Le 1er octobre 2010 restera pour plusieurs gravé en mémoire comme «le vendredi noir» du mouvement vert. Le lancement de la campagne virale «10:10 – no pressure», dans laquelle on voit des gens (incluant des enfants) se faire exploser en raison de leur inaction pour la lutte aux changements climatiques, fut un fiasco. En effet, la vidéo fut retirée après seulement quelques heures, les partenaires de la campagne se sont pratiquement tous retirés, et le contrat de diffusion dans les cinémas a été annulé.
Après une semaine, les médias restent pratiquement tous muets, les groupes écologistes aussi. Je crois qu’il y a un si grand malaise qu’on préfère ne pas invoquer le nom, de peur de réveiller la curiosité des gens qui ne sont pas encore au courant. Le côté sombre et extrémiste de certains dirigeants écolos a été exposé, et il faut le cacher à tout prix.
Comme le souligne Dominic Lawson du journal The Independant:
Et ce qui fait le plus mal aux organisateurs, c’est que les statistiques du site de 10:10 montre un achalandage record pour la journée de la sortie et le lendemain. Bref, le mot circule sur le web (surtout via la blogosphère, car les cannaux officiels se taisent).
Une bien mauvaise publicité pour eux, qui ont tant bien que mal tenté d’étouffer l’affaire.
Pour ceux et celles qui ne l’ont pas vu, la voici:
J’ai l’habitude de regarder des films dans lesquels on voit bien plus de sang, sans en être offusqué, au contraire (par exemple, j’adore les films de Tanrantino). Le problème n’est donc pas le fait de faire exploser des gens, mais le contexte dans lequel on le fait. Par exemple, j’ai trouvé rigolo la scène du film «The meaning of Life» (Monty Python) où un homme explose à la fin de son repas.
Bien sûr, en tant que climatosceptique, je suis la victime. Et alors? Ce n’est même pas cela qui me dérange. À force de se faire traiter de négationniste, créationniste, sympathisant de l’industrie pétrolière et du tabac, j’en ai vu d’autres… et franchement cela ne m’affecte pas vraiment, car j’y vois plutôt le désespoir, le manque d’arguments et le petit côté dogmatique au lieu de scientifique.
Ce qui me dérange dans cette pub, c’est l’intolérance à la liberté d’expression. La vidéo aurait été aussi choquante peu importe le sujet (elle a d’ailleurs été parodiée à maintes reprises sur d’autres thèmes).
10:10 fait beaucoup de promotions pour sa campagne dans les écoles, pour faire peur sensibiliser les enfants. Quelle sorte de message leurs envois-ton? Vous devez faire ce qu’on vous dit, penser comme nous, sinon on vous tue?
L’utilisation d’enfants pour faire passer des messages du genre m’irrite également, mais on est loin de la première offense à ce chapitre (voyez ce lien pour plusieurs publicités et affiches).
J’ai depuis longtemps comme signature de messagerie instantanée la citation suivante (de Walter Lippman):
Beaucoup de dirigeants écolos véhiculent depuis longtemps des propos qui laissent entendre que ceux qui ne pensent pas comme eux sont des ennemis, des parasites, des plaies à la société, des égoïstes, et qu’il faut les museler. Cette vidéo en est une nouvelle démonstration, allant encore plus loin (les tuer). J’y vois un fantasme pour certains (éliminer ceux qui nuisent à leur cause), au-delà de l’humour noir.
Et qu’est-ce qui dit que «leur» vision des choses est la bonne? Certainement pas la science…
Parmi les rares à avoir traité la nouvelle, notons une minicouverture (la seule qui fut rapportée jusqu’ici à la télévision) sur les ondes de FoxNews. Les gens de 10:10 ayant refusé d’y participer, seul Marc Morano (Climate Depot) a été interrogé. Ça se passe ici :
Autrement, on trouve de rares échos dans la presse anglo-saxonne, soit le Wall Street Journal, le New York Times, le Daily Telegraph et The Independant. Rien ici, sans grande surprise, sauf certains blogues (dont cyberpresse) et l’émission radio de Christianne Charette (mp3), la seule à avoir traité du Climategate à l’époque.
Pas un mot de Steven Guilbault dans sa chronique environnementale du Metro, lequel ne manque normalement pas de souligner les campagnes de lutte aux GES.
En ce qui concerne les groupes écologistes, seul Greenpeace s’est prononcé, mais reste vague, en ne supportant ni condamnant la vidéo (ils en profitent plutôt pour dire que la vidéo est mise en avant-plan par les sceptiques et ceux financés par les pétrolières). La campagne 350.org s’était, soulignons-le, rapidement dissocié de la vidéo en indiquant :
N’empêche que certains, comme Green Chip Stocks, s’affichent au contraire en faveur de la vidéo (Why Climate Change Deniers Should Be Blown To Bits!).
