Ce billet est la suite de «LaPresse : Les leçons du ClimateGate (5e partie)», qui se veut une réponse à un article publié dans le journal LaPresse le 8 mai dernier: «Climategate: les leçons sont ailleurs».
Maintenant que nous avons fait le tour des courriels, du code et des notes divulgués par le ClimateGate, sans oublier un rappel des scandales en lien au dernier rapport du GIEC, revenons de plus près à l’article original de LaPresse en traitant des enquêtes du ClimateGate.
L’article débute avec la phrase suivante:
Effectivement, il en faudra plus. Ce ne sont pas 3 enquêtes bidon qui permettront de remettre le train sur les rails. La démonstration scientifique, et non l’appel à l’autorité ou un contrôle du message, serait un bien meilleur pari pour convaincre ceux qui, depuis bien avant le ClimateGate, demandent des comptes. La théorie du réchauffement climatique par l’homme ne tient simplement pas la route sur le plan scientifique, et va à l’encontre des observations.
La rhétorique utilisée par la machine carbocentriste n’est rien d’autre qu’une habile manipulation, mais qui perd peu à peu son emprise.
Le scepticisme n’est pas apparu avec le ClimateGate (pour ceux et celles qui suivent le dossier du réchauffement), ce dernier a simplement démontré que certaines manipulations, dénoncées depuis longtemps, ont été préméditées par un groupe restreint de scientifiques, membres du cercle fermé des climatologues influents auprès du GIEC.
Pardonnez le long détour (billets précédents), mais puisque les journalistes ne semblent pas au courant de ce qu’est réellement le ClimateGate, ni les problèmes connexes du GIEC, une mise au point s’imposait. Affirmer que des scientifiques sont blanchis sans mentionner de quoi on les soupçonnait ne fait aucun sens… et démontre peu d’objectivité.
Plusieurs enquêtes ont en effet été ouvertes suite au scandale du ClimateGate, dans le but de déterminer s’il y a eu ou non un comportement fautif des scientifiques impliqués.
Malheureusement, ces enquêtes ne sont ni plus ni moins que des opérations de blanchiment, appelées an anglais «whitewash».
Comme nous le verrons, les conclusions ne surprennent personne, puisque les organismes et les individus choisis pour mener celles-ci n’ont rien d’impartial, sans compter que les enquêteurs n’ont même pas interrogé l’autre partie (climato-sceptiques).
Ils pourront donc naïvement poursuivre leur discours alarmiste sans remords de conscience.
Comme pour les précédents billets de cette série, voici d’abord la liste des différentes parties, pour un accès rapide :
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (1re partie)
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (2e partie – les courriels)
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (3e partie – le code)
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (4e partie – le carnet de bord)
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (5e partie – le 4e rapport du GIEC)
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (6e partie – les enquêtes) – le présent billet
- LaPresse : Les leçons du ClimateGate (7e partie – conclusion)
Le ClimateGate ne porte pas son nom pour rien. Si les révélations apportées s’avèrent être exactes, nous sommes face à un scandale de bien plus grande envergure que le WaterGate, tant il y a d’argent et de politiques en jeu.
Il n’en tient qu’aux médias: pourront-ils encore longtemps garder le contrôle de l’information, c’est-à-dire défendre la thèse du RCA (réchauffement climatique anthropique) en étouffant les propos dissidents?
D’ailleurs, la tension monte et l’on assiste depuis quelque temps à ce qui s’approche de plus en plus de la propagande pour maintenir le cap, dont la publication récente d’une «liste noire» des climato-sceptiques. On se croirait en pleine Inquisition!
Tiens, cela rappelle ce billet!
Parmi les nombreuses enquêtes déclenchées suite au ClimateGate, trois ont déjà rendu leur verdict (et une quatrième, celle de Sir Muir Russel, serait sur le point de le faire – je la traiterai en temps et lieu).
Voyons un peu…
Tel que discuté dans mon billet sur la poursuite possible contre Michael Mann, la première enquête (the «Mann Report») avait été la première à rendre son verdict en lien au ClimateGate en février dernier.
L’université Penn State, employeur de Michael Mann (auteur de la courbe en crosse de hockey et largement impliqué dans les courriels du ClimateGate), avait mené une enquête sur les agissements du scientifique. Sans surprise, le rapport conclue, d’ailleurs assez rapidement, à un blanchiment.
