Ocuppé à préparer mon billet sur la présentation de Karel Mayrand, j’ai dû laisser passer quelques nouvelles récentes en lien au climat, dont une qui fut reprise avec brio par Vincent Bénard (Objectif Liberté), et que je vous invite à lire:
En gros, 20,000 paysans ougandais ont été expulsés de leur terre, pour sauver la planète du réchauffement. Le gouvernement du pays a autorisé New Forests Company à planter des pins sur 9300 hectares, afin de vendre des crédits-carbone aux Occidentaux… préoccupés par effets dévastateurs du réchauffement sur les plus démunis en Afrique(!).
En tout cas, on comprend mieux ce qu’est un réfugié climatique…
Malheureusement, le cas est loin d’être isolé. Par exemple, le World Wildlife Fund (WWF) mise gros sur les forêts amazoniennes (via les crédits-carbone), dont il espère empocher 60 milliards simplement en protégeant une portion de forêt. Les zones protégées ont été cédées par le gouvernement, dans le cadre du programme onusien ARPA. On y a là aussi dénoncé l’expropriation d’indigènes.
Rappelons que la fille de Rajenda Pachauri, saint patron du GIEC, est la Chef adjointe du programme de l’International Institute for Applied Systems Analysis (IIASA), qui fait des recherches sur les forêts et leur avenir en fonction des changements climatiques.
Avec les liens étroits entre les groupes écologistes et le GIEC (qui aspirent aux mêmes objectifs), on est en droit de se demander s’il ne s’agit pas d’une collaboration mutuelle à des fins pécuniaires et de contrôle.
En fait, quand on gratte un peu, on réalise que les grands groupes écolos ont des pratiques et des intentions peu glorieuses, pour rester poli.
Évidemment, la presse francophone complaisante n’a pas fait écho de ces récentes escroqueries.
PapyJako a publié hier un billet sur le même sujet, que je viens de découvrir…
Compléments d’informations ici, donc : http://www.lepost.fr/article/2011/09/26/2599369_enfert-vert-en-continent-noir.html#maReaction
PapyJako, si vous lisez ceci, les commentaires sont non fonctionnels sur votre billet!
C’est tellement énorme ces histoires, que j’ai peine à y croire ! Et pourtant..
Quelqu’un a encore d’autres liens, même underground ??
@Murps
J’essaierai d’en ajouter prochainement. En voici un pour commencer:
http://www.wrm.org.uy/bulletin/145/Uganda.html
Là de dois quitter pour le travail… :-)
Cette histoire est plus que scandaleuse mais j’ai vu il y a quelques mois un reportage à ce sujet sur la Chaîne Arte dans l’émission Globalmag. Ce reportage a dû échapper aux censeurs. Effectivement des paysans africains se plaignaient d’avoir été chassés de leurs terres pour que l’on y plante des pins australiens(!) et ils essayaient de faire un procès à leurs “voleurs”. Malheureusement, je n’en sais pas plus.
En complément, je vous recommande le livre de Fabrice Nicolino “Qui a tué l’écologie”? (chez LLL -Les Liens qui Libèrent)
L’auteur est un écologiste, membre de l’association “Bretagne Vivante”. Il est un adepte du RCA, mais est très critique en ce qui concerne Greenpeace (RedWar?…), WWF, Fondation Nicolas Hulot, France Nature Environnement…
La journaliste écologiste Heather Rogers dans son livre: Green Gone Wrong aborde le problème de l’ expulsion des peuples indigènes pour faire place aux plantations d’huile de palme utilisée dans la fabrication de biodiesel. Elle décrit son séjour à Bornéo parmi la communauté Dayak qui subissent le même sort. Ceux qui s’opposent aux plantations sont menacés par la police et l’armée. Ce qui est ironique c’est qu’on détruit des forets pouvant capter le CO2 pour fabriquer un carburant soit disant écologique qui réduit les GES.
