Ce billet est la suite de «LaPresse : Les leçons du ClimateGate (4e partie)», qui se veut une réponse à un article publié dans le journal LaPresse le 8 mai dernier: «Climategate: les leçons sont ailleurs».
Après mon exposé sur le carnet de bord de Mike Harris diffusé par le ClimateGate (4e partie), je poursuis ma critique de l’article de LaPresse avec un retour sur le dernier rapport du GIEC (2007), véritable référence du dogme réchauffiste (carbocentriste), apparemment basé exclusivement sur la littérature à comité de relecture (peer-review) et sans faute. Vraiment?
Voici la liste des différentes parties de cette série, pour un accès rapide :
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (1re partie)
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (2e partie – les courriels)
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (3e partie – le code)
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (4e partie – le journal de bord)
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (5e partie – le 4e rapport du GIEC) – le présent billet!
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (6e partie – les enquêtes)
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (7e partie – conclusion)
Dans les parties précédentes, nous avons traité du ClimateGate via les courriels, le code et le fichier HARRY_READ_ME (carnet de bord). Avant de poursuivre avec les enquêtes du ClimateGate, faisons un détour vers le dernier rapport du GIEC, qui a également donné lieu à une série de scandales (appelés «gates»)… parfois tout aussi incriminants, et qui méritent d’être traités en parallèle.
Si le ClimateGate a mis le doigt sur les pratiques douteuses de climatologues qui fournissent des données au GIEC, l’analyse du dernier rapport du GIEC (2007) met pour sa part le doigt sur des failles importantes menant à l’élaboration d’un ouvrage beaucoup moins rigoureux qu’on vourait le croire.
C’est la contestation d’un passage traitant des glaciers himalayens (par des climatologues indiens) qui a jeté une première ombre publique au tableau de la célèbre bible des carbocentristes (défenseurs du réchauffement climatique d’origine anthropique), soit le 4e rapport du GIEC. La vive réaction de son président Rajenda Pachauri, qui nie publiquement et catégoriquement avoir commis l’erreur, arrivait toutefois à un bien mauvais moment…
Non seulement le ClimateGate venait-il de semer le doute quant à l’objectivité de la science du climat, voilà que la presse indienne venait tout juste de publier un article exposant les liens du président du GIEC (Pachauri) avec une industrie qui profite directement des retombées de l’alarmisme véhiculé par le groupe, à savoir le groupe TERI… dont Pachauri est président!
Le groupe TERI a reçu d’importantes sommes de l’Union Européenne pour des recherches en lien à la supposée disparition des glaces himalayennes. Notez que Pachauri est également conseiller d’une banque asiatique (Asian Development Bank) pour renforcer ses programmes en réponse au défi du changement climatique, et participe activement à la bourse du Carbone (il est membre du comité consultatif – Advisory board).
Le moins que l’on puisse dire est qu’il a tout intérêt à ce que l’hystérie se poursuive et que des mesures de contrôle du CO2 soient mises en place!
Ajoutez à cela l’échec de Copenhague, la montée du scepticisme dans la population et Dame Nature qui refuse depuis une décennie de collaborer au réchauffement annoncé par les modèles…
Quelques jours après la publication de la supercherie sur l’Himalaya, Pachauri s’est vu forcé de rétracter ses propos et reconnaître la publication dans son rapport du passage erroné, qui est en fait basé sur un article de la WWF, selon laquelle les glaciers himalayens pourraient disparaître en 2035. Pour l’histoire, voyez ici.
On baptisa l’affaire «GlacierGate» (ou encore «HimalayaGate»), le premier d’une longue série à venir.
Selon l’auteur principal du chapitre (et employé de TERI!), l’information a été incluse dans le rapport dans le but de mettre de la pression politique sur les dirigeants avoisinant l’Himalaya.
