L’agrivoltaïsme s’impose progressivement comme l’une des réponses les plus concrètes aux défis qui pèsent simultanément sur l’agriculture et la transition énergétique. En combinant production agricole et production d’énergie solaire sur une même parcelle, ce modèle ouvre une voie inédite vers plus de résilience pour les exploitations françaises.
À retenir
- L’agrivoltaïsme permet de combiner production agricole et génération d’énergie solaire sur une même parcelle pour renforcer la résilience des exploitations.
- La loi française impose un cadre strict, limitant la couverture des panneaux à 40 % de la surface pour garantir le maintien d’une activité agricole significative.
- Il existe diverses configurations techniques, comme les trackers ou les ombrières, adaptables aux besoins spécifiques de chaque type de culture ou d’élevage.
- Les panneaux solaires protègent les cultures du stress hydrique en réduisant la température au sol, ce qui peut augmenter les rendements agricoles.
- L’installation de structures agrivoltaïques améliore le bien-être animal en offrant des zones d’ombre protectrices contre le stress thermique.
- La vente d’électricité générée offre aux agriculteurs un revenu complémentaire stable sur le long terme, sécurisant ainsi leur situation financière.
Qu’est-ce que l’agrivoltaïsme et comment fonctionne-t-il
Le principe de la double utilisation des terres agricoles
À sa base, l’agrivoltaïsme repose sur une idée simple mais ambitieuse : faire coexister des panneaux photovoltaïques et une activité agricole sur un même terrain, sans que l’une ne nuise à l’autre. Encadré depuis 2023 par la loi française, ce modèle impose des critères stricts. Parmi eux, le taux de couverture des panneaux ne doit pas dépasser 40 % de la surface totale de la parcelle, afin de préserver la lumière nécessaire aux cultures et aux élevages. En complément, le décret de 2024 renforce ces exigences en stipulant que la production agricole doit être maintenue à un niveau significatif. Ce cadre réglementaire vise précisément à éviter que des terres nourricières ne se transforment en simples centrales électriques déguisées.
Il est utile de rappeler que des solutions d’agrivoltaïsme adaptées à chaque type d’exploitation existent aujourd’hui, qu’il s’agisse de grandes cultures, de viticulture, d’arboriculture, de maraîchage ou d’élevage. Ombrea, acteur expert du secteur depuis 2016 et partenaire de TotalEnergies, illustre bien cette diversité d’applications avec des projets déployés sur plusieurs sites en France.

Les différents types d’installations agrivoltaïques
Les configurations disponibles sont variées et s’adaptent aux contraintes spécifiques de chaque exploitation. On distingue notamment les ombrières rotatives pilotées, les structures trackers qui suivent la course du soleil, les panneaux bifaciaux verticaux qui captent la lumière des deux côtés, ainsi que les structures fixes surélevées et les serres photovoltaïques. Le choix de l’installation dépend du type de culture, de l’exposition du terrain et des objectifs agronomiques visés. Dans tous les cas, les panneaux doivent être orientés de manière à maximiser leur rendement énergétique tout en respectant les besoins lumineux des cultures.
Les bénéfices de l’agrivoltaïsme pour les agriculteurs et l’environnement

Une protection des cultures et une optimisation des rendements
Face à des aléas climatiques de plus en plus fréquents, l’agrivoltaïsme offre une protection concrète aux cultures. De manière générale, l’ombrage partiel créé par les panneaux solaires contribue à réduire la température au niveau du sol, ce qui limite le stress hydrique des plantes, un enjeu particulièrement sensible alors que de nombreux départements ont subi des restrictions d’irrigation ces dernières années. Sur le terrain, les résultats sont encourageants : sur le site de Channay en Côte-d’Or, inauguré en octobre 2021, une augmentation du rendement de 26 % pour le blé tendre d’hiver en zone ombragée a été observée. À Valpuiseaux, des hausses de 6,6 % pour le blé d’hiver et de 18 % pour le moha ont également été enregistrées. Ces résultats, issus des travaux d’Ombrea portant sur 50 variétés culturales, témoignent du potentiel agronomique réel de ces installations.
L’agrivoltaïsme bénéficie aussi aux élevages. Les panneaux créent des zones d’ombre favorables au bien-être animal, réduisant le stress thermique des troupeaux en plein air. Des travaux de recherche sont actuellement menés pour quantifier précisément ces effets sur les ovins, les porcs et les volailles, afin d’établir des référentiels solides pour l’ensemble de la filière.

La production d’énergie renouvelable comme source de revenus complémentaires
Au-delà des bénéfices agronomiques, l’agrivoltaïsme constitue une opportunité économique majeure pour les exploitations agricoles. De façon générale, les revenus issus de la vente d’électricité peuvent contribuer à soutenir des exploitations soumises à une pression croissante. Dans ce contexte, cette source de revenus complémentaires prend une importance particulière. Un projet agrivoltaïque s’inscrit dans le temps long : de 4 à 6 ans de développement, puis une durée d’exploitation de 25 à 30 ans après la mise en service. Cette stabilité constitue un atout indéniable pour la transition énergétique et la souveraineté alimentaire, deux objectifs que la France cherche à concilier à l’horizon 2050.
