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Sauver la planète: arrêtez les Verts!

Je suis tombé sur un article intéressant hier soir, publié sur GWPF (The Global Warming Policy Foundation): «Tim Worstall: Save The Planet – Stop The Greens».

En lien avec mes deux derniers billets sur l’économie verte (ici et ici), cet article est digne de mention.

L’auteur, Tim Worstall, n’est pas un sceptique du RCA. Il admet d’entrée de jeu qu’il ne remet pas en doute les changements climatiques causés par l’homme et qu’il faut effectivement faire quelque chose puisque l’issue pourrait être terrible…

Ce qui rend l’article intéressant, c’est que malgré son acceptation du discours de la pensée unique (le discours du GIEC et des médias), Worstall argumente pour montrer que les Verts nous proposent les pires solutions, et que c’est bien plus de cela qu’il faut avoir peur!

L’auteur rappelle que l’énergie éolienne et l’énergie solaire sont les pires avenues pour résoudre le problème, un avis que je partage. Je ferai d’ailleurs prochainement un article pour montrer à quel point l’éolien est un mauvais choix économique et environnemental. Idem pour le solaire.

Quelques passages intéressants:
Donc, en l’absence de système de stockage, installer des éoliennes partout au pays ne fonctionnera tout simplement pas. Alors, pourquoi est-ce qu’on le fait?
Thus, in the absence of a storage system, populating the country with windmills just won’t work. So why are we doing it?

Toujours en lien aux éoliennes:

J’entends des gens argumenter qu’il ne faut pas utiliser ce gaz (NDT: gaz de shale) parce qu’il nous empêcherait d’investir dans l’éolien. En y pensant bien, c’est probablement vrai: bâtir quelque chose qui fonctionne pourrait effectivement nous empêcher de construire quelque chose qui ne fonctionne pas.

Mais pourquoi ce grand attachement à quelque chose, les éoliennes, qui ne fonctionnera pas?

But I’m actually seeing people arguing that we can’t shouldn’t use gas because it will stop us from investing in windmills. Which, when you think about it, is probably true: building something that works will indeed prevent us from building something that doesn’t.

But why is there this huge attachment to something, windmills, that isn’t going to work?

Cette fois en lien aux panneaux solaires (dont l’auteur s’y connait davantage, en tant que fournisseur de métaux rares qui servent à leur fabrication), il demande pourquoi on subventionne à ce point une industrie apparemment sur le point d’être rentable:

On nous martèle constamment que les cellules photovoltaïques seront très bientôt compétitives (en terme de coûts) aux énergies fossiles pour la production d’électricité. Plus le conférencier est un défenseur de l’énergie solaire, plus la date est proche. Alors, pourquoi les incitatifs financiers? L’industrie moderne ne se tourne pas sur un dix sous. Si nous sommes rendus au point de voir l’énergie solaire rentable d’ici 3 ans (ce que prétendent certains), alors cela arrivera même si les installations solaires d’aujourd’hui reçoivent 5 à 10 fois le prix courant pour leur énergie.
We’re constantly told that solar PV is going to be grid equivalent (ie, cost the same at the point of use as getting coal produced ‘leccie from the grid) very soon now. Indeed, the more the speaker is a PV booster, the sooner that date seems to be. So, err, why are the subsidies needed? Modern industry just doesn’t turn on a sixpence, if we’ve built up the momentum needed to get solar PV to being economic in some three (no, really some claim this) years’ time, then this is going to happen whether or not today’s installations get five or 10 times the current retail cost of that ‘leccie.

L’auteur ajoute, sur note plus générale, que certaines personnes ne veulent tout simplement pas que l’on consomme de l’énergie. C’est d’ailleurs la vision des Verts que je découvre de plus en plus à force de me renseigner sur le RCA. Ils ne veulent pas d’énergie alternative, ils veulent une réduction de la consommation, point. Faudra-t-il se départir de nos frigos, notre chauffage en hiver, nos airs conditionnés en été, nos ordinateurs?

