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Enquête du Penn State: seconde partie

On se rappellera qu’en février dernier, le Penn State (Pennsylvania State University) avait rendu un premier rapport («Inquiry Report») sur les allégations de mauvaise conduite en recherche de Michael Mann, scientifique impliqué dans plusieurs courriels du ClimateGate, et auteur de la célèbre courbe en crosse de hockey.

Mann ne travaille pas pour le CRU (Climate Research Unit – d’où proviennent les documents du ClimateGate), mais y entretient des liens étroits avec certains employés, dont plusieurs publications conjointes.

J’ai parlé de ce rapport préliminaire dans mon billet sur les enquêtes du ClimateGate, ainsi que dans celui portant sur la possible poursuite de Micheal Mann par le procureur général de Virginie.

Ce rapport constituait la première enquête des suites du ClimateGate, bien que limité à Michael Mann. Ce dernier fut, sans surprise, exonéré par le Penn State (son employeur), à qui il rapporte de gros sous. Et n’oublions pas que seuls Garry(Gerald) North et l’éditeur de Science, Donald Kennedy, ont été interrogés. Le premier, déjà sympathisant envers Mann, n’avait même pas lu les courriels!



Seconde partie d’enquête: l’investigation

L’examen plus approfondi des allégations fit l’objet d’une seconde partie de l’enquête, celle de l’investigation («Final Investigation Report»), qui a rendu son rapport en juin dernier (disponible depuis le 1er juillet).

Celui-ci, plus volumineux, inclus un résumé des entretiens avec les personnes suivantes:

  • Dr. Micheal Mann (Professeur, département de Météorologie de l’Université Penn State – l’accusé)
  • Dr. William Easterling (Doyen, collège de la Terre et des Sciences Minérales, Université Penn State)
  • Dr. William Curry (Scientifique senior, département de Géologie et Géophysique, Institut Océanographique Woods Hole)
  • Jerry McMannus (Professeur, département de la Terre et des Sciences en Environnement, Université Columbia)
  • Dr. Richard Lindzen (Professeur, département de la Terre, de l’Atmosphère et des Sciences planétaires, Institut de Technologie du Massachusetts)

L’enquête avait pour but premier de répondre à la question suivante:

Est-ce que Dr. Michael Mann a participé, directement ou non, à des actions qui dérivent grandement des pratiques acceptées par la communauté académique pour la proposition, la conduite ou les rapports de recherche ou autres activités scolaires?

Le comité conclut que non, basé sur le fait que ce dernier, entre 1999 et 2010, a été le chercheur principal (ou coprincipal) de 5 projets du NOAA et 4 projets du NSF, en plus de projets financés par le Département de l’Énergie (DOE), l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et l’Office de la Recherche Navale (ONR). Ce niveau de succès pour la proposition de recherche et l’obtention de financement place Dr. Mann parmi les scientifiques les plus respectés de son domaine. Un tel succès ne pourrait être possible sans rencontrer ou dépasser les standards les plus élevés de sa profession.



Donc, c’est la réputation qui garantit la bonne conduite?

Que dire de Jan Hendrik Schön, réputé chercheur en physique (gagnant de plusieurs prix) qui fut reconnu comme fraudeur par la suite? Ou encore Hwang Woo-suk, un pionnier expert dans son domaine, qui a publié des travaux sur les cellules souches embryonnaires humaines par parthénogenèse, mais dont les données se sont révélé avoir été fabriquées de toutes pièces? Et qui ne connait pas Bernard Lawrence Madoff, dont la compagnie fut à une époque la plus grande société d’investissement du NASDAQ et la 6e à Wall Street, avant son arrestation en 2008 pour fraude de 50 milliards de dollars?

Je ne prétends pas que Mann est un fraudeur (scientifique convaincu et peu auto-critique, certes), mais que la réputation basée sur le nombre de publications, d’honneurs ou de performance n’est pas gage de pratiques saines et exemplaires.



En lien au partage des données et des codes sources avec les gens qui désirent examiner ceux-ci, le comité conclut que la façon dont Micheal Mann a utilisé et partagé des codes sources fut conforme aux pratiques de son domaine (c’est-à-dire non-partage de données pour contre-vérification).

Personne en climatologie ne partage ses données. Alors, le fait que Michael Mann ne les partage pas serait, pour le comité, tout à fait acceptable!

Pour moi, cette enquête du Penn State ne fut nulle autre qu’une opération de blanchiment («whitewash»).


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9 Réponses à “Enquête du Penn State: seconde partie”



  1. Ma première visite sur votre blog. Et chapeau! je suis naturellement un sceptique et visiteur assidu des sites “Watts up with that” et de “Climat Audit”. je vois que vous êtes dans le cœur du débat des “blanchiments” des comportements de M. Mann et Jones. Je vais devenir un visiteur assidu de votre blog.

  2. @ G.P.
    Bienvenue et bonne lecture! Je consulte bien entendu régulièrement ces blogues, deux incontournalbles, dont plusieurs de mes billets sont d’ailleurs des traductions…

    N’hésitez pas à y apporter des commentaires, c’est ce qui fait la richesse d’un blogue, comme c’est le cas pour WUWT et CA…

  3. @G.P.
    J’ajouterai que dans la francophonie, le ClimateGate et les enquêtes (opérations de blanchiment) ne sont absolument pas médiatisés, sinon via un article comme celui de LaPresse que j’ai critiqué en prenant le temps d’expliquer ce qu’il en est.

    Les gens d’ici (Québec) ont une version encore plus filtrée du réchauffement qu’ailleurs.

