JoNova fut récemment invitée à ABC (Australian Broadcast Corporation) pour répondre à Clive Hamilton, en lien au comité parlementaire britannique qui a rendu son rapport sur le ClimateGate, dont je traduirai les grandes lignes ci-dessous.
Comme toujours, elle présente une excellente synthèse, et c’est une belle occasion de revenir sur ce rapport, soit l’«opération de blanchiment» (whitewash) des scientifiques du CRU.
L’article a été publié sur le site d’ABC, ce qui montre la volonté de la chaîne de couvrir (désormais) le sujet avec une approche moins partisane, tel qu’annoncé récemment par son président, Maurice Newman. Ce dernier prétend que la chaîne a été moins partisane que les autres jusqu’ici, mais on peut toutefois en douter…
Rappel des faits
D’abord un peu de recul pour ceux et celles qui ne suivent pas le dossier aussi assidument. Via la publication des courriels du CRU (Climate Research Unit de l’Université d’Est Anglia – UK) en novembre dernier (ClimateGate), plusieurs comportements douteux ont été relevés parmi les scientifiques responsables des données historiques du climat, permettant d’avancer que nous vivons un réchauffement hors du commun. Par exemple:
- suppression volontaire de données brutes,
- manipulation de données dans le but de convaincre du réchauffement récent,
- contrôle du processus de révision de revues scientifiques,
- intimidation
- …
Les données utilisées par le GIEC
Notons que les données utilisées par le GIEC (référence officielle) proviennent de 4 organisations qui compilent les relevés de thermomètres de la planète: le CRU (Hadley Center, UK) - dont il est question ici, le GISS (Goddard Institute de la NASA, USA), le NCDC (National Climatic Data Center de la NOAA, USA) et l’agence météorologique du Japon. On note aussi, depuis quelques années, des mesures satellitaires via le RSS (NASA) et le UAH (Université de l’Alabama).
Ces groupes de données ne sont malheureusement pas aussi fiables et indépendants qu’on voudrait le croire.
Le GISS, par exemple, utilise une partie des données du CRU, qu’il juge meilleures que les siennes. Cette observation est d’ailleurs relevée par Phil Jones (CRU) dans un courriel.
Quant au NCDC, j’ai soulevé ici les graves erreurs des mesures terrestres, qui les rendent pratiquement inutilisables. Le site surfacestations.org fait l’inventaire des stations américaines (qualité des mesures en lien à l’état de chaque station et de son environnement immédiat), un portrait peu reluisant.
Enquête peu sérieuse, visant à blanchir le CRU
Les révélations issues de ces courriels sont pourtant d’une importance capitale, qu’il faut analyser sérieusement, tel que le soulignait l’institut de physique (IOP). Suite à quelques rencontres et à l’examen des courriels impliquant les scientifiques attachés au CRU, dont le directeur Phil Jones, le comité parlementaire a rendu son rapport, à peine 3 semaines après le début de l’enquête. Celui-ci consiste, sans grande surprise, en une autre «opération de blanchiment» (whitewash), comme ce fut le cas pour Micheal Mann via son employeur, l’Université Penn State.
Ils n’ont même pas interviewé le principal concerné dans le camp des sceptiques, Steve McIntyre (climateaudit.org), lequel fait pourtant l’objet de plusieurs courriels (il a démenti la courbe en crosse de hockey de Mann, avec Ross McKitrick, et a demandé une requête de FOI pour analyser les données brutes). Le risque était trop gros de faire comparaître un expert, celui qui pouvait démontrer la fameuse «astuce pour cacher le déclin».
Rappelons que l’enquête ne visait pas à savoir si les travaux du CRU (réchauffement récent hors du commun) étaient valables ou non, seulement le comportement des scientifiques en cause, notamment Phil Jones.
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