v 2.0
« »




Critique de livre : Confessions of a Greenpeace Dropout

J’ai profité de ma pause estivale pour lire quelques livres en lien au climat et à l’écologie, dont l’ouvrage de Patrick Moore intitulé «Confessions of a Greenpeace Dropout: The Making of a Sensible Environmentalist».

Le livre traite des débuts de Greenpeace, de son évolution et de ses prises de positions radicales, lesquelles ont poussé l’auteur à quitter le navire à la fin des années 80. Patrick Moore a été cofondateur du groupe, militant, puis directeur (Greenpeace International) pendant plusieurs années… Regard critique du géant vert, dont l’auteur qualifie aujourd’hui d’antiscience, anticorporatif et antihumain!

J’en pense quoi?

En une phrase, il s’agit d’un livre intéressant, malgré quelques longueurs, qui nous en apprend sur le fond de la pensée des grands groupes environnementaux. Ce n’est peut-être pas excellent, mais je le recommande néanmoins, surtout à 9.99$ (édition Kindle).

Sans aller aussi loin que plusieurs autres ouvrages sur les motivations profondes des écologistes endurcis, on reconnait néanmoins la tendance commune. Une version des faits intéressante et instructive, exprimée par un individu qui fut largement impliqué au sein du groupe (et qui milite toujours, mais différemment).

Greenpeace, c’est l’approche noir et blanc (pas de zone grise), la tolérance zéro, la non-considération des vertus des produits ciblés au moment d’exiger leur abolition, les pressions sournoises… bref, on comprend un peu mieux pourquoi Greenpeace en arrive à se positionner ainsi sur la question climatique, qui ne constitue malheureusement qu’une mince partie du livre (l’auteur ayant quitté l’organisme avant la montée propagandiste de celui-ci sur le sujet).

À propos de l’auteur

Je connais Patrick Moore depuis 2-3 ans (pas personnellement, bien entendu), en lien à ses prises de position publiques sur la question climatique. Pour ceux et celles qui ne le connaissent pas, Moore est un écologiste sceptique du RCA (réchauffement climatique anthropique), une espèce plutôt rare. En effet, même s’il est toujours militant en environnement (il pratique l’environnementalisme «sensé»), il dénonce souvent la propagande écologiste en matière de climat. On peut notemment voir Patrick Moore dans «The Great Global Warming Swindle» et dans «Not Evil Just Wrong».

Le contenu

L’auteur nous parle d’abord de la lutte à l’armement nucléaire, la première mission du groupe, et qui lui a valu son nom. Après tant d’années de lutte au nucléaire, on comprend que le groupe ne peut absolument pas envisager l’utilisation du nucléaire à des fins énergétiques, qui pourtant est très prometteur et beaucoup moins inquiétant qu’on voudrait nous le faire croire. Une portion du livre démystifie certains propos véhiculés au sujet de l’énergie nucléaire, un chapitre très intéressant.

Vient ensuite la lutte aux baleiniers, aux chasseurs de phoques, à l’exploitation forestière, à la pisciculture, aux OGM, aux produits chimiques (dont le chlore et les dioxines)… Des campagnes de peur basées sur des perceptions, sans considération pour la science.

Divergence d’opinions entre Moore et Greenpeace

C’est la lutte au chlore qui a marqué le début de la divergence entre Greenpeace et Moore. En effet, ce produit essentiel à la santé humaine est tombé dans la cible du groupe, qui n’a que faire des millions de vies sauvées annuellement par cet élément important du tableau périodique (environ 85% de nos médicaments en contiennent, sans oublier que l’ajout de chlore à l’eau de consommation est la probablement la plus grande percée de l’histoire de la santé publique).

Tout est dans la dose. En fait, comme nous le rappelle Moore (chimiste de formation), tout produit peut être mortel : même l’eau et le sel, à certaines concentrations! Il ne s’agit pas d’adopter une politique de tolérance zéro, mais de déterminer la dose à laquelle un produit devient dangereux, car à plus faible dose le produit peut être non seulement inoffensif, mais souhaitable.

