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Aiguiser son sens critique – quatrième partie

Comment aigiser votre sens critique et en matière de climat? Dans cette quatrième partie, nous verrons encore trois nouvelles expressions qui devraient normalement faire sonner votre détecteur de foutaises (bullshit detector), c’est-à-dire des signes de traitement partisan et peu rigoureux.

Si ce n’est déjà fait, je vous invite d’abord à lire la première, la seconde et la troisième partie.
10. Principe de précaution

Le principe de précaution, souvent invoqué, a pour but de suggérer qu’il vaut mieux agir maintenant que d’attendre, au cas où les prédictions catastrophiques des modèles seraient justes et que notre réduction de CO2 puisse y changer quoi que ce soit. Si l’idée est louable, le principe va cependant dans les deux sens…

Il faut non seulement évaluer les risques en lien à l’inaction (par exemple, si on ne fait rien, on risque de devoir payer cher les mesures d’adaptation plus tard, s’il y a lieu), mais aussi évaluer les risques liés aux actions elles-mêmes. Par exemple, l’appauvrissement des gens, le frein au progrès, le risque de créer de vraies catastrophes via le géoingénérie et la perte de liberté au profit d’un monde de plus en plus orwillien ne sont-ils pas plus dangereux que les risques d’une augmentation de température, qui par le passé a toujours été salutaire?

L’argent investi aujourd’hui pour lutter à un problème possible dans 50 ou 100 ans est sans doute la pire décision à prendre. Avec la dévaluation de l’argent, le progrès technologique et la découverte constante de matériaux et procédés plus performants et économiques, vaut mieux garder cet argent pour agir en temps et lieu, si le problème survient!

Quand vous rencontrez l’expression «principe de précaution» dans un texte, faites l’exercice mental de le remplacer par «principe du n’importe quoi pourvu qu’on fasse quelque chose», et vous verrez que l’article fait autant de sens. Par exemple, au lieu de «Le principe de précaution indique que nous devons…», vous pourriez dire «Le principe du “n’importe quoi pourvu qu’on fasse quelque chose” indique que nous devons…».

11. Absence d’incertitude

En science, toute mesure doit être accompagnée de son incertitude. Par contre, ce requis ne semble pas préoccuper les journalistes, et encore moins le GIEC. C’est que voyez-vous, la plupart des mesures sont indirectes, et s’accompagnent de grandes incertitudes (parfois jusqu’à 50%). Mais il ne faudrait surtout pas semer la confusion chez les pauvres citoyens, c’est-à-dire laisser croire que l’anomalie pourrait aussi bien être non significative (normale), compte tenu de la grande incertitude…

90% des stations météo aux É-U présentent une incertitude de plus de 1 degré, dont 70% au-delà de 2 degrés (source). Pourtant, on les utilise pour nous alarmer d’un réchauffement de l’ordre de dixièmes de degré par décennie! Méfiez-vous des textes qui nous bombardent de chiffres inquiétants sans la moindre incertitude.

Note: Quand on nous dit que les prédictions du GIEC sont probables à plus de 90% (c’est écrit dans le résumé pour décideurs de 2007!), demandez-vous comment ils arrivent à ces chiffres, puisqu’après 20 ans de prédictions similaires, ils sont toujours dans l’erreur, et que les nuages, les océans et le Soleil sont encore très peu compris. Quant aux données, elles sont très incomplètes et comportent des incertitudes énormes. Prétentieux comme indice de confiance…

12. Attention aux guillemets!

Quand les journalistes en environnement couvrent des études scientifiques, il n’est pas rare qu’ils ajoutent leur grain de sel pour soutenir leur vision, laissant croire que la mention vient du ou des scientifique(s), donc plus crédible.

Pour détecter cette astuce, il faut bien remarquer les guillemets de la citation (pour peu que le journaliste cite adéquatement les propos).

Parfois, en dehors des guillemets, on y trouve des ajouts comme «provoqués par les émissions de CO2», qui ne reflètent pas les paroles du chercheur interrogé, mais bien la contribution gratuite du journaliste. Cette astuce est difficile à détecter au premier regard.

Voici un exemple, extrait d’un article sur un réchauffement de l’Antarctique, dont j’avais fait la critique il y a 2 ans:

The scientists wrote that the Antarctic warming was “difficult to explain” without linking it to manmade emissions of greenhouse gases, mainly from burning fossil fuels.

Remarquez que la citation des scientifiques se limite à «difficult to explain». Le lien aux émissions humaines (en provenance des énergies fossiles) ne se trouve pas entre les guillemets, et est probablement un ajout du journaliste (les journalistes de Reuteurs sont d’ailleurs assez alarmistes et peu objectifs). À la première lecture, on pourrait croire que les scientifiques interrogés prétendent que le réchauffement est difficile à croire si on met de côté l’hypothèse des GES (donc fort probablement liés à ceux-ci). Or il en est tout autre (d’ailleurs à la lecture de l’article, on voit bien que les scientifiques parlent de cycles naturels), et qu’en fait ils se sont bien gardés de faire le moindre lien avec les GES. Subtile, mais combien efficace!

La suite dans un prochain billet…



2 Réponses à “Aiguiser son sens critique – quatrième partie”



  1. Ajoutons aussi la tendance naturelle des humains au conformisme comme cause d’un manque d’esprit critique. Il est plus facile (et profitable pour certains) de suivre la vague alarmiste que de questionner la mantra alarmiste.

  2. @RaymondT
    Le besoin de se conformer est effectivement parfois utilisé pour vendre une idée : on cherche à culpabiliser celui qui est critique et qui ne suit pas le troupeau, via divers formules comme «tout le monde s’entend pour dire…».

    Le besoin d’approbation des autres prend le dessus par rapport à la critique chez beaucoup d’individus.

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