On apprenait aujourd’hui que Karel Mayrand (président de la section québécoise de la Fondation Suzuki) sera l’un des 24 conférenciers de la grande messe d’Al Gore qui se tiendra demain sur le web. Sa prestation aura lieu vers minuit, heure de Montréal.
S’il est surprenant d’avoir un conférencier en français (le seul), le choix de Karel Mayrand Mayrand pour ce poste, lui, ne surprend pas. Après tout, il a été formé par le gourou dans le cadre du projet climatique Canada d’Al Gore il y a quelques années, et demeure l’un des principaux acteurs au Québec pour défendre la cause du RCA. Il spécialise, si on peut dire, dans les attaques ad hominem. Par exemple, lors de notre rencontre sur la première chaine de Radio-Canada, il y a près de 2 ans, il en a profité pour m’associer indirectement au lobby du pétrole, des cigarettes et au créationnisme. Le terme négationniste fait aussi partie de son langage quotidien. Hors ondes, il me disait (en allant à sa voiture au garage sous-terrain) qu’il était désolé, que ça fait simplement partie du jeu!
L’article de LaPresse intitulé «Un Québécois en croisade avec Al Gore» nous donne un avant-goût de ce que présentera M. Mayrand… et démontre aussi la complaisance du journaliste.
Profitons-en pour se remémorer quelques signes développés dans ma série: «Aiguiser son sens critique».
Les extraits suivants proviennent de l’article de LaPresse :
On commence avec l’appel à l’autorité (il m’a devancé ici, ce signe fait partie d’un billet à venir – 7e ou 8e partie). Le prix Nobel ici a simplement pour but de montrer que M. Gore est important et reconnu (s’il a eu un prix Nobel, c’est qu’il doit savoir de quoi il parle, non?).
Notez bien le choix de l’expression qui suit immédiatement : une «campagne de dénigrement» (je mettrais dans la catégorie 9 – attaques ad hominem – bien qu’on parle ici des actions et non de la personne). Attention chers lecteurs, vous faites du déni, pas du scepticisme!
Le déni, ce n’est pas de refuser systématiquement toute nouvelle possibilité pour expliquer les changements climatiques, en restant campé sur ses positions?
Les sceptiques eux, explorent plusieurs pistes dont on note des corrélations (par exemple les cycles solaires et océaniques), car on ne maîtrise encore qu’une faible portion de l’équation – et que le CO2 ne suffi pas à expliquer les observations.
Deux ans? Wow, depuis quand une si courte période est signe d’une tendance quelconque (indice numéro 15: courte échelle de temps)? Surtout que pendant cette période nous avons eu un El Nino (fin 2009 – début 2010) et un La Nina (fin 2010 – début 2011). Nous sommes donc passés d’une fin 2010 très chaude (annoncé en grande pompe) à un début 2011 très froid (passé sous silence). N’est-ce pas les carbocentristes qui nous disent que la stagnation depuis 13 ans n’est pas significative?
Évidemment, je protège les intérêts des pétrolières (encore le signe numéro 9: attaques ad hominem)… Franchement! Si seulement je pouvais recevoir ne serait-ce qu’un seul chèque pour les milliers d’heures passées devant l’ordi à tenter de récupérer ce que les médias ont bien voulu filtrer… Je pourrais m’acheter une voiture! Non, je ne suis pas payé pour «vendre» ma version, contrairement à M. Mayrand.
- Il est directeur pour le Québec de la Fondation David Suzuki
- Il est conférencier bénévole pour le Projet climatique de Al Gore
- Il est cofondateur du Centre international Unisféra, un think tank sur le développement durable
- Il a créé le programme de compensation des gaz à effet de serre Planetair, un des leaders canadiens dans ce domaine
- Il oeuvre depuis douze ans dans le domaine du développement durable
- Il a conseillé plusieurs gouvernements et agences des Nations-Unies
- Il est coauteur de Governing Global Desertification
Bref, Mayrand a passé une bonne partie de sa vie à prêcher pour l’alarmisme comme gagne-pain (et c’est encore le cas). Et il ose prétendre que les citoyens critiques de sa vision partisane ont des intérêts cachés dans l’industrie fossile? Voyons! 48% des Canadiens n’adhèrent pas à sa version et 76 % des adultes américains estiment qu’Al Gore n’a rien d’un expert. Pourquoi ne pas répondre par la science pour nous convaincre, au lieu de nous insulter et nous prêter des intentions?