Je soupçonne qu’il y a différentes personnes qui veulent que nous allions vers des systèmes énergétiques locaux et vers une faible consommation, que les changements climatiques soient un problème ou non.
My suspicion is that there have been various people around who wanted us to go for local energy systems, low-level energy consumption, whether climate change was or is a problem

Tim Worstall relate une discussion révélatrice entre George Monbiot (célèbre écologiste «réchauffiste», partisan du nucléaire) et Caroline Lucas (leader du parti Vert, UK). Lorsque Monbiot a demandé à Lucas pourquoi subventionner l’énergie solaire et non l’énergie nucléaire, cette dernière a répondu que le nucléaire était une technologie mature, alors que le solaire ne l’était pas. Alors, Mombiot lui a demandé si elle supporterait la recherche sur les réacteurs nucléaires au thorium, qui pourrait s’avérer plus sécuritaire et économique (que les autres types de réacteurs). Elle a répondu que non, parce que la technologie des réacteurs au thorium n’était pas éprouvée… Cherchez l’erreur!

Subventionner une technologie non éprouvée et non rentable, mais pas une autre, les deux potentiellement capables de répondre au soi-disant problème, c’est-à-dire la génération d’énergie à faible émission de carbone, on peut dire qu’il y a au minimum un soupçon de méfiance que ce choix est idéologique, et non basé sur des bases pratiques.
To subsidise one uneconomic and unproven technology but not another, both equally capable of solving the problem supposedly under discussion, non-carbon (or rather low-carbon, there are no non-carbon systems) energy generation, well, there’s at least a soupcon of a suspicion that the choice there is being made on ideological, not practical grounds.

Selon l’auteur, alors qu’en Russie et en Inde on fait de la recherche sur le thorium et on étudie la construction de tels réacteurs, il y a beaucoup d’opposition politique en Europe rien qu’à l’idée. Pourquoi poursuit-il? Parce que certaines personnes croient que plus d’énergie est simplement mauvais.

Le plus ironique, c’est que le thorium vient de l’extraction des minéraux rares qui servent à la production des aimants des turbines d’éoliennes (une extraction assez dommageable pour l’environnement). Il s’agit d’un déchet dont on se débarasse difficilement. Les Indiens ont commencé à le conserver au lieu de chercher à s’en départir, au cas où quelqu’un en aurait besoin un jour pour un réacteur…

…ce que nous devrions faire pour résoudre le problème est détourné par ceux qui ne veulent pas le régler, c’est-à-dire le problème de générer de l’énergie à faible émission de carbone. En revanche, ils utilisent le problème comme un moyen d’imposer leur vision du style de vie que nous devrions avoir tous. Donc, nous nous tournons vers des solutions qui ne fonctionnent pas parce qu’ils ne désirent pas régler le problème, mais plutôt que nous nous soumettions à leurs consignes sur «comment la société devrait être».
…what we should do about this problem has been hijacked by those who don’t in fact want to solve this single, particular, problem of requiring low carbon energy generation but who want to use this agreed upon problem as a means of imposing their vision of the desirable lifestyle upon the rest of us. And so we go with solutions which won’t in fact work because they desire that the problem not be solved, but that we should accord with their instructions upon how society should be.

En d’autres mots, comme conclut Worstall:

Une autre façon de voir la chose, encore plus déprimante, est que la plus grande barrière à surmonter le problème des changements climatiques est le mouvement Vert. Ils (NDT: les Verts) ne nous laissent pas faire ce qui pourrait résoudre le problème, et insistent pour que nous poursuivions dans une avenue qui ne fonctionnera jamais, comme ces foutues éoliennes.
Another, even more depressing, way of putting it is that the greatest barrier to our being able to solve climate change is in fact the Green movement. For they won’t let us do what might actually solve it, they insist that we pursue course of action which simply never will work, like those bloody windmills

30 Réponses à “Sauver la planète: arrêtez les Verts!”



  1. Pour ton prochain billet, ce pourrais être bien d’inclure les bio carburants qui sont une tragédie sur plusieurs niveaux. Si je me souviens bien (ça fais un bout de temps que je n’ai pas lu sur se sujet) La plupart des bio carburants n’ont pas un rendement positif (dans le meilleur des cas, légèrement positif) c’est à dire que pour plusieurs (dont le maïs), ça demande plus d’énergie que l’on en retire… sans compter les autres effets sur le prix des denrées alimentaires et les problèmes connus lié aux monocultures.