Puisque Michael Mann rapporte beaucoup d’argent à l’Université en subventions, il apparait évident que l’Université ne doit pas être celle qui fait l’enquête, par souci d’objectivité. Le Commonwealth Fundation a d’ailleurs formulé une demande pour une enquête indépendante et externe.
Note importante : ce rapport ne porte pas sur la science du réchauffement climatique par l’homme et ses ramifications politiques et économiques, tel qu’indiqué clairement en page 8 du rapport, mais bien sur les agissements de Michael Mann :
Graham Spanier, président du Penn State, avait dit en janvier 2010, en parlant des enquêteurs :
Vraiment? Celui qui a discrédité les travaux de Mann, Steve McIntyre, n’a même pas été interrogé (pas plus que son collègue McKitrick)!
Son nom figure pourtant dans plusieurs courriels, puisqu’il est la «bête noire» de Michael Mann depuis des années…
D’après les politiques de l’Univertisité, le rapport écrit doit indiquer quelles évidences ont été révisées, ainsi qu’une retranscription de toutes les entrevues effectuées. Aucune retranscription n’a été incluse dans le rapport publié (il se peut que le rapport public soit une version «épurée», mais il n’y a aucune mention à cet effet). De plus, les seules entrevues mentionnées dans le rapport sont celles de Gerry North et Donald Kennedy, éditeur de Science.
Selon un lecteur de ClimateAudit, North aurait admis (lors d’un événement à l’Université Rice) ne pas avoir lu les courriels, et ne pas être au courant qu’il y avait des fichiers de programmation livrés dans le ClimateGate. Quelle analyse!
Et le rapport conclut simplement, à propos de l’astuce de Mann pour cacher le déclin:
Cette conclusion montre bien que les enquêteurs n’ont pas fait sérieusement leurs devoirs. On trouve des explications détaillées de cette astuce, notamment sur le site de climateaudit.org. Celui-ci consiste à remplacer les données de cernes d’arbres à partir de 1960 (puisqu’elles indiquent un déclin) par des mesures de thermomètres. La suppression volontaire de données est certes une astuce plus que douteuse…
Voyez la présentation vidéo de Steve McIntyre sur le sujet lors de la 4e conférence du ICCC (International Conference on Climate Change), ou encore la retranscription pdf.
Cet article raconte comment un illustre inconnu est devenu le scientifique qui allait donner le coup d’envoi à la campagne de réchauffement par l’homme, réécrivant ainsi l’histoire à l’insu des historiens, géologues et physiciens!
En quelques mots, la carrière de Mann fut transformée le jour où il obtint, de façon expéditive, son doctorat à l’Université de Yale, en 1998. Alors qu’il luttait pour défendre sa thèse devant une controverse mystérieuse (?), il fut placé sous la supervision de celui que la Société Américaine de Météorologie (AMS) et le Journal of Climate ont nommé le père de la théorie climatique moderne (c’est-à-dire que le CO2 serait un facteur décisif sur le réchauffement à long terme) : Barry Saltzman. Ce dernier est décédé en 2001.
Dans son dernier ouvrage (Theory of Climate), Slatzman a souligné la contribution de Mann pour la reconstruction paléoclimatique à partir de cernes d’arbres. Pourtant, selon son curriculum et sa thèse de doctorat, ce dernier n’a rien d’un expert en dendrochronologie (cernes d’arbres).
Peu importe, celui-ci pris rapidement la place de son défunt superviseur (Saltzman), et fut nommé auteur à contribution pour les chapitres 7, 8 et 12 du 3e rapport du GIEC (de 1998 à 2000), ainsi qu’auteur principal du chapitre 2. Et ce malgré son manque de publications sur le sujet. Cela mena à l’élaboration de la courbe en crosse de hockey, dont on connait la suite…
Parmi les courriels du ClimateGate, Michael Mann (qui n’a pas contesté l’authentité de ceux-ci), a non seulement été cité à propos de l’astuce du déclin, mais aussi pour avoir incité des scientifiques à boycotter une revue qui publie aussi des articles de scientifiques dits climato-sceptiques, et même proposer de forcer la démission d’un éditeur qu’il juge trop sceptique…(voir la partie sur les courriels du ClimateGate)
La seconde enquête, par la Société Royale, fut présidée par Lord Oxburgh, d’où le «rapport Oxburgh». Ce dernier est un ex-exécutif d’une compagnie pétrolière, aujourd’hui président de Falck Renewables, qui fabrique des éoliennes au Royaume-Uni et en Europe, et dont la compagnie soeur, Actelios, a vu sa part en bourse fondre de moitié récemment (suite au ClimateGate et l’échec de Copenhague). Il est aussi Président d’Honneur de «Carbon Capture and Storage Association» (notez que le président, Gardiner Hill, est aussi directeur technologique chez BP, pour la capture du Carbone).