    Je me rends compte, en parlant à des gens, que beaucoup ne savent tout simplement pas ce qu’est le ClimateGate. Nos médias font un bon travail de contrôle d’information et la barrière de la langue fait en sorte que moins de gens s’informent ailleurs – puisque généralement dans la langue de Shakespeare!

  4. Très juste Yves, alors que les médias corporatifs anglais et apparemment allemand sont “obligé” (due a une grande quantité d’information de qualité provenant d’une multitude de sources) de rapporter d’une manière plus objective. En fait la théorie du réchauffement anthropique est en train de s’effondrer sur elle même, les médias francophones continuent a promouvoir via divers techniques de propagande (http://fr.wikipedia.org/wiki/Propagande voire technique de propagande) la théorie du réchauffement catastrophique due au co2 émis par les activités humaines.

    Un exemple désolant est cet article du devoir :
    http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/293484/incontestable-disent-les-scientifiques-la-terre-se-rechauffe

    Mais le pire est les lunatiques commentaires malthusiens d’une bonne part des gens qui ont émis leur commentaires.

    En passant ton excellent site mériterait d’avoir une plus grande visibilité.

  5. @Martin,

    Ouf, je n’avais pas lu cet article. Voilà exactement le genre de couverture de merde auquel nous avons droit au Québec, pour ceux et celles qui lisent ce blogue à l’étranger. Pathétique.

    Tout comme sur le site de Radio-Canada, il y a beaucoup de commentaires qui supportent naïvement ces propos. Trop d’années à subir l’influence Steven Guilbault?

    Cela revient au vrai débat de fond: l’eugénisme. Que ce soit Al Gore, l’ONU, Ted Turner ou autres personnes influentes, l’idée est la même: on est trop sur cette planète, véritable source de tous les maux. Le réchauffement est un prétexte.

    Et les mesures de lutte au réchauffement vont nuire considérablement aux populations pauvres (empêcher d’accéder à des énergies abordables, montée des prix des ressources de base…), du coup permettant de réduire la population mondiale, but ultime.

    La visibilité, ce n’est pas les médias qui vont me la donner :-)

  6. De plus, ce n’est qu’une fois que la société a atteint un niveau de richesse suffisant qu’elle (société) peut se préoccuper de l’environnement, donc paradoxalement (du moins pour les pseudo écologistes) pour améliorer l’environnement des pauvres la meilleur façon est de les industrialiser. De plus même si vous croyez au mythe de surpopulation, lorsque qu’une société atteint un niveau de vie comparable à celui de l’occident, sa population se stabilise. Je suis d’accord avec toi que l’eugénisme fait un retour de plein de manière détournées et j’en suis préoccupé.

    Par exemple on apprend qu’un comité de bureaucrate veux réglementer le sel (!) alors qu’on est même pas foutus d’avoir l’étiquetage des OGM… Démocratiquement (je crois) qu’une grande part de la société n’en veulent pas. De plus nos “maitres” en sont parfaitement conscient alors dans ce cas précis on ne laisse pas la fameuse main invisible du marché faire son œuvre.

    De plus en plus d’études montre de sérieux riques associé aux OGM- du moins si elles ne sont pas faites par l’industrie.
    Un article parmi d’autres:
    http://www.naturalnews.com/029325_Monsanto_deception.html

  7. Ha oui, n’oublions pas Bill Gate avec ses vaccins qui réduise la population!

    http://www.youtube.com/watch?v=6WQtRI7A064

  8. Yves:
    “Cela revient au vrai débat de fond: l’eugénisme. (…)l’idée est la même: on est trop sur cette planète,”

    si Ted Turner et Al Gore étaient des eugénistes ils proposeraient d’améliorer génétiquement les humains, exemple: favoriser la reproduction des plus intelligents. On peut s’objecter à l’eugénisme sur des bases morales mais je ne vois pas en quoi la propagande en faveur du réchauffement planétaire causé par l’homme favoriserait l’idée de l’eugénisme. D’autant plus que la conclusion morale derrière le soi-disant réchauffement causé par l’humain est que les populations occidentales sont trop riches, trop consommatrices, trop ci, trop ça, c’est faire avaler de la grosse culpabilité existencielle aux blancs qui vivent dans le confort. Ça rappelle Herbert Marcuse et les mouvement gauchistes radicaux des années 60-70. La propagande réchauffiste et la propagande multiculturaliste se ressemblent.

    Tout ça pour dire que vouloir réduire la population mondiale ne fait pas de quelqu’un un eugéniste car la quantité et la ‘qualité’ sont deux choses différentes. Je crois que vous devriez trouver un autre terme que celui-là.

    Ces gens-là cherchent à mettre en place des mécanismes mondiaux de contrôle de l’économie et du comportement, i.e. taxes mondiales, lois “Vertes”. Ce sont d’abord et avant tout des mondialistes, c.a.d. des gens qui veulent voir des institutions mondiales “gérer” les problèmes de l’humanité. Dans sa conférence ‘Deconstruction Global Warming’ Richard Lindzen cite quelques extraits du livre de Mike Hulme, un professeur qui enseigne le “changement climatique” à l’université D’East Anglia:

    “The idea of climate change should be seen as an intellectual resource around which our collective and personal identities and projects can form and take shape. We need to ask not what we can do for climate change, but to ask what climate change can do for us.”

    c’est très révélateur

  9. @Martin,
    Vous avez bien raison, je me suis fourvoyé. J’ai confondu eugénisme et malthusianisme. Les idées promues par Al Gore, Turner et cie, c’est de réduire la population (indirectement), pas d’en améliorer ceux qui sont là. Promis, je ferai attention :-)

    Je suis d’accord avec vous, ils sont des mondialistes, au sens où vous l’entendez.

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