  2. Tu as raison Martin, les biocarburants – un autre scandale! Je vais ramasser l’info que je trouve sur le sujet et publierai un jour quelque chose là-dessus.

    Ca fait quelques temps que je garde des liens au sujet des éoliennes (le sujet m’attire plus, car au Québec on veut nous convertir à cette source d’énergie), donc j’ai déjà un peu de matériel. J’ai plus d’efforts de recherche à faire pour les biocarburants…

    Cela dit, si des gens trouvent des liens d’intérêts sur l’éolien, le solaire ou les biocarburants, n’hésitez pas à me les envoyer (section contact en haut).

    Je n’ai pas l’intention de changer la vocation de mon blogue pour militer contre les développements d’énergies vertes courantes (éolien, solaire), mais le sujet doit être abordé en au moins un billet qui regroupera de l’info pertinente pour référence future. Ce n’est pas aussi vert qu’on voudrait nous le faire croire, sauf la couleur des billets des promotteurs (du moins pour l’instant).

  3. Bonjour Yves,
    Votre commentaire ci-dessus :
    “Ce n’est pas aussi vert qu’on voudrait nous le faire croire, sauf la couleur des billets des promotteurs”
    dit à peu près tout …
    Merci !

  4. Bonjour,

    Je suis carrément sceptique du RCA mais votre commentaire sur les éoliennes est aussi partisan que celui des rechauffistes. Certains opérateurs de réseaux (UNELCO au Vanuatu) parviennent à faire tourner des réseaux avec 70 voire ponctuellement 100 % d’éolien, et sans stockage, et c’est beaucoup moins cher que de faire tourner les groupes diesel qui alimentent l’île. Même EDF, farouchement pro nucléaire admet que 30 % de puissance éolienne est gérable sur un réseau interconnecté. Monsieur Worstall est soit un ignorant, soit un menteur.
    Dans le même registre, les économies d’énergie sont possible dans beaucoup de secteurs, et sans toucher à notre niveau de vie ! Ma voiture fait 220 CV et consomme 14 l/100 km, pour la même puissance il y a 10 ans, elle aurait consommé 25 l/100 km ! Il ne faut pas confondre économie d’énergie et décroissance !

    Merci pour votre blog, il faut continuer à se battre contre les soi-disant vérités incontestables.

    Fred

  5. “Certains opérateurs de réseaux (UNELCO au Vanuatu) parviennent à faire tourner des réseaux avec 70 voire ponctuellement 100 % d’éolien, et sans stockage, et c’est beaucoup moins cher que de faire tourner les groupes diesel qui alimentent l’île” dites vous.

    Avez vous des sources ? je suis curieux de savoir comment on s’y prend et surtout à quoi ressemble le réseau des îles Vanuatu.

  6. @FRED PELLADEAU

    Mon commentaire sur les éoliennes repose sur de nombreux constats d’échecs, comme ce fut le cas pour monsieur Worstall. La majorité des éoliennes (Amérique du Nord, Europe) fonctionnent entre 20 et 30% du temps seulement – parfois moins. On note même plusieurs périodes avec 100% d’arrêt. Quand on parle de non rentabilité, c’est en comparaison avec les formes d’énergies conventionnelles (fossiles surtout). La situation est peut-être très différente au Vanuatu (le prix des énergies conventionnelles est-il très élevé? et la situation géographique est peut-être plus plus propice pour le vent?). J’aimerais aussi voir ces rapports, car cela serait contraire à la plupart des rapports.

    Tel qu’indiqué, je publierai d’ici quelques jours ou semaines un billet traitant plus spécifiquement des éoliennes, avec des liens qui appuis mes propos. Si vous avez des données encourageantes (par exemple au Vanatu), svp me les faire parvenir, via les commentaires ou via la section contact. En attendant, vous pouvez lire le rapport de John Muir (http://www.jmt.org/news.asp?s=2&nid=JMT-N10561) ou encore visionner ce petit diaporama en français qui fait un survol de la chose: http://moratoire-eolien.fr/diaporama.php

    Je suis d’accord avec-vous, les économies sont possibles partout, sans toucher au niveau de vie. Et c’est là qu’il faut commencer. Ça passe beaucoup par la technologie (par exemple l’amélioration des voitures, des appareils ménagers…). Malheureusement, le discours des écologistes passe plutôt par le retour à des périodes sombres, car ils ne prêchent pas pour l’amélioration, mais la réduction coûte que coûte.