Attaquer la science? (Un autre point qui fera partie d’un prochain chapitre de ma série) Est-ce une attaque que de demander comment et pourquoi on arrive à ces conclusions alors que les observations ne vont pas dans le même sens? Le manque de transparence est monnaie courante en climatologie, et dès qu’un scientifique demande à voir les données et méthodologies pour valider ou infirmer un travail, on crie au scandale! La science repose sur la critique. Éviter toute discussion sur le plan scientifique ne relève pas de la science, mais de la foi. Ou de mauvaise foi. Al Gore a toujours refusé de débattre sur la science à l’origine de ses affirmations, malgré plusieurs requêtes. Idem pour ses disciples.
Plus solide probablement, mais pas dans le sens du RCA. Les expériences menées au CERN, les travaux de Lindzen, Spencer, Scaffeta et autres, de même que les récentes observations (par exemple décélération du niveau des océans, stagnation des températures depuis 1998, absence de fonte additionnelle en Arctique depuis 2007, gain de superficie en Antarctique, niveaux records de faible activité cycloniques depuis quelques années…) nous indiquent plutôt que les modèles sont complètement dans le champ!
En effet, on ne peut, sur une base de deux ans, associer quoi que ce soit aux changements climatiques : c’est bel et bien la météo. Alors, pourquoi laisser entendre que cette météo est une démonstration du climat à venir? Signe 17 : Utilisation d’évènements météorologiques comme validation des modèles.
N’oublions pas que la majorité des récents événements météo «extrêmes» utilisés pour supporter le RCA sont en lien à La Nina, un courant froid qui a plongé une bonne partie du globe das une période de FROID pendant quelques mois.
La controverse a commencé à l’automne 2009 après qu’un pirate informatique eut pillé des courriels d’un centre de recherche britannique. Des citations de ces courriels, prises hors contexte, ont été utilisées par des négationnistes de la science climatique pour affirmer que cette science était en fait une vaste conspiration.
L’affaire a fait l’objet d’enquêtes de six comités différents. Aucun n’a conclu à une fraude scientifique, bien qu’un des comités ait dit souhaiter plus de transparence de la part de l’institut de recherche.
Encore l’indice numéro 9: attaques ad hominem (négationnistes).
Il n’a jamais été prouvé qu’il s’agissait d’un pirate informatique, certains indices portent à croire qu’il s’agit plutôt d’une fuite interne.
Hors contexte? Jusqu’ici personne n’a su fournir un contexte acceptable pour les manipulations dont il est question (suppression de données, juxtaposition de données plus favorables, pressions sur éditeurs de revues scientifiques, appel au boycottage de revues moins alarmistes…).
Enquêtes? Aucune des enquêtes n’a porté sur la science. Aucune ne s’est intéressée à la suppression des données. Les courriels n’ont même pas fait l’objet des enquêtes. Les membres des comités
étaient souvent de connivence. Bref, ce fut des opérations de blanchiment, et il est fort à parier que ces enquêtes bâclées destinées à protéger le dogme auront un effet encore plus pervers par la suite que les courriels.
Et on remet ça avec le signe numéro 17 : Utilisation d’évènements météorologiques comme validation des modèles. En passant, on a aussi battu beaucoup de records de froid l’hiver dernier. C’est ce qu’on appelle la météo.
Pour l’explication, je vais accorder le bénéfice du doute qu’il s’agit d’une erreur de copier-coller, car c’est trop bête pour être voulu… Au moins, j’ai ri :-)
Oh boy! Un autre numéro 17: Utilisation d’évènements météorologiques comme validation des modèles. Les inondations à St-Jean-sur-Richelieu, pour ceux qui n’habitent pas au Québec, ont fait l’object de l’actualité locale pendant quelques semaines au début de l’été qui s’achève. Les États-Unis, en lien à La Nina, ont reçu beaucoup de neige l’hiver dernier, et le froid persistant a retardé la fonte dans les montagnes au Nord-Est des États-Unis, qui s’est poursuvi pendant la période plus pluvieuse du mois de mai (qui en plus était anormalement humide). S’en est suivi un débordement de la rivière Richelieu, situé en aval au Québec.
Comme depuis de nombreuses années on construit dans des endroits inondables, à proximité de la rivière, et qu’on a modifié le terrain par l’urbanisation de sorte à ce que moins d’eau puisse être naturellement absorbée, de graves inondations ont eu lieu. Aucun scientifique n’a établi de lien avec les changements climatiques, et pour cause.
Idem, c’est-à-dire encore l’indice 17: Utilisation d’évènements météorologiques comme validation des modèles. Les grandes marées n’ont rien à voir avec les changements climatiques. Christian Rioux en avait parlé ici, et moi ici.