Elle constate que les agence de certification telle que Quality Assurance International pour les aliments organiques, Roundtable on Sustainable Palm Oil pour les biocarburants ou encore Gold Standard pour les “offset” de CO2 ne sont pas redevable à personne. Il y a très peu de controles de la provenance d’aliments organiques tel que constate Heather Rogers dans ses entreveues. Des compagnies comme AZPA au Paraguay se vente de produire des aliments sans utiliser de pesticides mais détruit la foret pour pouvoir planter de la canne à sucre. Elle a visité une usine à Malavilla en Inde ou une centrale électrique devait fournir de l’ électricité à un village avoisinant à partir de bois mort. En réalité cette usine, pourtant certifiée par une agence Myclimate, ne fournissait pas directement le village en question et en plus poussait les villageois à couper des arbres vivants pour alimenter la centrale.
Le livre est aussi intéressant parce qu’il présente bien la pensée écologiste selon laquelle la crise écologique reliée à l’épuisement des resources naturelles, des écosystèmes, du réchauffement climatique NE PEUT ETRE RESOLUE PAR LES MARCHES LIBRES. Elle constate que lorsqu’elle visitait les endroits ou des produits verts était manufacturés elle rencontrait des compagnies qui avaient un appétit pour des ressources naturelles et qui collaboraient avec des gouvernements corrompus qui encourageaient l’ exploitation des ressources naturelles sans controles et l’ expulsion de peuples indigènes.
Elle termine son livre avec la phrase” Only when we rethink how and what we value so that we longer base well-being and quality of life on excess production, consumption, and wasting-will we truly be able to address global warming and ecological”.
@RaymondT
En fouillant un peu sur le web pour ce billet, je suis tombé sur des informations troublantes. Plusieurs communautés indigènes font référence au programme REDD (Reducing Emissions from Deforestation and Degradation) de l’ONU comme du «CO2lonialisme».
Ce programme à la base de plusieurs initiatives pour protéger les forêts afin d’obtenir des crédits carbone renforce le pouvoir des dirigeants, déloge les indigènes, les dépossède de leurs terres et, lorsqu’ils restent sur place, perdent le droit de chasser, pêcher ou couper des arbres (autant dire qu’ils se laisseront mourir de faim).
Ils ont rejeté par voie de lettres ouvertes les propositions de projets REDD, mais ont été ignorés par leurs dirigeants en quête de pouvoir et d’argent, via les échanges de crédits-carbone (par exemple en Équateur).
On nous dit que c’est pour sauver les peuples vulnérables, alors que ce sont les mesures de luttes qui sont une menace. Idem pour l’environnement, au lieu de le protéger (forêts mixtes naturelles), on le convertit en monocultures de canola ou autre pour faire des biocarburants. Tous y perdent au change, sauf les dirigeants, ceux qui transigent les droits et certains groupes environnementaux. Scandaleux.
Faites des recherches sur le programme REDD, et au delà des nombreux sites qui vantent les mérites du programme onusien pour sauver les forêts, on tombe rapidement sur l’envers du décor.
@Yves Pelletier, Merci pour l’information. Je pense que l’example du REDD illustre que les dirigeants onusiens ne peuvent convaincre les habitants du tiers monde de la soi-disante urgence de réduire les GES. Les catastrophes annoncées par les alarmiste sont le cadets des soucis des peuples qui veulent un meilleur standard de vie. Je pense que le marché du carbone ne pourra réussir que si tout le monde y croit ce qui est une vérité de la nature humaine. L’échec du programme REDD est aussi un échec de communication de la part du programme des nations unies.