  7. en ce qui concerne les bio carburants, seuls ceux produits à partir de canne à sucre sont économiquement rentables. la production à partir de maïs est un contresens car il n’y a pas assez de sucre produit pour faire de l’éthanol.

  8. «la production à partir de maïs est un contresens car il n’y a pas assez de sucre produit pour faire de l’éthanol.»

    Encore une folie destructrice de Gore à coups de subventions pour gagner des voix.

    Le résultat est des centaines de millions d’affamés par la hausse des prix.

  9. De la bouche même d’Al Gore (novembre dernier) :

    It is not a good policy to have these massive subsidies for (U.S.) first generation ethanol.

    First generation ethanol I think was a mistake. The energy conversion ratios are at best very small.

    It’s hard once such a programme is put in place to deal with the lobbies that keep it going

    Rappelons que les lobbies incluent particulièrement BP. Je sais, les carbocentristes croient que les pétrolières sont du côté des sceptiques du RCA, mais sachez qu’ils bénéficient grandement de l’alarmisme, surtout BP.

    Al Gore avoue ensuite avoir été influencé par des motifs politiques lorsqu’il en faisait la promotion:

    One of the reasons I made that mistake is that I paid particular attention to the farmers in my home state of Tennessee, and I had a certain fondness for the farmers in the state of Iowa because I was about to run for president.

    Bien entendu, il ajoute que pour la 2e et 3e génération de biocarburants, pas de problème: tout est OK. Va-t-on faire le même constat dans 5-10 ans? Désolé Al, mais tu es tellement en conflit d’intérêts sur le sujet, que même si c’était vrai, je ne le croirais pas venant de ta bouche! (et cela inclus la promotion des voitures électriques)

    Source: http://wattsupwiththat.com/2010/11/22/gore-admits-the-obvious-us-corn-ethanol-was-not-a-good-policy/

  10. “In the U.S. ethanol system, considerably more energy, including high-grade fossil fuel, is required to produce ethanol than is available in the energy-ethanol output. Specifically about 29% more energy is used to produce a gallon of ethanol than the energy in a gallon of ethanol. Fossil energy powers corn production and the fermentation/distillation processes. Increasing subsidized ethanol production will take more feed from livestock production, and is estimated to currently cost consumers an additional 1 billion per year. Ethanol production increases environmental degradation. Corn production causes more total soil erosion than any other crop. Also, corn production uses more insecticides, herbicides, and nitrogen fertilizers than any other crop. All these factors degrade the agricultural and natural environment and contribute to water pollution and air pollution. Increasing the cost of food and diverting human food resources to the costly inefficient production of ethanol fuel raise major ethical questions. These occur at a time when more than half of the world’s population is malnourished. The ethical priority for corn and other food crops should be for food and feed. Subsidized ethanol produced from U.S. corn is not a renewable energy source.”

    “Growing crops for fuel squanders land, water and energy resources vital for the production of food for human consumption. Using corn for ethanol increases the price of US beef, chicken, pork, eggs, breads, cereals, and milk more than 10% to 30%. In addition, Jacques Diouf, Director General of the UN Food and Agriculture Organization, reports that using food grains to produce biofuels is already causing food shortages for the poor of the world.”

    “Most prior studies have found that substituting biofuels for gasoline will reduce greenhouse gases because biofuels sequester carbon through the growth of the feedstock. These analyses have failed to count the carbon emissions that occur as farmers worldwide respond to higher prices and convert forest and grassland to new cropland to replace the grain (or cropland) diverted to biofuels. By using a worldwide agricultural model to estimate emissions from land-use change, we found that corn-based ethanol, instead of producing a 20% savings, nearly doubles greenhouse emissions over 30 years and increases greenhouse gases for 167 years. Biofuels from switchgrass, if grown on U.S. corn lands, increase emissions by 50%. This result raises concerns about large biofuel mandates and highlights the value of using waste products.”

    http://www.sciencemag.org/content/319/5867/1238.abstract
    http://www.springerlink.com/content/47705417208688m7/
    http://www.springerlink.com/content/n7533126g6363512/

    Environ le 15e commentaire suivant le lien ci-dessus (WUWT)

  11. @Martin,

    C’est le 17e :-)

    Le lien direct vers le commentaire: http://wattsupwiththat.com/2010/11/22/gore-admits-the-obvious-us-corn-ethanol-was-not-a-good-policy/#comment-534951

  12. Tim Worstall:
    “Donc, en l’absence de système de stockage, installer des éoliennes partout au pays ne fonctionnera tout simplement pas. Alors, pourquoi est-ce qu’on le fait?”