Je tenterai de mettre la main sur la partie de Karel Mayrand pour en faire une critque sous-peu. Si quelqu’un la trove sur YouTube ou ailleurs, s.v.p. m’en faire part.
Christian Rioux parle aussi de Mayrand ici: http://crioux.wordpress.com/2011/09/13/al-gore-le-prophete
Merci d’avoir repris vos chroniques malgré votre temps limité (travail, loisirs, famille, bébé).
Je suis complètement d’accord avec les règles de conduite.
Bonne chance
“la nuit, le gaz carbonique relâche la température accumulée pendant le jour.”
Ca sort du chapeau.
Et c’est collector !!!!!
@Murps,
Soyez indulgent, Mayrand n’a rien d’un scientifique – il a une formation en politique… :-)
Je viens d’écouter la présentation de Karel, que j’ai enregistré pour y donner suite au cours des prochains jours… À suivre, donc.
Pour l’instant, je file au lit, il est rendu tard!
A la section de l’ ‘Alarm Fest’ ou on nous montre les îles polynénisiènes apparament menacées d’inondation on montre en fait des problemes d’érosion des rives qui n’ont rien à voir avec l’augmentation du niveau de l’océan. Il est important de noter qu’aucuns des arbres sur les bord des rivages n’est submergé. Il est tout à fait normal que des îles est des problèmes d’érosion des rivages du au changement dans les courants marins ou à force de subir des tempêtes et ouragans.
Voici un capture d’écran croustillant tiré du site de Climate reality il y a quelques minutes:
http://www.crioux.ca/wordpress/goreothon.jpg
Remarquez que les exacts mêmes commentaires ont été fait en même temps par des personnes différentes. C’est à se demander combien de ces “commentaires du public” sont réels.
@Christian,
Il a été soulevé sur WUWT que les commentaires semblaient provenir en bonne partie de robots, dans une banque de message prédéterminés.
Aussi, les commentaires avec des liens vers des sites sceptiques connus avaient leur lien censuré (par le contexte on devinait que le lien devait pointé vers un site sceptique)
Au fait, j’ai commencé à préparer un billet pour répondre point par point à toutes les anneries soulevés. J’en aurai pour quelques jours, mais l’exercice est intéressant. À suivre.
Il est amusant de voir les alarmistes, tel que Karel Mayrand ou Al Gore, expliquer comment une augmentation des températures globales mène en même temps à une augmentation des précipitations et des sècheresses à cause d’une soi- disante augmentation du cycle hydrologique. On affirme le tout et son contraire avec une telle explication et on néglige l’importance des courants atmosphériques sur la météorologie (example les sècheresse du Sahel que les climatologues n’arrivent pas à modéliser).
@RaymondT,
On arrive surtout à parler pendant plus de 30 minutes (car c’est le même diaporama qui est repris à chaque heure par un présentateur différent – dont Karel Mayrand en français – suivi d’une période de discussion), de toutes sortes d’événements bien connu comme étant les effets secondaires de La Nina et d’El Nino, sans la moindre mention de ceux-ci.
“Hors ondes, il me disait (en allant à sa voiture au garage sous-terrain) qu’il était désolé, que ça fait simplement partie du jeu!”
En plus il est cynique! Il est le pendant écolo des soi-disant experts qui seraient payés par l’industrie du pétrole pour discréditer Al Gore. Il fait le même travail que eux mais pour l’autre camp.
Il a le profil d’un ‘spin doctor’ pour les politiciens.
@Martin,
J’ai hésité à quelques reprises avant de l’écrire, puisqu’il s’agit d’une discussion sans caméra ni micro à l’appui (d’où les confidences). Cela demeure ma parole contre la sienne, et je ne pourrai jamais le prouver…
Il y avait pire, surtout en provenance du journaliste scientifique Yannick Villedieu que j’ai aussi rencontré par la même occasion, mais je n’irai pas plus loin, au risque de me faire accuser de diffamation.
Celle-ci n’est généralement tolérée que dans un sens :-)
« [la diffamation] n’est généralement tolérée que dans un sens »
Ceux qui font le plus de bruit, à longueur de temps, par tous moyens, auront donc raison… puisque leurs mensonges n’auront que fort peu – voire pas du tout – l’occasion d’être démentis ! :-(
Y en as-tu qui croit encore que la terre est plate? Pourtant la science a été décrié comme errante dans ses propos. La science n’est pas une question de foi. Elle enregistre les faits qui dérangent le sommeil des gens. Continuez à fumer votre cigarette car elle est la dernière du condamné à mort.