Parmi les membres du comité figure également Kerry Emanuel, coauteur de Michael Mann sur un article en lien aux ouragans et le changement climatique et qui a affirmé que le ClimateGate était l’oeuvre d’une campagne de relations publiques pour détourner le message (partisanerie?).
Aussi, on y trouve Lisa Graumlich, coauteure avec Malcolm Hughes sur la dendroclimatologie, en lien avec une présentation à l’OTAN par… Phil Jones! Ah, le monde est petit :-) Source.
Outre le choix douteux de son président (et de 2 de ses membres), le comité Oxburgh a soulevé certaines critiques, incluant le fait de ne pas avoir examiné les documents au coeur de la controverse, le manque de considération des critiques soulevées par Steve McIntyre et un court rapport avec peu de détails, qui laisse croire à une enquête superficielle. Ces mots proviennent de Judith Curry, la climatologue dont l’auteur de l’article de LaPresse fait référence (note: J. Curry est dans le «camp» carbocentriste, mais est l’une des rares à discuter ouvertement de la présence du camp sceptique – nous y reviendrons dans la dernière partie de cette série).
Elle ajoute:
En effet, voilà le genre de problématiques sur lesquelles on aimerait que l’enquête se penche… Malheureusement, ce n’est pas le cas. Comme l’indique Judith par la suite:
Comme le souligne aussi Steve McIntyre, pratiquement aucun des 11 travaux sélectionnés ne figure parmi les travaux vivement critiqués, et aucun n’est en lien à la courbe en crosse de hockey, tels Jones 1998 et Osborn and Briffa 2006. Ces articles, qui selon la Société Royale représentent un bon échantillonnage des publications du CRU, sont en fait le fruit d’une sélection judicieuse permettant de conclure au blanchiment.
Personne d’autre que les employés du CRU (dont noms ne figurent même pas) n’ont été interrogés. Pas même l’expert en la matière (c’est-à-dire celui qui a soulevé les nombreuses erreurs), Steve McIntyre.
Pire encore, ce dernier a écrit à Lord Oxburgh suite à la publication du rapport, notamment pour mettre la main sur le ou les documents qui indiquent que le CRU considérait les 11 publications choisies par la Société Royale comme étant un échantillonnage approprié, et sur les comptes-rendus des deux visites au CRU (entrevues), lesquelles ont dû servir aux membres du comité absents pour alimenter leur analyse (ou pour relecture).
La réponse d’Oxburgh fut assez étonnante… Il avoue que l’enquête fut peu formelle et que les ententes furent conclues verbalement, afin d’accélérer l’enquête. Le but étant de se concentrer sur les “intentions” des scientifiques, il a jugé bon de ne pas avoir recours à des témoins ou des appareils pour enregistrer, question de rester informel. Le seul document écrit, à part des notes personnelles que certains membres auraient pu prendre lors des rencontres (mais dont il ne connait pas l’existence), est le rapport proprement dit.
Bref, nul ne sait ce qui a été dit lors des rencontres (autres que les membres du comité), ni pourquoi l’enquête n’est basé que sur 11 publications, imposées par on ne sait qui à la Société Royale, ni sur quel critère. Bref, 5 pages(!) qui ne valent pas grand-chose!
Au sujet de l’omission de l’aveu par Phil Jones que «la reconstruction des températures du dernier millénaire était pratiquement impossible avec une quelconque précision», Lord Oxburgh (président du comité d’évaluation de la Science) a répondu à Steve McIntyre que «la science n’était pas l’objet de son enquête».
Doit-on rappeler que le CRU est le fournisseur officiel de données du GIEC, et que les données à la base du soi-disant réchauffement sans précédent pourraient avoir été manipulées par quelques individus selon les courriels publiés dans le ClimateGate. En réponse à cette importante question/problématique qu’est la validité des conclusions tirées, dont l’impact se chiffre en trillions de dollars, on fait une enquête aussi bâclée? Même la police semble faire mieux que ça pour une enquête de routine sur un vol à main armée.