Il en va d’ailleurs de même pour la majorité des combats de Greenpeace (on pense notamment au PVC, dont le groupe voudrait aussi éliminer, mais qui sert de matériel médical et sanitaire, en plus de protéger du feu, en électricité).

Une véritable religion

La campagne de peur du CO2 suit la même logique. Et peu importe que la science ne supporte pas les propos, pour Greenpeace, tout est dans la façon de communiquer le message (incluant la menace ou l’exagération pour rendre la chose «émotive»).

Comme le soulignait Michael Crichton, les faits ne sont pas nécessaires pour les environnementalistes, parce que tout repose sur la foi :

Increasingly it seems facts aren’t necessary, because the tenets of environmentalism are all about belief. It’s about whether you are going to be a sinner, or saved. Whether you are going to be one of the people on the side of salvation, or on the side of doom. Whether you are going to be one of us, or one of them.

En 1972, Greenpeace s’est fait connaitre pour la première fois des médias pour avoir stoppé des essais nucléaires en Alaska. Au retour du voyage, Bob Hunter, co-équipier de Patrick Moore, lui aurait raconté :

“Pat, this is the beginning of something really important and very powerful,” he predicted. “But there is a very good chance it will become a kind of ecofascism. Not everyone can get a PhD in ecology. So the only way to change the behavior of the masses is to create a popular mythology, a religion of the environment where people simply have faith in the gurus.”
La philosophie verte

Ce qui revient le plus dans mes différentes lectures sur l’environnement (incluant ce livre), et qui me choque, c’est l’intolérance des écolos aux solutions proposées, le refus du progrès, de la reconnaissance envers les percées technologiques qui répondent à un besoin.

Les verts endurcis n’ont aucune envie que l’homme puisse trouver une source suffisante de nourriture, d’énergie ou d’eau… car cela implique que l’on pourrait survivre en grand nombre, donc forcément polluer davantage (car nous sommes fondamentalement une plaie pour cette planète, selon eux).

Environnementalisme sensé

Patrick Moore propose aussi dans son livre une autre façon de défendre l’environnement, qu’il appelle l’environnementalisme «sensé». Celui-ci fait appel à la science et au progrès technologique pour résoudre les difficultés comme la durabilité, l’adaptation, la prévention… comme ce fut le cas jusqu’ici (pourquoi changer de cap?).

L’approche proposée est intéressante et mérite beaucoup plus de place médiatique. Si seulement l’environnementalisme en général pouvait suivre une voie similaire, avoir une certaine ouverture d’esprit.

Nous avons fait de formidables progrès pour améliorer la qualité de vie d’une proportion grandissante d’individus sur cette Terre, malgré une augmentation considérable de la population mondiale. Nous polluons beaucoup moins qu’auparavant, par personne, grâce à des produits moins énergivores et des pratiques moins dommageables pour l’environnement (par exemple, les autos d’aujourd’hui polluent 20 fois moins qu’il y a 15 ans, et ce n’est pas à cause des verts et leurs politiques de taxes, mais grâce au progrès et au libre marché).

Il reste certes du chemin à faire (il y en aura toujours), mais au lieu de célébrer notre avancement, de souligner les bons coups pour poursuivre dans cette voie, les écologistes veulent nous faire faire marche arrière et créer plus de misère. Somme toute, c’est aussi l’environnement qui perdra au change, car la préservation de celui-ci est un luxe que ne peuvent se payer les plus pauvres.

Chapeau à Patrick Moore pour se tenir debout contre Greenpeace. Je sais qu’il paie cher de sa réputation pour ses propos, mais ils sont essentiels.

Commentez l'article

Vous pouvez vous exprimer librement, mais vous devez néanmoins respecter certaines règles de conduite