Mais attention, le scandale ne s’arrête pas là… Quelques médias (surtout britanniques, indiens et américains) ont alors manifesté un intérêt pour les erreurs soulevées dans le rapport, qui depuis ne finissent plus de pleuvoir. D’ailleurs, il suffit de lire attentivement le rapport de milliers de pages (les médias se content généralement de la version synthèse de 10 pages) pour noter d’importantes lacunes, ce qu’on fait plusieurs personnes depuis (d’où les nombreux «Gates»).
Le site NoTricksZone (par P. Gosselin) traite des scandales avec humour, en parodiant un extrait du film «From Dusk Till Dawn» (De l’ombre au Crépuscule), de Robert Rodriguez et Quantin Tarantino.
Dans une version adaptée du célèbre monologue de Cheech Marin (voir vidéo en bas de page du lien), il fait l’éloge des nombreux scandales («gates») trouvés jusqu’ici, en lien ou non au rapport du GIEC. Certains «gates» ne méritent certes pas ce titre assez fort, mais plusieurs ont tout de même de quoi rendre perplexe.
En français, le blogue de Skyfal dresse aussi une liste des «gates» (cette fois exclusivement en lien au rapport du GIEC), question de grouper l’information. On y trouve:
- HimalayaGate
- AfricaGate
- AmazonGate
- NetherlandGate
- ScandinavianGate
- AntarcticaGate
- HurricaneGate
- PaluGate
- BangladeshGate
Pour ma part, j’en ai traité quelques-uns ici et là au cours de billets passés, dont une «lettre ouverte à Yannick Villedieu», écrit par J.P. Bardinet. Voyez plus bas ma sélection de scandales du GIEC et autres.
Note: Pendant la longue préparation de ce billet (désolé, surcharge de travail au bureau ces derniers temps!), P. Gosselin a publié un autre billet qui liste les différents «Gates», avec cette fois une brève description.
La majorité des scandales du rapport du GIEC sont basés sur des références douteuses, malgré la politique claire et largement médiatisée de l’organisme, selon laquelle Le GIEC n’utiliserait que des références parues dans des revues à comité de relecture (peer-review), et facilement accessibles aux spécialistes qui désirent les valider.
De nombreux lecteurs du site de Donna Laframboise (noconsensus.org) ont répondu à l’appel de cette dernière et se sont partagé la tâche de scruter le rapport et valider les références scientifiques citées. La conclusion est disponible ici (pdf), et indique que 30% des références du rapport (5,587 des 18,531 références) ne proviennent pas de revues à comité de lecture, contrairement à ce qu’on nous affirme haut et fort.
Ironiquement, c’est en exigeant qu’un article soit publié dans une revue à comité de relecture (pour être recevable) que le GIEC forge sa réputation et parvient à bloquer plusieurs travaux qui ne vont pas dans son sens.
Bloquer? Comment? Tel que discuté dans la partie sur les courriels du ClimateGate, le noyau de climatologues influents (dont Mann, Jones, Schmidt…) contrôle depuis longtemps une partie du processus de révision par les pairs. Ce contrôle est fait en exerçant des pressions sur certains éditeurs, en bloquant les revues qui publient des articles à contresens, ou encore en validant mutuellement le travail des autres membres du noyau (le «peer-review» devenu «pal-review»). Il est donc difficile pour un scientifique de publier des travaux qui vont à contre-sens du dogme, tant l’emprise de ces gens est forte et qu’en plus beaucoup de périodiques font preuve de partisanerie.
L’exigence de publication dans les revues à comité de lecture en soi est pertinente et nécessaire. C’est le fait que les comités de relectures soient partiaux qui dérange… Il faudrait, par exemple, que les pairs (experts) qui valident les travaux des autres ne soient pas nommés par les auteurs(!), ni collaborateurs de ceux-ci, ne soient pas anonymes (pour plus de transparence sur le processus), et inclue aussi des spécialistes d’autres disciplines (par exemple un statisticien pour valider le traitement des données).
