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Aiguiser son sens critique – cinquième partie

Comment aigiser votre sens critique et en matière de climat? Dans cette cinquième partie, nous verrons trois autres expressions qui devraient normalement faire sonner votre détecteur de foutaises (bullshit detector), c’est-à-dire des signes de traitement partisan et peu rigoureux.

Si ce n’est déjà fait, je vous invite d’abord à lire la première, seconde, troisième et quatrième partie.

13. Reconnaissance des faits

Une autre stratégie pour éviter de discuter des observations consistse à laisser croire que les sceptiques (dans ce contexte on parle même généralement de négationnistes) refusent de considérer, au sens large, les «faits» (en anglais denying the facts). Quel faits? Quand et comment une prédiction basée sur un modèle informatique qui traduit la vision de certains individus devient un fait? Parce que le “Goracle” le dit?

Cette tactique, largement utilisée par les écologistes et les journalistes partisans, a pour but d’éviter le discours en lien au support scientifique des propos véhiculés. Comment peut-on oser mettre en doute des faits, alors qu’ils sont prouvés par définition?

Par l’expression «les faits», on sous-entend généralement que (1) le réchauffement observé est «sans précédent» (au moins en ce qui concerne son accélération), (2) causé par les émissions de l’homme, et (3) qu’il entraine plus de calamités comme des ouragagns, inondations, sécheresses… Pourtant, rien de tout cela n’est supporté solidement par les observations.

Ne vous laissez pas berner par ce terme, exiger des détails. Quand vous lisez l’expression «les faits», faites l’exercice mental de la remplacer par «les suppositions», et vous constaterez que l’article fait autant de sens. Par exemple, au lieu de «Ceux qui renient les faits…», vous pourriez dire «Ceux qui renient les suppositions…».

Il semble que pour une très grande portion de la population (incluant des scientifiques), on croit au RCA tout simplement parce que tout le monde y croit (l’hypothèse est devenu un fait simplement par la répétition du message, et non sa démonstration scientifique). Or, comme le disait Nietzsche:

La croyance forte ne prouve que sa force, non la vérité de ce qu’on croit.

14. Il faut faire plus de recherche

Le besoin de faire des travaux additionnels en science est bien sûr valable pour tous les domaines, peu importe les conclusions. Toutefois, il est déconcertant de voir à quel point cette requête est répétée et mise en avant-plan dans la majorité des communications en lien au RCA, au point où elle est devenue une vraie farce, une alarme pour le détecteur de foutaise.

Il y a plus de vingt ans, des politiciens préocuppés par le réchauffement (ou qui y voyaient déjà une opportunité pour faire avancer un agenda), ont décidé de former un groupe d’experts (GIEC) et de subventionner largement la science du climat pour démontrer le rôle de l’homme sur le réchauffement. Du coup, plusieurs scientifiques se sont mis à la tâche, basé principalement sur des modèles. Plus les conclusions sont alarmistes, plus l’argent sonne dans les coffres, et plus de scientifiques se mettent à la tâche. Il s’est créé un cercle vicieux (grâce à la complicité des médias pour le traitement partisan et alarmiste), qui a du coup détourné beaucoup d’argent de recherche autour d’un même thème.

15. Courte échelle de temps

Le choix de l’échelle de temps est un facteur crucial qu’il faut apprendre à reconnaître pour être critique. Comme le climat est tout sauf stable, en choisissant bien son origine et la durée, on peut probablement faire dire n’importe quoi aux données. Ce qu’il faut retenir, c’est de prendre l’habitude d’exiger le plus de recul possible pour parler de tendance (et inclure toutes les données disponibles). Pourquoi nous montrer seulement les derniers 30 ans si les données permettent de remonter à plus de 100 ans? Pourquoi arrêter en 2000 si on a des données jusqu’en 2010?

Cherchez si des données couvrant une plus longue période existent, et si oui demandez-vous pourquoi on les a exclus…

Par exemple, dans le graphique de température en «crosse de hockey» présenté dans le 3e rapport du GIEC (aujourd’hui réfutée), les données des proxys d’arbres sont tronquées à partir de 1960, soit le moment où les cernes d’arbres montrent un déclin de température (le fameux hide the decline soulevé par le climategate). On a remplacé la suite par des données de thermomètres (le fameux Mike’s Nature trick).

Il n’est pas rare de lire des articles dont les prédictions alarmistes reposent sur des observations d’une seule saison (ou très peu). Avant de conclure à une tendance, il faut plusieurs années (il existe de fortes variations interannuelles, et la prudence est de mise avant de conclure à une tendance). C’est d’ailleurs ce que dirons les tenants du RCA, pour ne pas considérer l’absence de réchauffement depuis plus d’une décennie comme une tendance : il faut considérer une plus longue période, disent-ils, car la stagnation est une variabilité naturelle qui masque temporairement la tendance au réchauffement… Soites, mais alors pourquoi crier haut et fort chaque canicule et chaque saison chaude (dont celle de 2010, en réponse à El Nino) comme une démonstration du RCA, un signe de ce qui nous attends (tendance), alors qu’il s’agit d’une exception au sein de données plus modestes sur le long terme? Deux poids, deux mesures.

La suite dans un prochain billet…



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