    C’est l’une des rengaines favorites des anti-éoliens. Une autre, évoquée sur le diaporama “moratoire-éolien”, est que “l’éolien français fournit une part très modérée de la production électrique.” Ce qui est vrai, du moins pour l’instant.

    Mais en quoi l’absence de système de stockage serait-elle rhédibitoire dans un contexte où des parcs éoliens fort modestes sont connectés au réseau ?

    Le Danemark prouve le contraire avec de près de 20% de ses besoins électriques issus de l’éolien. Pour le niveau de contribution de la France, la question de “l’absence de stockage” est ubuesque. Ou tout du moins, elle mérite quelques explications.

  13. @Lecast
    «Mais en quoi l’absence de système de stockage serait-elle rédhibitoire dans un contexte où des parcs éoliens fort modestes sont connectés au réseau ?»

    Parce que les éoliennes ne fournissent pas de l’énergie de façon constante.

    Pas assez de vent, elles ne tournent pas, trop on doit les arrêter pour ne pas les endommager. Et c’est sans compter qu’en période de bon vent, plusieurs ne tournent même pas (voyez par exemple http://wattsupwiththat.com/2011/03/19/the-reality-of-wind-turbines-in-california-video/). Avec si peu de fiabilité, il s’agit d’une énergie d’appoint. Quand on a la possibilité de stocker cette énergie supplémentaire par bon vent, on coupe la production normale pour utiliser le surplus en provenance de l’éolien. Sinon, on le perd, car le réseau ne peut absorber le surplus. Gaspillage. La clé des énergies alternatives non constantes passe par un bon système de stockage.

    C’est drôle que vous nous parliez du Danemark, car j’en ai justement parlé dans mon billet précédent. Voyez http://www.rechauffementmediatique.org/wordpress/2011/04/25/economie-verte-partie-2-de-2, au point 4.

  14. @Yves Pelletier
    “Sinon, on le perd, car le réseau ne peut absorber le surplus. Gaspillage. La clé des énergies alternatives non constantes passe par un bon système de stockage.”

    Votre raisonnement reste curieux…Comment parler de gaspillage pour une ressource dont l’apport en pointe ne fournit qu’une fraction minoritaire des besoins ?

    Si vous n’aimez pas le gaspillage, alors que pensez-vous des (grosso modo) deux-tiers de chaleur perdue dans le fonctionnement d’une centrale thermique, en particulier celui d’une centrale nucléaire ? Le “gaspillage” n’est pas vraiment le problème, a fortiori lorsqu’il s’agit d’une ressource renouvelable comme l’est le vent.

    L’éolien ne peut fonctionner seul, c’est un fait. C’est aussi le cas du nucléaire, trop peu réactif pour gérer les demandes de pointes (nécessité de recourir alors à des compléments de centrales thermiques à flamme et/ou de barrages hydro-électriques.) Mais le procès du fanctionnement seul et du “gaspillage” n’a curieusement jamais concerné que l’éolien. Je pense que vous n’avez pas les idées très claires à ce sujet.

  15. @Lecast. Vous avez ecrit:
    “Si vous n’aimez pas le gaspillage, alors que pensez-vous des (grosso modo) deux-tiers de chaleur perdue dans le fonctionnement d’une centrale thermique, en particulier celui d’une centrale nucléaire ?”

    Malgre le rejet de chaleur des centrales thermiques au charbon le cout de production de l’electricite est beaucoup moins cher dans ce cas que pour les eoliennes puisque l’energie chimique des liens entre atomes de carbone libere beaucoup d’energie lorsqu’ils sont brises lors de la combustion du charbon.