Malgré tout, il semble que le recours aux publications à comité de relecture soit insuffisant pour soutenir les affirmations du GIEC. L’organisme puise donc un nombre important de références (30% – tel qu’indiqué plus haut) dans ce qu’on appelle la littérature grise (non révisée par les pairs), incluant des articles de la WWF [1], Greenpeace [2], journaux locaux [3], thèses d’étudiants [4], conférences de presse[5], articles en préparation [6], association de motoneige[7]…
On est bien loin du 99% requis par le gouvernement (UK):
Traduction libre:
Au-delà des références grises, on note plusieurs références à des articles parus APRÈS la date limite de décembre 2005, incluant (à 39 reprises) un numéro de la revue Climatic Change, non publié! Certainement un numéro bien spécial fait sur mesure pour le GIEC (paru en mai 2007), car 16 de ses 21 articles ont été cités…
Idem pour le fameux rapport Stern, qui fut publié seulement le 30 septembre 2006 (10 mois après la date limite), mais pourtant cité à plus de 25 reprises, malgré le fait qu’il ne soit pas non plus un document révisé par les pairs, comme l’avoue Pachauri (source), et qu’il constitue la SEULE évidence supportant le nombre de personnes en Inde et en Chine qui dépendent des glaciers pour leur approvisionnement en eau, tel qu’avancé dans le rapport du GIEC.
Ironiquement, cette affirmation a été démentie récemment dans un article publié par Nature. Note: malgré le fait que l’article démontre que la mousson et la neige priment sur la fonte de glace pour l’apport en eau, on y inclut le commentaire de Jeffrey Kargel (glaciologue) – qui affirme que cela est une preuve additionnelle que ces bassins sont vulnérables au climat! Quoi? Bon, je suppose que l’alarmisme oblige, sans compter de maintenir le cap…
Les dépassements au calendrier signifient que les experts n’ont pas eu la chance de lire et critiquer les références en cause, pourtant utilisées pour soutenir les affirmations du rapport.
Il semblerait aussi que le GIEC se donne du mal à rendre la tâche plus difficile à quiconque veut valider certaines sources, via l’utilisation d’abréviations douteuses ou des liens non directs vers la source. Ainsi, une référence qui aurait dû sauter aux yeux comme non conforme passe inaperçue au premier regard…
Dans son 4e rapport, le GIEC, gagnant d’un prix Nobel de la Paix(!), affirme être certain à 90% que le réchauffement post-1970 est attribuable aux émissions de gaz à effet de serre par l’homme. Cette affirmation, nous dit-on, s’appuie sur des travaux publiés exclusivement dans des revues à comité de relecture, comme le rappelait cet hiver son président, Pachauri, au journal Times of India (dernier paragraphe).
Eh bien détrompez-vous. Non seulement le GIEC ne représente-t-il pas des milliers d’experts comme le prétendent les médias, mais plutôt quelques dizaines, il puise également bon nombre d’informations dans des sources douteuses.
Bref, un travail non conforme à la rigueur scientifique que l’on est en droit de s’attendre, sous la direction d’un président en grave conflit d’intérêts.
Tags: ClimateGate
Un lecteur m’a fait la remarque pertinente selon laquelle l’anonymat des experts qui font le peer-review n’est pas souhaitable comme je mentionne dans mon texte.
Comme l’argument est valable, je le transmets ici:
“L’anonymat sert à protéger les pairs contre des pressions indues lors des travaux des comités de lecture. Certains scientifiques (honnêtes) pourraient craindre de se voir marginalisés, voire bannis du cercle des scientifiques de qui ils pourraient recevoir des contrats ou craindre d’être l’objet de vengeances ultérieures de la part de scientifiques qui se croiraient lésés.”
Pour ma part, je valorisais l’idée selon laquelle cela permettrait de s’assurer que ce ne soit pas toujours les mêmes qui valident l’info (le fameux pal review).
Plusieurs scientifiques ont noté que de graves erreurs ont souvent passé à travers le comité de relecture, laissant croire que ceux-ci ont soit (1) pas vraiment fait leur travail, (2) sont sympathisants à la cause ou au scientifique ou (3) n’ont pas les compétences requises.