Judith Curry est une climatologue officiellement dans le camp de l’establishment climatique, c’est-à-dire celui des «carbocentristes», selon lequel l’homme est en grande partie responsable des changements climatiques via ses émissions de CO2. Elle se distingue toutefois des autres par son ouverture envers les climatosceptiques et sa critique (de plus en plus acerbe) envers le GIEC et l’argument de consensus.
Je salut pour ma part l’approche de Judith, beaucoup plus constructive dans le débat climatique que ce que nous offre habituellement ceux de l’establishment, même si je reste critique face à certains de ses propos. Je pense en particulier à sa réaction au Climategate et aux déboires du GIEC, l’hiver dernier, lorsqu’elle affirmait que le problème est avant tout lié à la communication. Je suis d’avis qu’il vaudrait mieux régler la science avant de simplement mieux communiquer (la pseudoscience), tel que le soulignait Willis Eschenbach (traduction disponible dans mon billet).
Notez que la véritable arrière pensée de Judith était peut-être effectivement de mieux discuter des incertitudes (et non simplement mieux convaincre du message habituel), et la mise sur pied récente de son blogue en témoigne. On y trouve de bons articles et des commentaires très intéressants (en provenance des 2 camps), favorisant le dialogue scientifique pour mieux comprendre le climat. Si seulement on avait eu ce genre d’approche dès le début… au lieu de sites partisans comme RealClimate, simplement destinés à museler toute critique!
Le journal Scientific American a récemment publié un article sur Judith Curry (Climate Heretic: Judith Curry Turns on Her Colleagues), critiquant sa prise de position (elle sèmerait le doute et nuirait à la cause – sauver des vies!). Visiblement, l’ouverture d’esprit et le sens critique ne sont pas des qualités recherchées par les éditeurs du journal (pas plus que pour la plupart des grands défenseurs du dogme, incluant notre leader vert Steven Guilbault). Rien que le titre de l’article du Scientific American en dit long: on la qualifie d’hérétique!
Voici un extrait de l’article, qui après avoir indiqué qu’elle (Judith) pourrait avoir simplement mis de l’huile sur le feu, en profite pour salir les climatosceptiques en général, en les accusant de distribuer des courriels piratés au lieu de travailler à résoudre les problèmes aux conférences et dans les journaux scientifiques :
D’abord, il n’a jamais été démontré que les courriels avaient été piratés, au contraire il semble plutôt s’agir d’une fuite interne. Cette affirmation n’a pour but que de détourner l’attention en victimisant les auteurs au lieu de s’attarder au contenu. Certes, ils ont été bien plus véhiculés par les climatosceptiques, PARCE QUE les médias trop complaisants ont préféré étouffer ce scandale.
Quant aux conférences, les climatosceptiques sont exclus des conférences officielles comme Copenhague! L’establishment climatique ne veut rien entendre de la position des critiques. Quant aux publications scientifiques, elles sont difficiles pour les sceptiques, étant donné le contrôle des journaux par les membres de l’élite climatique (Jones, Mann…). En voici néanmoins plus de 800 qui ont passé le crible.
Judith Curry a répliqué au texte sur son blogue, et je me permets de la traduire ci-bàs.
Notons que le texte de Judith a été repris sur WattsUpWithThat (WUWT), blogue scientifique le plus fréquenté et largement dominé par un lectorat climatosceptique, donc plus ou moins en accord avec les positions fondamentales de la scientifique – celles du GIEC. Les commentaires sont pourtant presque unanimes : on salue Judith pour son intégrité et sa démarche d’ouverture. Ces qualificatifs sont malheureusement moins bien vus dans la blogosphère et les médias à tendance réchauffiste…
Laissez-moi vous demander ceci. Comment vont les choses pour vous dernièrement? Il y a un an, l’establishment climatique était au sommet du monde, maître de l’Univers. Nous avons depuis été confrontés à des doutes sérieux sur la réputation d’un certain nombre de scientifiques, du GIEC, des sociétés professionnelles et autres institutions scientifiques. La conséquence a été une perte de confiance du public dans la science du climat, et certains prétendent même dans la science en général. Le GIEC et le UNFCCC (United Nations Framework Convention on Climate Change) sont vu par plusieurs comme des obstacles à des politiques énergétiques saines et viables. Les groupes de pression environnementaux abandonnent le changement climatique pour des causes plus prometteuses. Aux États-Unis, l’éventualité que les républicains gagnent la chambre des représentants soulève le spectre d’audiences publiques à propos de l’intégrité de la science du climat et des réductions dans les fonds de recherche fédéraux sur le climat.
Que s’est-il passé? Est-ce que les sceptiques, les compagnies pétrolières et les groupes de pensée libertariens ont gagné? Non, vous avez perdu. Et cela, pour avoir supporté des politiques dont je crois que plusieurs d’entre vous ne comprennent par complètement. Ce que je veux est que la communauté scientifique du climat change de cap et retourne à faire de la science, et que l’on retourne à un environnement où le débat scientifique est au coeur de la vie académique. Étant donné l’importance de notre champ d’expertise, nous devons trouver comment fournir la meilleure information scientifique et tenir compte des incertitudes. Cela signifie d’abandonner l’adhésion religieuse au consensus dogmatique.
Let me ask you this. So how are things going for you lately? A year ago, the climate establishment was on top of the world, masters of the universe. Now we have a situation where there have been major challenges to the reputations of a number of scientists, the IPCC, professional societies, and other institutions of science. The spillover has been a loss of public trust in climate science and some have argued, even more broadly in science. The IPCC and the UNFCCC are regarded by many as impediments to sane and politically viable energy policies. The enviro advocacy groups are abandoning the climate change issue for more promising narratives. In the U.S., the prospect of the Republicans winning the House of Representatives raises the specter of hearings on the integrity of climate science and reductions in federal funding for climate research.
What happened? Did the skeptics and the oil companies and the libertarian think tanks win? No, you lost. All in the name of supporting policies that I don’t think many of you fully understand. What I want is for the climate science community to shift gears and get back to doing science, and return to an environment where debate over the science is the spice of academic life. And because of the high relevance of our field, we need to figure out how to provide the best possible scientific information and assessment of uncertainties. This means abandoning this religious adherence to consensus dogma.
Le blogue de Judith Curry (Climate Etc.) est unique en son genre puisqu’ écrit par une climatologue carbocentriste qui critique le soit disant consensus entre climatologues exprimé dans le rapport du GIEC. La base de l’alarmisme au sujet des impacts présumés des GES est le principe d’incertitude selon lequel il faudrait réduire par précaution les émission des GES meme si ont ne connait pas la probabilité d’évènements catastrophiques d’origine anthropique. Judith Curry affirme dans son billet intitulé ‘Uncertainty gets a seat at the big table Part IV’ que les changements climatiques catastrophiques d’origine anthropiques prédits par des modèles de haute sensibilité n’ont pas été décrits de facons adéquate. Elle ajoute: Comment peut-on falsifier ces scénarios de haute sensibilité des modèles ? A mon avis cette question est à la base de l’incertitude des projections des couts associés aux réchauffements d’origine anthropique. Les économistes utilise des jugements subjectifs pour estimer cette probabilité puisqu’on ne pourra jamais vérifier cette probabilité.