Joanne Nova est une présentatrice scientifique, conférencière professionnelle et auteure du blogue australien JoNova, qui traite de la science du climat sous un regard très critique. Elle est aussi l’auteure du célèbre guide «The Skeptic’s Handbook», traduit en plus de 10 langues (dont le français ici).
Son guide montre en quatre points principaux pourquoi la hausse des températures de 2 à 6 degrés annoncé par le GIEC et véhiculé partout comme une quasi-certitude, n’est pas supportée par les observations scientifiques :
- La signature des gaz à effet de serre est inexistante (les points chauds prédits par les modèles pour expliquer la hausse importante de température n’ont jamais été trouvés)
- L’une des principales preuves reposait sur les carottes glaciaires, mais des analyses récentes ont montré l’inverse (la température précède le CO2)
- Les températures n’augmentent plus depuis 2001 (malgré la hausse du CO2)
- Le gros du réchauffement que pouvait générer le CO2 est déjà fait (courbe logarithmique, donc effet minime aux concentrations actuelles)
Elle rappelle aussi que relation n’est pas causation, par exemple qu’une fonte observée en Arctique et une augmentation globale de CO2 ne démontre en rien que ce gaz en soit la cause, une rhétorique malheureusement très utilisée. Un modèle n’est pas non plus une preuve de quoi que ce soit.
Le guide, destiné aux non-spécialistes, s’appuie sur des travaux scientifiques publiés dans des revues à comité de lecture. Il indique au lecteur comment rester centré sur la question lors d’une discussion – soit le rôle du CO2 sur la température (car la discussion avec un carbocentriste dérape souvent dans toutes sortes de directions, incluant la pollution). Bref, un incontournable dont je m’étais toujours promis de couvrir sur mon blogue… Alors, mieux vaut tard que jamais!
Ce document a bien entendu fait l’objet de discussions vives sur certains blogues partisans du RCA (réchauffement climatique anthropique), dont DeSmogBlog, qui s’empêtre dans des arguments pseudoscientifiques qui nuisent plus à la cause carbocentriste que de la défendre (par exemple, comparer Vénus à la Terre pour montrer le rôle du CO2).
Jusqu’ici toutefois (soit près de 2 ans après sa publication), personne dans le camp réchauffiste (carbocentriste) n’avait osé répliquer officiellement par la voie de la science, afin d’engager la discussion. On peut d’ailleurs dire la même chose pour le RCA en général, pas seulement du «Manuel du sceptique»! Appel à l’autorité, attribution de noms («deniers» particulièrement), publication d’une liste noire des sceptiques, accusations de collusion avec l’industrie pétrolière… les moyens de défense sont nombreux, mais la démonstration scientifique n’est pas de ceux-ci.
La semaine dernière (et c’est ce qui explique cette couverture soudaine du guide), John Cook, auteur du blogue skepticalScience (destiné à démolir les arguments des climato-sceptiques), a publié ce qui semble être la première réponse scientifique au guide de Jo Nova. Avec l’aide de quelques professeurs, Cook a produit un guide intitulé «A scientific Guide to the ‘Skeptic’s Handbook’» (pdf).
L’approche (guide scientifique) est la bienvenue, car elle ouvre enfin la porte sur une discussion scientifique. Malheureusement, on ne peut en dire autant du contenu, qui laisse un gout amer par sa tentative de berner le lecteur.
Voyez par vous-même la réplique intégrale de Jo Nova sur son blogue…
Parmi les critiques soulignées, la plus notoire est celle du schéma montrant la signature du réchauffement dans la troposphère, le fameux point chaud («hot spot») manquant. Tel que le soulignait Jo Nova dans son guide, les modèles climatiques reposent leurs scénarios catastrophiques non pas sur l’effet direct du CO2, qui est plutôt limité et peu contesté (1.2 degré, selon le GIEC), mais bien sur les rétroactions, pour arriver à 3 ou 4 degrés (parfois plus). Ces rétroactions, prédisent les modèles, seraient positives (de nombreux travaux récents, dont ceux de Spencer et de Lindzen, semblent pourtant indiquer l’inverse).
Selon la théorie du RCA (donc selon le GIEC), nous devrions voir la signature des rétroactions sous forme d’une zone de chaleur dans la haute troposphère, correspondant au réchauffement amplifié par la vapeur d’eau (principalement). Cette zone n’a jamais été trouvée, ni par les satellites, ni par les ballons-sondes (et pourtant, on cherche fort!).
Voyez les résultats attendus et ceux obtenus (source: Jo Nova):

Que nous dit le guide de Cook? D’abord que ces zones ne sont pas importantes. Ensuite, qu’elles peuvent être causées par n’importe quoi. Enfin, qu’elles existent, montrant que les modèles disent vrai! Ah oui? Plusieurs carbocentristes seraient certainement intéressés à mettre la main sur celle-ci!
Pour créer cette zone, rien de plus simple, il suffit de manipuler le graphique un peu, c’est-à-dire changer les couleurs!
La convention veut que la couleur rouge représente ce qui est chaud (ou qui montre une tendance au réchauffement), alors que le bleu indique l’inverse.
Or, le graphique utilisé par Cook utilise une échelle particulière, destinée à berner le lecteur peu attentif. Il utilise la couleur rouge pour représenter la valeur 0 (ni réchauffement, ni refroidissement). Ainsi, même si une zone reste à la même température, elle apparait en rouge, laissant croire à une zone qui réchauffe!
Voyez son graphique ici (édité par Jo Nova pour l’ajout du commentaire):

Le véritable «hot spot» (rouge-brun) est trop petit et son altitude est insuffisante pour être qualifié de point chaud. De plus, le libellé («Tropospheric Hot Spot») laisse croire qu’il est représenté par tout ce qui est rouge, puisqu’il couvre cette région (aucune flèche ne pointe la minuscule zone). C’est une supercherie!
Les autres arguments scientifiques du guide ne sont guère mieux. Tentative échouée de Cook!
Super cet article. C’est bien de faire connaître Joanne Nova aux lecteurs francophones. Le “Guide du sceptique” est un modèle de clarté et de simplicité.
Plusieurs de mes billets ont trouvé leur inspiration dans des articles du site JoNova.
Le dernier billet de Joanne Nova dévoile un bien curieux phénomène : la terre de James Hansen (Nasa-Giss) semble avoir une proportion d’océans plus faible que la terre réelle … C’est vrai que les températures des océans ne sont pas sous son contrôle … Quand il s’agit de grappiller de sordides dixièmes de degrés, il n’y a pas de petites bassesses …
Merci et à bientôt !
Si les rétroactions étaient positives, l’Holocène (+5°C) aurait été suivi d’un emballement incontrôlé des températures, et nous ne serions pas là pour en parler. Donc la machine thermodynamique Terre a bien réagi avec rétroaction négatives (ou tout du moins n’a pas été la proie d’un point de non-retour). La théorie de Miskolczi semble donc mieux refléter le comportement réel de la planète.
Quelques ordres de grandeur, pour relativiser les affirmations de Cook.
Il y a environ 300 GtC/an d’échange naturel de CO2. L’homme envoie environ 3GtC/an dans l’atmosphère, dont 0,3 GtC par la respiration (les animaux en envoient 0,7 GtC/an)
Compte tenu d’une augmentation des rejets humains de +0,3%/an, cela nous donne +0,009 GtC/an : c’est quasiment négligeable. Et l’on monte, si j’ose dire, une usine à gaz pour limiter cette minuscule augmentation ? Absurde…