    La puissance des eoliennes est limitee par l’energie cinetique maximum du vent. Cette energie de faible intensite doit etre distribuee par des reseaux electriques beaucoup plus elabores que pour une centrale thermique. Les eoliennes ont aussi le probleme du stockage de l’energie tel que decrit par Yves Pelletier

  16. Il en est de même pour les voitures électriques.
    L’excellent rendement des moteurs électriques ne leur permet pas de concurrencer celui, pitoyable, des moteurs thermiques.

    D’autres facteurs sont déterminants.

  17. @Lecast,

    «Comment parler de gaspillage pour une ressource dont l’apport en pointe ne fournit qu’une fraction minoritaire des besoins ?»

    L’apport n’est pas en pointe, mais plutôt quand le vent souffle. Si le vent souffle la nuit, comme c’est souvent le cas, il n’y a pas de demande, et le réseau ne peut prendre la surcharge, donc perdu si pas de stockage. Pendant les vagues de froid intense, où la demande est forte, le vent ne souffle souvent que très peu. Parlez-en aux Britanniques…

    Heureusement que la portion éolienne reste très faible, au prix où elle coûte! On doit verser des redevances énormes aux fournisseurs pendant de nombreuses années (ce qui fait monter la facture d’électricité des contribuables). Il est souvent plus payant d’arrêter les éoliennes et utiliser l’énergie conventionnelle (hydroélectricité dans le cas du Québec) quand le vent est «trop bon», car ça coûte trop cher. Et dire qu’au Québec on fait pression pour cesser de construire des barrages et les remplacer par de l’éolien (bien que personne n’en veut chez eux).

    Il ne faut pas oublier non plus le déboisement pour faire de la place aux éoliennes, mettre sur pied un réseau parallèle alimenté par un barrage hydroélectrique ou une centrale au gaz pour combler le manque à gagner et assurer une stabilité (sans oublier d’injecter un peu d’électricité dans les éoliennes qui ne tournent pas, afin qu’elles repartent plus facilement), les produits toxiques qui entrent dans leur composition (surtout les aimants des turbines), le fait qu’elles soient fabriquées à l’étranger (dans des usines qui carburent à quoi?), la courte durée de vie et les bris mécaniques fréquents, l’impact sur les oiseaux et les chauves-souris, et j’en passe.

    Le prix exorbitant pour le peu de rendement est sans doute ce qu’il faut retenir. Le fait de ne pas toujours avoir de quoi stocker l’énergie intermittente qui s’en dégage ne fait qu’aggraver la chose.

    Notez qu’on a le même genre de problèmes avec l’énergie solaire. Quant au nucléaire, ma position est mitigée sur cette forme d’énergie. La gestion des déchets reste problématique…

    Il vaut mieux continuer de rendre les voitures, nos maisons et nos appareils moins énergivores, comme c’est le cas d’année en année. Économiser l’énergie est primordial, mais il ne faut pas aller jusqu’à limiter la consommation (rationaliser) et revenir en arrière de quelques décennies comme le proposent plusieurs écolos.

    Il ne faut pas non plus investir massivement dans des technologies trop peu prometteuses comme l’éolien et le solaire (la recherche oui, mais pas un déploiement à grande échelle à ce stade).

  18. Wind farms paid £900,000 to switch off for one night

    Opérateur d’éoliennes payé 900 000£ pour ne pas produire d’électricité pendent une nuit, c’est l’équivalent de 20 fois la somme qu’ils auraient reçu pour une nuit de production.
    C’est complètement scandaleux, et c’est le modèle qu’ils veulent implanter partout.
    http://www.telegraph.co.uk/earth/energy/windpower/8486449/Wind-farms-paid-900000-to-switch-off-for-one-night.html

  19. @RaymondT
    Pour lever bien des idées reçues, je vous invite à lire cette brève contribution de RTE, le gestionnaire du réseau français d’électricité en hautes et moyennes tensions :
    http://www.debatpublic-eolien-en-mer.org/docs/docs/contribution-rte.pdf

    La conclusion:
    “Ainsi, l’intermittence de la production éolienne ne représente donc qu’un aléa parmi beaucoup d’autres et, sous réserve d’une répartition géographique équilibrée et d’un développement adapté du réseau de transport, l’insertion de 20 000 MW d’éolien dans le système électrique français apparaît réalisable.”