En guise de conclusion sur ce rapport, je reprends cette analogie trouvée sur un blogue :
La troisième enquête fut menée par le comité de Science et Technology de la Chambre des Communes du Parlement Britannique, avec pour président Phil Willis. J’en avais parlé dans ce billet: L’enquête du parlement britannique sur le ClimateGate.
Cette dernière apportait plus d’espoirs que les précédentes, car le comité avait offert aux scientifiques/ordres professionnels désireux de se prononcer (dans le but d’apporter des éléments d’enquêtes additionnels), de produire un texte qui serait considéré pour l’enquête.
Celui fourni par l’Institut de Physique était très intéressant, dont une traduction est disponible sur le site de pensée-unique et via un billet de PapyJako.
Malheureusement, les espoirs envers l’enquête du Parlement furent rapidement mis au rancart. Malgré le semblant d’ouverture, trop peu de critique a été exercée.
D’abord les membres du comité font systématiquement référence aux documents comme ayant été volés, ce qui n’a pas été démontré (au contraire, il semble que ce soit une fuite interne). Ensuite, comme pour les enquêtes précédentes, aucun expert sceptique (dans ce cas en lien à la reconstruction des températures) n’a été entendu. Pas question de mettre en doute par une personne compétente le travail des scientifiques impliqués!
En fait, un seul représentant du camp climato-sceptique a été entendu lors des audiences publiques, soit Lord Lawson of Blaby (accompagné de Dr Benny Peiser, Directeur du Global Warming Policy Foundation, mais ce dernier fut plutôt discret). Lawson fut malheureusement pris au piège par une question habile visant à détourner l’interprétation de la fameuse astuce pour cacher le déclin. Voici une retranscription de la question/réponse, trouvée sur le site de Steve McIntyre (celui qui aurait dû être interrogé!):
Lord Lawson of Blaby:
Chairman:
Lord Lawson of Blaby:
Lord Lawson affirme que le plus inquiétant n’est pas le mot «astuce» en tant que tel, mais le fait qu’ils [NDT: scientifiques de l'Université d'East Anglia] affirment que par «astuce» ils entendent «la meilleure façon de faire». Au lieu de demander en quoi consiste l’astuce, et pour quelle raison, le président lui demande alors s’il reconnait qu’une “astuce” est une façon de faire, ce à quoi Laswon a acquiescé. Le comité conclu alors que l’astuce est simplement une façon élégante de gérer des données!
Évidemment, aucune considération n’a été apportée à la soumission par Steve McIntyre, qui explique beaucoup plus en détail l’astuce, le choix des données, l’accès aux données pour validation… (version html et pdf, qui inclus des graphiques). Il résume bien l’astuce en une phrase:
Le comité d’enquête (comme pour les autres) n’a pas cherché à comprendre comment les données auraient possiblement été manipulées.
Bien entendu, Phil Jones, directeur du CRU et largement impliqué dans le scandale, a aussi témoigné (vidéo disponible ici). Face aux refus de fournir ses données (tel que souligné par les courriels du ClimateGate), Jones a simplement répondu qu’il s’agissait d’une pratique standard, réponse que le comité a trouvé satisfaisante!
En effet, Phil Willis conclut que le fait de refuser de partager ses données était une pratique commune dans la communauté scientifique, bien que celle-ci devrait changer:
Ainsi, contrairement aux autres disciplines scientifiques, où les données sont disponibles aux autres experts pour contre-vérification, la climatologie a pour pratique commune de cacher les données, ce qui empêche toute validation de celles-ci, des méthodes statistiques utilisées et des codes de programmation à l’origine de la plus grosse campagne de peur que l’on a connue, et pour laquelle on investit des trillions de dollars au détriment de nombreux de problèmes écologiques, économiques et sociaux. Et l’on ne s’en inquiète pas?
Cette science est encore jeune, mais bien mal partie…
Voir aussi: L’enquête du parlement britannique sur le ClimateGate
Tags: ClimateGate
Voyez aussi ce billet qui apporte d’autres infos en lien à l’enquête de Oxburgh:
http://www.rechauffementmediatique.org/wordpress/2010/07/07/reportage-de-la-bbc-sur-lenquete-oxburgh/