@RaymondT
Détrompez-vous, ceux qui demandent le retrait des projets REDD ne le font pas parce qu’ils ne croient pas à la lutte au CO2…
Dans les documents en lien plus bas, on voit bien qu’ils croient à l’urgence de réduire le CO2. Ils y voient même un problème d’augmentation des émissions avec cette mesure, car ces crédits-carbone permettraient simplement aux industries d’émettre davantage en tout impunité. De toute façon, les zones protégées ne sont jamais des zones exploitables, car elles sont trop reculées. Bref, ça ne change rien pour l’exploitation (conversion en paturâges ou cultures pour biocarburants), donc rien pour régler le soi-disant problème original.
Par contre, comme vous le soulignez, ce n’est pas leur priorité. Loin de là. Ils ont beaucoup plus à craindre de la dictature et de l’exploitation de leurs terres par des gouvernements, des entreprises privées et des ONG que du réchauffement, en admettant que ce dernier soit réellement menaçant.
Vous dites: «Je pense que le marché du carbone ne pourra réussir que si tout le monde y croit ce qui est une vérité de la nature humaine.»
Je ne suis pas tout à fait d’accord. À mon avis, ce marché ne dépend pas de l’adhésion de la quasi-totalité de la population, mais plutôt de législations. Si les gouvernements sont convaincus, ils en feront une loi un point c’est tout. C’est d’ailleurs ce que visent les écologistes, qui font du lobby à cet effet. Heureusement, tous les dirigeants ne sont pas aussi dupes ou avares (ou encore ne font pas parti de ceux qui en profiteront), ce qui met un frein. Heureusement, l’ONU n’a pas eu son gouvernement mondial à Copenhague, car le programme serait bien plus répandu, au détriment des indigènes.
Vous ajoutez: «L’échec du programme REDD est aussi un échec de communication de la part du programme des nations unies».
Cela me fait penser à la réplique classique face au scepticisme en croissance : si de nombreux citoyens n’adhèrent pas au RCA, c’est qu’ils ont mal compris, et qu’il faut mieux communiquer. Non. Je ne veux pas qu’on me communique plus efficacement si c’est pour être la même merde.
Le problème n’est pas celui de la communication (je crois qu’on est tous au courant que plusieurs scientifiques estiment qu’on chauffe la planète avec nos émissions de CO2).
Le problème est le message lui-même, qui n’est pas satisfaisant du point de vue scientifique. Qu’on réponde par la science au lieu des attaques personnelles, des menaces ou des manipulations de discours pour mieux convaincre.
Des liens pour ceux qui veulent lire sur REDD:
http://noredd.makenoise.org/wp-content/uploads/2010/REDDreaderEN.pdf
http://indigenouspeoplesissues.com/attachments/article/12376/NOREDD_letter_21sept-english.pdf
@Yves Pelletier.
Vous avez écrit: “À mon avis, ce marché ne dépend pas de l’adhésion de la quasi-totalité de la population, mais plutôt de législations. Si les gouvernements sont convaincus, ils en feront une loi un point c’est tout.”.
Il ne suffit pas de passer des lois. Je voulais dire qu’il est préférable que les fermiers du tiers monde croient à la soi-disante menace d’un réchauffement climatique catastrophique pour adhérer au programme REDD.
Supposons pour un instant que les alarmistes est raison et qu’il faut réduire à tout prix les GES en utilisant les biocarburants. Supposons également que ces biocarburants réduisent vraiment le GES. Si un fermier du Mali plante du Jatropha, par example, sans etre convaincu de l’utilité de son jeste il sera plus facilement tenté d’abandonner cette culture pour aller cultiver sa propre terre à mon avis surtout que cette plante est néfaste au bétail et qu’elle a besoin d’une terre plus fertile que prévue et donc pouvant utiliser des terres arables.
Je suis d’accord que le contenu du message rend sa communication d’autant plus difficile surtout maintenant que les alarmistes essaient de lier le RCA aux températures extremes (chaudes ou froides), inondations et sécheresses ce qui est une erreur tactique de leur part.
Le livre de Heather Rogers montre à quel point il y a une différence entre les politiques environmentales et ce qui ce passe sur le terrain.