    Pour fixer les idées, la puissance installée à ce jour en France est de 5 853 MW (http://www.suivi-eolien.com/) avec une croissance exponentielle comparable à celle que connaissent de nombreux pays depuis une dizaine d’années (cf tableau: http://fr.wikipedia.org/wiki/Énergie_éolienne )

    Les vrais spécialistes ne s’arrêtent pas aux objections des Cassandre et ils le prouvent par des mises en oeuvre concrètes.

  20. @Lecast, Merci pour les liens aux documents. Le premier document ne semble pas discuter du cout de production de l’electricite pour les eoliennes en comparaison au cout pour le charbon. Le deuxieme document compare le cout de production pour les eoliennes au cout pour le nucleaire, gaz naturel, fioul, mais pas au charbon qui est la principale source de production d’electricite au monde.

  21. “Lecast, le mercredi, 4 mai 2011 à 01:58 a écrit: …/…”
    Il ne fait aucun doute qu’une éolienne fournit de l’électricité.
    Et la question n’est pas de savoir si on peut mettre des éoliennes sur le territoire français, c’est déjà le cas.

    Les questions sont de savoir combien on paiera cette électricité et quels seraient les bénéfices économiques et sociaux de l’installation de ces moulins à vent géants.

  22. @lecast sachant que les 5,8 GW installés en éolien représentent en moyenne 2% au plus de la consommation française, on peut en déduire que 20 GW représenteraient 7% de la consommation …
    Reste à savoir quel sera l’impact sur le coût du KWh pour le “client” lambda auquel on e demande pas son avis et qui n’a pas d’alternative ( à cause du caractère obligatoire de la CSPE). Si on en juge par l’impact de cette CSPE au prix du KWH on ne peut s’attendre à rien de bon.
    Quant au photovoltaîque je ferais remarquer gentiment que si c’était acceptable, les particuliers devraient installer des panneaux qui les alimenteraient directement, ainsi ils limiteraient leur s achats de KWH à EDF et aux autres. OR même avec les aides prévues à l’investissement ce n’est pas rentable et de loin. Donc youpi pour faire plaisir aux zécolos on a mis au point une machine infernale par laquelle on leur permet de revendre à EDF automatiquement à un tarif cinq fois plus élevé que le prix public. Ainsi c’est limite rentable pour le producteur et cela revient à faire payer à tous les clients les subventions accordées. ça c’est du calcul économique, les shadocks n’auraient pas fait mieux, mais bon c’est du Grenelle donc du domaine du tabou

  23. Je ne comprend pas pourquoi on s’entête à dire que les énergie renouvellable sont fiable et disponible en quantité.
    Le solaire fonctionne le jour quand il y a du soleil sinon vous repasserez. Les éoliennes quand il y a du vent sinon passez-vous en.
    Ceux qui font de l’argent avec sont les vendeurs et ceux qui vont l’entretenir. Les clients se font avoir.

    Pourtant l’énergie qui me semble le plus prometteur serait la géothermie. On peut se chauffer, climatiser et avoir de l’eau chaude pour la maison. Il faudrait peut-être un peut de recherches pour voir s’il n’y aurait pas moyen de mettre une turbine pour produire de l’électricité.
    Je ne suis pas vendeur de géothermie mais si on mettait autant d’argent que l’on en met sur les éoliennes je pense que les coûts pourraient être moindre et plus abordable pour le commun des mortels.
    On aurait donc un énergie propre et renouvellablequi aurait du sens.

  24. Si le vent souffle la nuit, comme c’est souvent le cas
    mardi, 3 mai 2011 à 23:18
    ——————————————–
    Yves, c’est un peu hors sujet, mais pourquoi le vent soufflerait-il plus la nuit que le jour, si c’est cela que vous vouliez insinuer?
    Fritz

  25. @The fritz
    Je ne prétends pas que le vent souffle davantage la nuit, simplement qu’il souffle AUSSI la nuit. C’est d’ailleurs un avantage de l’éolien par rapport au solaire.

    La demande en électricité la nuit étant plus faible, lorsqu’il vente la nuit cela entraine un plus gros surplus sur le réseau, car cette énergie n’est pas livrée aux clients… (beaucoup qui entre, peu qui sort). Elle est donc perdue s’il n’y a pas de système de stockage.