Depuis toujours, et c’est la raison d’être de ce blogue (pour y faire contrepoids), nos médias offre une couverture partisane et sélective de l’information en lien au réchauffement climatique aux changements climatiques «perturbations climatiques».
Les écologistes sont omniprésents dans nos médias et politiques et jouent en partie un rôle de filtre de l’information. Par exemple, en 4 ans, jamais un seul article, une nouvelle brève ou une lettre d’opinion (commentaires des lecteurs) contredisant le dogme climatique n’a été publié dans le journal Métro. Pas même une allusion au Soleil ou aux océans. Le fait que M. Guilbault y est chroniqueur a sans doute quelque chose à y voir.
Chercher le mot climategate dans nos médias… pratiquement rien! On a bien entendu publié de courtes nouvelles pour annoncer que des scientifiques avaient été blanchis au printemps dernier, sans expliquer de quoi il s’agissait, ni critiquer les enquêtes qui sentent le blanchiment à plein nez, et surtout, sans jamais prononcer le mot «climategate».
La campagne de 10:10 – no pressure – subit un tabou encore plus grave. Les médias ne dénoncent pas, parce que, hormis la violence de la campagne, c’est ce qu’ils défendent depuis longtemps. Ils sont complices depuis des années de la polarisation climatique. Ils sont responsables de l’absence de débat sur le sujet, de manipuler l’opinion populaire. Ils choisissent de couvrir abondamment des phénomènes météo sélectionnés comme la vague de chaleur en Russie et les inondations au Pakistan, laissant croire au lecteur qu’il s’agit de climat, de tendance (même les experts sur la question reconnaissent que cela n’a rien à voir avec le réchauffement – la première étant liée à l’oscillation Arctique et le second à la mousson). En revanche, ils ne traitent jamais de ce qui va à contresens, comme ce qui se passe en Amérique du Sud.
La campagne était à l’origine supportée par une quinzaine de partenaires : Sony UK, O2, The Guardian, Kyocera, National Magazine… (liste complète ici). Ceux-ci n’étaient probablement pas au courant de la façon dont serait traité le sujet, et la surprise fut choquante. Rapidement, ils se sont majoritairement dissociés de la campagne pour ne pas y être mêlés d’aucune façon. S’ils voulaient redorer leur image en affichant leur support pour une campagne de réduction de GES, ce fut un échec.
Répliques:
Sony: http://presscentre.sony.eu/content/detail.aspx?ReleaseID=6249&NewsAreaId=2
Kyocera Mita : http://www.kyoceramita.co.uk/index/about_us/kyocera_mita_and_10.html
Même sur le site de 10:10, qui affiche le nombre de gens inscrits au défi (10% de réduction de GES en 2010), on assiste à un exode… C’est-à-dire qu’on est passé de 94,910 à 73,010 personnes inscrites entre le 7 et le 8 octobre. Du moins, c’est ce que les chiffres laissent croire. Dans les faits, ils ont simplement retiré 20,000 noms lors d’un contrôle qualité, c’est-à-dire le retrait d’inscriptions douteuses (on y trouvait Elvis Presley, Bin Laden et plusieurs sceptiques connus comme Anthony Watts et Lord Christopher Monkton).
Le nombre affiché demeure d’autant plus douteux que malgré la correction, en additionnant les gens par région, on surpasse largement le total. Mais bon, en matière de climatologie, ce ne serait pas le premier problème de calcul :-)
Je ne suis pas un admirateur de la série X-Files, alors je n’avais par reconnu l’actrice, mais celle qui joue le rôle de la journaliste sceptique à la fin (qui explose aussi), n’était nulle autre que Gillian Anderson.
Un hasard? Peut-être pas. Plutôt un message additionnel. Son rôle d’agent Scully dans la célèbre série de science-fiction était celui d’une enquêteuse «sceptique». Et à la fin de la série, on apprend qu’elle avait tort. Bien calculé!
Tags: écologistes
L’âge de la machine coïncide avec une politique de dilapidation forcenée des richesses naturelles du monde, sans aucuns soucis de ménager l’avenir.(André SIEGFRIED)
Le message de cette campagne, c’est qu’importe vos arguments, si vous n’êtes pas d’accord avec le dogme vous méritez la mort. C’est la façon de faire des pires dictatures, et dire que certain écolos approuvent! Ca en dit long sur ce qu’est devenu le mouvement écolo-religieux.