquête car la plupart de nos journalistes ont oublié les principes de base de leur profession.
@nenesse,
Vous avez bien raison. Merci de me le rappeler :-)
J’ajouterai une traduction des citations cette semaine…
@Marc
Si les journalistes faisaient leurs devoirs, il y a longtemps que le réchauffement climatique serait chose du passé :-)