Ce billet est la suite de «LaPresse : Les leçons du ClimateGate (3e partie)», qui se veut une réponse à un article publié dans le journal LaPresse le 8 mai dernier: «Climategate: les leçons sont ailleurs».
Après mon exposé sur le code de programmation diffusé par le ClimateGate (3e partie), je poursuis ma critique de l’article de LaPresse avec un thème similaire, peu rapporté par les médias, et révélateur de la qualité des données des stations : le carnet de bord de Mike Harris (c’est-à-dire le fichier HARRY_READ_ME.txt).
Cette série d’articles en lien au ClimateGate est une opportunité de couvrir la nouvelle, car au moment de traiter le scandale à l’hiver dernier, j’avais dû passer à côté, faute de temps.
Voici la liste des différentes parties de cette série, pour un accès rapide :
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (1ère partie)
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (2e partie – les courriels)
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (3e partie – le code)
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (4e partie – le journal de bord) – le présent billet!
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (5e partie – le 4e rapport du GIEC)
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (6e partie – les enquêtes)
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (7e partie – conclusion)
Tel que discuté dans les parties précédentes, une fuite de documents du Climatic Research Unit (CRU) de l’Université d’East Anglia a révélé au grand public (du moins une partie, puisque les médias ont habilement étouffé l’affaire) qu’une poignée d’experts en climatologie, à l’origine des données de températures, auraient gravement enfreint les règles d’éthique en science pour faire croire à un réchauffement climatique sans précédent, dû aux rejets de CO2 par l’homme. Le scandale porte le nom de ClimateGate.
Le matériel rendu disponible est composé de 1073 courriels et 3585 fichiers, regroupé dans un dossier compressé : FOIA.zip (62MB). Vous pouvez le télécharger sur ce site, ou encore naviguer et consulter les fichiers en ligne directement ici.
Les courriels du ClimateGate nous ont apporté des informations sur la collusion de scientifiques pour cacher des données, manipuler celles-ci à leur avantage et contrôler la publication de travaux scientifiques sur le sujet.
(voir LaPresse: Les leçons du ClimateGate (2e partie – les courriels))
Le code de programmation montre pour sa part certaines manipulations dans les programmes de comptabilisation et d’harmonisation des données, particulièrement en vue de cacher le déclin des années post 1960. Rappelons que les températures des derniers 1000 ans sont calculées à partir de proxys (surtout des cernes d’arbres), mais ceux-ci n’indiquent plus de réchauffement à partir de 1960, au contraire! On a donc subtilement remplacé les dernières décennies par les données de stations météo terrestres (qui elles montrent une augmentation, principalement attribuable à l’effet de chaleur urbaine – et non le CO2), une astuce détaillée à plusieurs reprises dans les commentaires du programmeur.
(voir LaPresse: Les leçons du ClimateGate (3e partie – le code))
Parmi les nombreux documents diffusés, il y en a un qui attire particulièrement l’attention: HARRY_READ_ME.txt. Ce fichier est une sorte de carnet de bord de Mike Harris, employé du CRU et responsable de l’assemblage des données brutes en provenance des différentes stations du monde. Le contenu du carnet couvre la période 2006-2009.
On y trouve des renseignements utiles qui en disent long sur l’état piteux des données reçues (dédoublement de stations, stations inexistantes, grandes périodes sans données…) et les manipulations douteuses apportées pour y remédier (jusqu’à les inventer!).
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