    En ce qui a trait aux chiffres, j’ai trouvé un site intéressant (http://www.windwisdom.net/) qui montre que la tendance moyenne serait d’avoir davantage de vent le jour à faible altitude, et l’inverse dès qu’on approche les 100m et plus. Ces données sont pour l’Oklahoma, il se peut que ce soit différent ailleurs.

  26. Yves Pelletier, le mercredi, 11 mai 2011 à 20:46
    OK, moi qui vit une bonne partie de l’année au bord de l’océan je dirais que les vents thermiques c’est plutôt le jour, je pense que les thermiques à la montagne c’est pareil; quant aux vents dépressionnaires, je pense que le jour ou la nuit n’a que peu d’influence sur eux

  27. Le problème n’est pas tant la question idéologique pour ou contre les ENR (Eolien, photovolt, géotherm, biomasse…) mais plutôt économique : Les énergies fossiles vont-elles augmenter en termes de coût à l’avenir? Sans doute, oui car augmentation de la demande, développement économique des pays émergents.

    Depuis le début de l’ère industrielle tout notre développement industriel est basé sur les énergies fossiles et donc tous les investissements ont été réalisés dans le même sens (pour l’essentiel, il y a dans le monde actuellement que des centrales électrique thermique : 80 % de la fourniture élec, un peu d’hydrau, un peu de nucléaire). De manière pragmatique, il faut donc bien de toute façon rentabiliser économiquement les installations déjà existantes.

    Supposons que nous arrivions à cumuler tout l’argent qui a été investi depuis 1900 en centrales thermiques et que nous le convertissions en centrale photovolt, il y a fort à parier que le débat serait plutôt : augmentation des cours du silicium, devons nous diversifier notre appro en élec en investissant dans des centrales thermiques?

    Lié à l’incertitude de l’augmentation du coût des matières premières dans les décennies à venir, il n’est donc pas idiot de penser à produire de l’électricité avec autre chose que du combustible fossile au fur et à mesure que les installations existantes deviendrons obsolescentes.

    Le choix sera donc purement économique : Si je suis un pays émergent et que j’ai ma conso élec qui augmente, que dois je faire? Dans qu’elle installation de production d’élec dois je investir pour l’avenir? Fossile, nucléaire, enr ou mix énergétique?
    De part cette considération économique, nous voyons bien que l’on peut très bien être pour un développement des ENR et ne pas adhérer pour autant à la thèse RCA.

  28. @Francois. Vous avez ecrit “De part cette considération économique, nous voyons bien que l’on peut très bien être pour un développement des ENR et ne pas adhérer pour autant à la thèse RCA.”

    Tout depend de ce que vous voulez dire par “un developpement des ENR”. Je suis d’accord avec vous s’il s’agit de faire de la recherche sur des materiaux moins couteut pour les capteurs solaires ou pour des piles pour stocker de l’energie puisqu’on sait que les energies fossiles vont devenir plus couteuses avec le temps. Cependant je m’oppose a l’application a grande echelle des eoliennes comme ce qui ce fait en Grande Bretagne et en France alors que l’energie eolienne est deux a trois fois plus cher. En subventionant les ENR a une telle echelle on nuis a la recherche de methodes pour reduire les couts des ENR. N’oublions pas que lorsqu’on fabrique une eolienne ou un capteur solaire on utilise de l’energie fossile. Au fur et a mesure que les energies fossiles deviennent plus couteuses et que de plus en plus de ENR sont utilisees le prix des materiaux vas augmenter. Si nous continuons a subventionner les ENR nous nuisons aux lois du marche libre. Malheureusement je ne connait pas un meilleur systeme economique.

  29. @RaymondT
    Exactement!
    Ajoutons que le prix des énergies fossiles est en plus artificiellement gonflé pour compenser le déficit des énergies éoliennes et solaires qu’on développe à grande échelle… Donc si on enlève les subventions, il faudra encore plus de temps avant de voir la parité, car le prix de l’énergie fossile va possiblement descendre…

    Le progrès passe par le marché libre.

  30. @Yves Pelletier, En plus, n’oublions pas que l’essence est fortement taxee par les gouvernements (surtout en Europe). Si on achete une voiture electrique et que cette electricite est produite par l’energie eolienne les gouvernements auront moins de taxes !

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