@RaymondT
Je suis d’accord avec vous, avoir des arguments convaincants pour les fermiers est très important pour le succès de plusieurs programmes, mais cela s’applique surtout aux habitants des pays riches. Les fermiers du tiers monde (ou les aborigènes qui vivent en forêt) n’ont pas toujours le choix : ils sont parfois forcés de céder leurs terres par des lois ou par des ententes commerciales entre le gouvernement et des firmes privées, sans leur consentement. Donc, peu importe qu’ils adhèrent ou non au RCA, si leur dirigeant y a vu une opportunité : too bad. Une fois dépossédé de sa terre, où ira ce dernier?
Il y a certainement des cas où une partie des redevances du programme (via les crédits-carbone empochés) est remise aux fermiers, et que le sort de ceux-ci est s’améliore. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas, et il ne faut pas compter sur le prestige du programme REDD pour s’en assurer.
Plusieurs lois en lien à l’environnement ont été passées alors que la proportion de gens qui étaient en faveur était moindre que celle actuelle pour le contrôle des émissions de CO2 (par exemple le protocole de Montréal pour les CFC). Roger Pielke Jr. en parle dans son livre The Climate Fix, dont voici un extrait :
Au fait, je n’ai pas lu le livre de Heather Rogers, je vais tenter de mettre la main dessus. Merci.
@RaymondT
Concernant le livre de Heather Rogers, je viens de lire la description sur Amazon… Hihi, je crois qu’en dehors du revers des mesures vertes, la vision de l’auteure diffère pas mal de la mienne, donc ce sera intéressant…
Comme plusieurs, je suis d’avis que le mouvement vert puise une grande partie de ses racines dans le mouvement anti-capitaliste, et prône un pouvoir accru du gouvernement (un aspect qui m’irrite). Ce livre ne semble pas y faire exception (je me trompe?). Pas plus d’ailleurs que les participants de la conférence de Cancún l’an dernier :-)
Sans être un ardent défenseur du libre marché, je suis d’avis que celui-ci, jusqu’à un certain point, reste préférable à la plupart des approches.
Par exemple, dans son livre «Agenda 21», Ron Taylor exprime sa vision sur l’utilisation du Cap & Trade pour se débarrasser du libre marché :
J’ai encore quelques livres en attente dans ma bibliothèque et mon Kindle, mais je l’ajouterai probablement à la liste un jour. Il en vaut la peine?
@Yves Pelletier, Le paragraphe de Ron Taylor est en accord avec la vision de Heather Rogers. Je pense qu’il est important de lire aussi des livres qui ne partagent pas notre vision des choses pour mieux débattre de la question. En fait, je lis plus de livres écrit par des climatologues et écologistes alarmistes que par des climato-sceptiques.J’ essaie d’analyser systématiquement leur vision des choses. Quels sont leurs arguments ? Ou sont leurs erreurs ?
Il serait peut être mieux d’essayer d’emprunter le livre à la bibliothèque comme j’ai fait. Je n’ai pas acheté le livre.
La vision anti-capitaliste des écologistes me fais penser à celle des communistes du régime de Fidel Castro. Ces derniers pensaient qu’ils pouvait substituer l’appat du gain, qui est à la base du marché libre, par le désir de former une société égalitaire ou tous auraient les mêmes revenus qu’elle que soit leurs efforts. L’effondrement du standard de vie de Cuba a démontré qu’il est difficile de substituer le marché libre (avec certains contrôles bien entendu).
@RaymondT
Je suis d’accord avec vous, il est important de lire des livres qui ne sont pas nécessairement en accord avec nos idées, question de s’ouvrir l’esprit.
Il n’est pas facile de trouver des livres alarmistes qui discutent réellement de la science. On a plus souvent qu’autrement droit à la simple répétition des conclusions du GIEC, ou des attaques ad hominem pour discréditer les dissidents.